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Conférences et enseignements

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n° 96 - Alternatives à l'arthrodèse lombaire et lombosacrée

(JM Vital) Collection : Cahiers d'enseignement de la Sofcot - Marque : Elsevier

Sommaire :

  • Processus de dégénérescence lombaire J.M. Vital  ,

  • Biomécanique du rachis W. Skalli, S. Champain, T. Mosnier

  • Physiopathologie, évolution naturelle et résolution de la lombalgie M. Benoist  ,

  • Influence de l’organisation morphologique sagittale de l’ensemble rachis-bassin sur l’évolution des pathologies dégénératives rachidiennes P. Roussouly  ,

  • Évaluation clinique N. Gangnet, V. Pointillart, J.C. Sauri-barraza ,

  • Évaluation paraclinique J.M. Vital, A. Benchikh-el-fegoun

  • Conséquences cliniques et radiologiques des arthrodèses lombaires et lombosacrées P. Guigui, T. Lenoir, X. Deloin, l. Rillardon

  • Réparations isthmiques des spondylolisthésis lombaires : indications, techniques, résultats T. David  ,

  • Stabilisation dynamique lombaire par l’implant Wallis J. Sénégas  ,

  • Stabilisation dynamique par systèmes avec vis pédiculaires J.C. Saury-barraza, O. Gille

  • Arthrodèses rachidiennes avec instrumentation dynamique C. Mazel, A. Mitulescu, l. Balabaud, P.Antonietti

  • Arthrodèse intersomatique par voie transforaminale (TLIF) percutanée P. Mangione  ,

  • Prothèse du nucleus pulposus lombaire par « spirale à mémoire » : concept – cahier des charges – étude expérimentale et résultats de l’étude préliminaire multicentrique J.L.Husson, A. Korge, G. Dubois, O. Schwarzenbach

  • Biomécanique des prothèses discales lombaires totales F. Lavaste  ,

  • Sélection des patients (prothèse discale lombaire) M. Pedram  ,

  • Techniques de pose des prothèses totales de disque lombaire : bilan préopératoire, technique de pose et intérêt de la navigation J.C. Le huec, S. Aunoble, C. Tournier ,

  • Prothèse totale de disque T. Marnay, P. Tropiano, J. E. Zigler ,

  • Complications des prothèses de disque intervertébrales J.P. Lemaire, T. David, P. Moreno ,

  • Prothèse totale d’articulation lombaire postérieure C. Louis, R. Louis, J.J.. Bronsard, P. Tropiano

  • Culture cellulaire dans les pathologies discales H. J. Meisel, T. Ganey, B. C. Kern, Y. Minkus, J. Libera, O. Alasevic

     

    Processus de dégénérescence lombaire J.M. Vital  ,

    Le complexe mobile de Junghanns comprenant disque intervertébral et massifs articulaires est exposé à l’usure liée aux mouvements qui s’y produisent. Cette usure est proportionnelle au temps qui passe, et donc au vieillissement. Malgré le caractère péjoratif de sa dénomination, la dégénérescence n’est pas très différente du vieillissement naturel et devrait probablement être mieux dénommée involution lombaire. Le disque intervertébral se caractérise par une vascularisation périphérique qui existe chez le nouveau-né, mais diminue précocement entre 6 et 30 mois. Le phénomène de fissuration du nucléus et de l’annulus apparaît plus tard, entre 30 et 40 ans. Les facteurs aggravant ces étapes du vieillissement sont mécaniques, avec l’expression macroscopique des fissures, mais aussi, à l’échelle microscopique, avec diminution de production de protéoglycans (d’où la déshydratation discale) et de collagène type 2. Le facteur génétique existe aussi puisqu’il a été reconnu des génotypes de métalloprotéinase 3, substance activant la destruction discale et ayant un effet inflammatoire toujours associé. Les articulaires ou zygapophyses sont touchées de façon parallèle avec atteinte du cartilage articulaire, de l’os sous-chondral, et éventuels épanchements synoviaux. Les ligaments (et notamment le ligament jaune) peuvent s’hypertrophier et se calcifier. Les muscles subissent un phénomène de dégénérescence graisseuse, qui s’étend de la profondeur à la superficie de la masse sacrolombaire. Initialement des lésions histoenzymologiques apparaissent avec atrophie des fibres II rapides associée à des images anatomopathologiques rappelant une myopathie. L’équilibre sagittal est bien évidemment altéré du fait de l’association de ces lésions discoarticulaires et musculaires : la cyphose dégénérative ou arthrosique en est la caricature avec hypolordose lombaire, rétroversion du bassin, flessum des genoux et dégénérescence graisseuse sévère et étendue tant dans le plan horizontal que dans le sens caudocranial : le sujet revient à un état proche de la quadrupédie évitée par le port d’une canne. Kirkaldy-Willis et Husson ont catalogué cette évolution lombaire en trois ou quatre stades de gravité croissante jusqu’au dernier stade, qui est celui de la stabilisation naturelle.

    P. 1 à 7

     

     

    Biomécanique du rachis

    W. Skalli, S. Champain, T. Mosnier ,

    En plus du rôle majeur de protection de la moelle épinière, le rachis doit remplir principalement deux fonctions sur le plan biomécanique : d’une part assurer une posture érigée stable, et d’autre part permettre le mouvement et le maintien dans une position donnée. Le rôle des muscles est essentiel aussi bien en tant que haubans nécessaires à la stabilité qu’en tant qu’actionneurs permettant d’accomplir le mouvement .Cette biomécanique rachidienne a trois axes principaux : l’analyse de la posture, celle du mouvement et la simulation numérique. L’analyse de la posture doit se faire de la tête aux pieds en intégrant bien la vertèbre pelvienne dont les mouvements d’anté- et de rétroversion vont retentir sur l’orientation de la colonne vertébrale. L’analyse 3D donne les renseignements les plus précis sur cette posture. L’analyse du mouvement permet l’étude des amplitudes de mobilité sous charge de flexion–extension, inflexion latérale droite et gauche, torsion axiale droite et gauche, pour les différents niveaux vertébraux mobile ; elle doit aussi s’intéresser aux coxofémorales. La simulation numérique permet d’étudier une maquette virtuelle intégrant à la fois la géométrie et les propriétés mécaniques des régions anatomiques considérées, qu'elles soient intactes, lésées, ou restaurées chirurgicalement. L’analyse tridimensionnelle couplée à la simulation numérique pourrait dans les prochaines années apporter un éclairage particulièrement utile lors de la réflexion sur la stratégie thérapeutique la plus adaptée à un patient compte tenu de ses spécificités.

    P. 8 à 18

     

     

    Physiopathologie, évolution naturelle et résolution de la lombalgie

    M. Benoist  ,

    L’origine discale de la lombalgie commune idiopathique est généralement admise, et des travaux récents en ont précisé les mécanismes. Des fibres nerveuses nociceptives ont été constatées dans l’annulus et le nucleus des disques dégénérés douloureux. Les nocicepteurs intradiscaux peuvent être sensibilisés par les médiateurs de l’inflammation (neuropeptives, prostaglandines) et par les cytokines neurotoxiques. Le seuil de réponse abaissé des terminaisons libres les rend plus sensibles aux stimulations physiques secondaires à l’incompétence biomécanique des disques dégénérés. Lorsque la lombalgie devient chronique, les observations cliniques indiquent que la douleur et l’incapacité fonctionnelle sont déterminées non seulement par des lésions organiques du segment rachidien, mais aussi par des facteurs centraux psychosociaux impliquant l’ensemble du système nerveux. Les travaux fondamentaux sur la transmission douloureuse et des modèles animaux ont montré que la moelle épinière avait un rôle primordial dans la persistance d’une douleur chronique après une inflammation ou une lésion périphérique tissulaire prolongée. Les centres corticaux supérieurs peuvent être impliqués. Une augmentation de l’activité nociceptive cérébrale par rapport à des témoins a été observée chez des lombalgiques chroniques. La lombalgie chronique est remarquablement résistante au traitement, et les stratégies thérapeutiques capables de réduire le temps de l’incapacité fonctionnelle et d’obtenir la résolution des douleurs doivent être discutées en fonction des mécanismes neurophysiologiques périphériques et centraux pouvant conduire à la chronicité. Des travaux ultérieurs doivent confirmer les signes d’imagerie (Modic 1 sur l’IRM, discographie provocatrice positive) ou autres méthodes permettant d’affirmer la responsabilité de la sensibilisation périphérique, discale, dans la chronicité, justifiant alors un traitement chirurgical. L’appréciation de la sensibilisation centrale (moelle épinière, cerveau), actuellement fondée sur l’interrogatoire ou des questionnaires validés, reste rudimentaire. L’IRM fonctionnel cérébral, et éventuellement médullaire, permettra peut-être à l’avenir de dépister une hyperactivité centrale, incitant à la poursuite du traitement conservateur multidisciplinaire de réhabilitation intensive, dont l’efficacité a été démontrée.

    P. 19 à 26

     

     

    Influence de l’organisation morphologique sagittale de l’ensemble rachis-bassin sur l’évolution des pathologies dégénératives rachidiennes

    P. Roussouly  ,

    Les caractéristiques de l’équilibre sagittal du corps humain ont été bien décrites. Duval-Beaupère a défini les trois paramètres pelviens déterminants : l’incidence pelvienne (IP), la version pelvienne (VP) et la pente sacrée (PS). Roussouly a isolé quatre types de lordose lombaire dans une population adulte jeune asymptomatique : type 1 et 2 pour PS et IP faibles, type 3 pour des valeurs intermédiaires et type 4 pour des valeurs fortes de PS et IP. Ces différents types d’organisation spino-pelvienne soumettent les vertèbres à des contraintes en flexion plutôt antérieures sur les disques, ou en extension postérieure sur les arcs postérieurs. Si on considère que ces contraintes peuvent être à l’origine de dégénérescence, on pourrait lier des caractéristiques particulières à la forme du rachis et donc de son organisation lombo-pelvienne. Le type 1 associe une cyphose thoraco-lombaire et une courte hyperlordose distale ; il peut générer des discopathies thoraco-lombaires et de l’arthrose articulaire postérieure avec contact interépineux en lombaire bas. Cette extension peut aboutir à la rupture isthmique de L5. Le type 2 présente une hypolordose avec dos plat ; il privilégie les discopathies lombaires basses précoces avec les hernies discales du sujet jeune. Le type 4 présente une grande lordose lombaire qui peut entraîner une arthrose articulaire postérieure et le spondylolisthésis L4L5 par défaillance articulaire postérieure. Chez les sujets âgés avec un bassin à grande IP, la perte de lordose lombaire par faillite discale s’équilibre par une grande rétroversion pelvienne. Ceci les différencie des discopathies sur type 2 qui ne peuvent pas rétroverser. L’évaluation d’un rachis dégénératif doit passer par l’identification de l’IP, qui est le seul paramètre qui le relie à l’état antérieur, ce qui permet d’approcher du type de dos initial du patient.

    P. 27 à 35

     

     

    Évaluation clinique

    N. Gangnet, V. Pointillart, J.C. Sauri-barraza ,

    L’évaluation clinique des malades lombalgiques et lomboradiculalgiques a pour objectif, outre une démarche diagnostique et le choix d’une thérapeutique, de permettre le suivi des patients. Cette évaluation se concentre sur le concept d’incapacité fonctionnelle, c'est-à-dire le retentissement fonctionnel subjectif, rapporté par le patient, conséquence d’une déficience physique objective. L’évaluation des pratiques médicales devant tendre à devenir plus rigoureuse selon une démarche scientifique factuelle, de multiples outils de mesure des différents paramètres cliniques sont développés et validés. L’intérêt de ces échelles ou scores quantifiant des variables le plus souvent qualitatives est alors de permettre le suivi longitudinal d’un patient, d’améliorer la conception de protocoles pour évaluer l’efficacité des thérapeutiques et de faciliter la comparaison de ses propres résultats avec ceux de la littérature. Cette évaluation clinique doit permettre l’analyse de la déficience, de l’état d’incapacité fonctionnelle, du handicap, de la douleur, de la qualité de vie, du vécu psychologique et du retentissement socioprofessionnel. Parmi les échelles qui s’intéressent à la mesure de l’incapacité fonctionnelle quatre présentent des qualités métrologiques et une diffusion dans la littérature qui en fond des outils de référence (ODI, EIFEL, Québec, Dallas). L’échelle d’impotence fonctionnelle de la lombalgie de Québec semble répondre le mieux au concept capacité-incapacité à certaines tâches. Dans le cadre d’étude prospective ayant pour but l’évaluation du résultat d’une thérapeutique chirurgicale, on peut alors conseiller pour un recueil exhaustif, appréciant la symptomatologie fonctionnelle, l’association au minimum d’un outil de mesure de l’incapacité (score de Québec), d’un outil de mesure de l’état de santé globale (SF36 droit d’utilisation ; NHP), d’un outil de mesure de la douleur (EVA) associé à un localisateur de douleur et d’un indice de satisfaction. On pourra y combiner, en fonction de l’objectif précis du travail de recherche que l’on s’est fixé, des outils spécifiques de mesure de l’état de santé psychique et des limitations dans le travail. A l’opposé, dans une démarche de simplification pour la pratique clinique courante, on peut noter que le Pationnaire © développé par JF. Huber et adopté par la SFCR a volonté de regrouper sous forme d’un autoquestionnaire l’ensemble de ces domaines d’exploration.

    P. 36 à 50

     

     

    Évaluation paraclinique

    J.M. Vital, A. Benchikh-el-fegoun  

    L’évaluation paraclinique cherche à dépister une lésion supposée douloureuse, mais qui est très souvent consécutive au vieillissement naturel. En fait, il faut s’assurer que cette lésion a un lien direct avec les doléances du patient et souvent s’appuyer sur une conjonction de renseignements provenant d’explorations différentes avant de prendre une décision chirurgicale définitive. Les clichés simples permettent de reconnaître des signes de dégénérescence discale ou articulaire, mais surtout une scoliose ou un spondylolisthésis ; ils doivent étudier la colonne en entier pour se renseigner sur l’équilibre sagittal. Les clichés dynamiques n’ont à notre avis que peu d’intérêt car les hypermobilités sont très rares. La tomodensitométrie n’a pas la place prépondérante de l’IRM, qui permet de reconnaître la déshydratation discale et les lésions des plateaux vertébraux et de l’os sous-chondral (classifications de Pfirmann et Modic). Parmi les tests d’infiltration, la discomanométrie mériterait d’être réhabilitée pour les renseignements sur l’état physique du disque qu’elle donne, et la discographie peut voir l’interprétation du test de reproduction de la douleur altérée par l’état psychologique du patient. Les tests d’immobilisation par corset ou fixateur externe sont peu reproductibles : nous les avons abandonnés. Enfin la mesure de rigidité intervertébrale peropératoire est le dernier moyen (malheureusement réalisé un peu tard) pour déterminer la rigidité du segment intervertébral, et donc celle de la fixation chirurgicale à utiliser.

    P. 51 à 61

     

     

    Conséquences cliniques et radiologiques des arthrodèses lombaires et lombosacrées

    P. Guigui, T. Lenoir, X. Deloin, l. Rillardon

    Décrite initialement comme un fait inhabituel, l’apparition de lésions dégénératives jonctionnelles à une arthrodèse lombaire est maintenant bien reconnue dans la littérature et peut venir altérer un résultat initial bon. Il existe une grande variabilité de définition du syndrome jonctionnel. Il peut s’agir de simples conséquences radiologiques, comme la perte de hauteur discale (qui peut être considérée comme un phénomène de vieillissement naturel) ou, mieux, une hypermobilité antéropostérieure en flexion extension (de 3–4 mm ou 15). Il peut s’agir de conséquences cliniques associées en général à des signes radiologiques. Le type d’arthrodèse instrumentée ou non, postérieure, antérieure ou circonférentielle, son étendue doivent être précisés pour donner des pourcentages comparables. L’indication de l’arthrodèse nous paraît aussi importante : spondylolisthésis par lyse isthmique, spondylolisthésis dégénératif, discopathie, sténose canalaire n’exposent pas au même risque de syndrome jonctionnel. À la limite de l’arthrodèse, les expérimentations animales ont montré une augmentation de la mobilité et des contraintes discales et facettaires. Sur une série clinique personnelle, nous avons démontré que la chirurgie de décompression–arthrodèse exposait plus aux syndromes jonctionnels. Leur fréquence varie entre 20 et 100 % pour les signes radiologiques, entre 5,2 et 18 % pour les signes cliniques. Le taux de réintervention sur une série personnelle est de 5 % à 5 ans et de 7 % à 10 ans. Les facteurs de risque sont aussi discutés dans la littérature : l’instrumentation postérieure et a fortiori l’arthrodèse circonférentielle, par leur rigidité croissante, augmentent le risque, comme le déséquilibre antérieur par hypolordose lombaire.

    P. 62 à 72

     

     

    Réparations isthmiques des spondylolisthésis lombaires : indications, techniques, résultats

    T. David  ,

    L’arthrodèse n’est pas la seule solution chirurgicale dans les spondylolisthésis lombaires par lyse isthmique. La réparation de la fracture isthmique avec des instrumentations plus fiables est une solution alternative, même chez l’adulte avec disques lombaires dégénérés. L’indication est posée après étude de l’origine de la douleur présentée par le patient, en s’aidant de documents radiographiques (clichés dynamiques, scanner, IRM) et surtout des tests cliniques (infiltrations de la zone de lyse, discographie). Sur le plan technique, de nombreuses instrumentations ont été proposées : vis, fils métalliques, vis-crochets et pour notre part vis-crochets avec liaison transverse ; une greffe d’os local peut être utilisée en cas de lyse hypertrophique, mais il vaut mieux utiliser de l’os de crête iliaque en cas de lyse hypotrophique. Les résultats comparatifs avec l’arthrodèse montrent que la réparation isthmique est une intervention plus rapide, à la morbidité moindre, et surtout fonctionnellement meilleure chez les sujets jeunes travailleurs de force ou sportifs de compétition, leur permettant de reprendre leur activité antérieure deux fois sur trois. L’étude biomécanique comparative retrouve aussi une supériorité de la réparation isthmique sur l’arthrodèse, avec absence d’hypermobilité aux niveaux adjacents à long terme et mobilité persistante dans 60 % des cas au niveau olisthésique. Chez l’enfant en croissance, une réparation isthmique réalisable jusqu’au grade 2 entraîne après consolidation une réparation spontanée de la déformation du sacrum en dôme et de la cyphose lombosacrée. Quel que soit l’âge du patient, quand on envisage la chirurgie après échec des traitements conservateurs, il faut toujours penser réparation en première intention et ne réserver l’arthrodèse que pour les échecs de réparation, les tests d’infiltration isthmique négatifs, la discographie du disque olisthésique négative chez un sujet âgé. Une prothèse discale peut être secondairement proposée après reconstruction sur le disque olisthésique ou sur le disque sus-jacent s’il est symptomatique.

    P. 73 à 80

     

     

    Stabilisation dynamique lombaire par l’implant Wallis

    J. Sénégas  ,

    Ce chapitre présente l’historique et le concept du système de fixation dynamique développé dans notre service. Le concept de la fixation dynamique lombaire était basé sur l’amélioration de la cinématique intervertébrale et la mise en décharge des jointures intervertébrales. Sa justification résidait dans l’intérêt de trouver une alternative à l’arthrodèse et à la prothèse discale. Nos études sur l’animal ont montré que la stabilisation souple (dynamique) favorisait la régénération et la réorganisation du tissu conjonctif cicatriciel à l’intérieur de l’espace discal. En raison des sollicitations permanentes qu’imposent les conditions dynamiques, incompatibles avec le vissage d’un implant dans les vertèbres, nous avons développé un implant « flottant », sans fixation intra-osseuse. A partir de 1987, environ 300 implants ont été mis en place et les patients ont été régulièrement évalués. Compte tenu des bons résultats cliniques et d’une excellente tolérance observée à long terme chez ces sujets, en 2000, nous avons accepté la diffusion de cet implant dans sa forme actuelle, qui diffère peu du dispositif de première génération. Le système Wallis comprend une cale interépineuse et une tresse, leur action combinée réalisant une contention interne du segment mobile intervertébral susceptible de modifier la déformation et la charge des zones supposées générer les stimuli douloureux (l’annulus postérieur et les facettes articulaires). Les tests mécaniques réalisés sur pièces anatomiques ont confirmé l’accroissement de la rigidité, la réduction de la zone neutre et la réduction des translations d’un segment intervertébral instrumenté. La technique chirurgicale est simple et sûre, en principe sans aucun risque neurologique ou vasculaire. Les résultats des patients les plus anciens sont exposés et illustrés par l’imagerie. Parmi eux, 142 patients ont pu être retrouvés et un médecin indépendant a déterminé combien d’entre eux avaient été réopérés avec ablation ou pas de l’implant, ou bien s’il s’agissait d’une nouvelle intervention à des niveaux adjacents. L’analyse de ces données a permis d’établir une courbe de survie actuarielle qui exprime le devenir de l’implant sur toute la période d’observation. Plus tard, 99 patients ont complété des questionnaires sur leur niveau actuel de douleur lombaire et radiculaire (VAS), qualité de vie (SF-36) et niveau d’incapacité (ODI). Le soulagement des symptômes douloureux lombaires était confirmé par les scores VAS. Les valeurs SF-36, chez les patients toujours porteurs de l’implant à long terme, se rapprochent de celles de la population française de référence du même âge. La qualité de vie des patients qui ont été secondairement arthrodésés est nettement plus médiocre, identique à celle rapportée d’un groupe ostéosynthésé par vis pédiculaire avec le même recul. Le taux de détérioration d’un niveau adjacent à l’implant Wallis était seulement de 11,3 % à 10 ans. Le degré de succès de l’implant était indépendant du nombre de niveaux instrumentés, ce qui contraste avec le taux d’échec des fusions à plusieurs niveaux. En conclusion, la fixation dynamique lombaire par implant interépineux Wallis constitue une alternative efficace à la fusion et à la prothèse discale dans le traitement des lésions dégénératives lombaires symptomatiques. Il s’agit une solution simple, facilement réversible et sans risque sérieux opératoire ou à long terme. Cette efficacité a pu être vérifiée jusqu’à 15 ans.

    P. 81 à 94

     

     

    Stabilisation dynamique par systèmes avec vis pédiculaires

    J.C. Saury-barraza, O. Gille  

    Nous rappelons les principales caractéristiques des systèmes de stabilisation dynamique par vis pédiculaires, leurs modes de fonctionnement, les résultats de la littérature, leurs avantages et inconvénients. Le premier système mis sur le marché est le ligament de Graf. Un ligament de polyester est appliqué sous tension autour des vis pédiculaires. Le système met en compression les articulaires postérieures. Les résultats dans la littérature sont variables. Les principales complications sont surtout neurologiques, car l’hyperextension peut entraîner une réduction de taille du foramen intervertébral et du récessus latéral. Il n’est pas rapporté de loosening de l’ancrage pédiculaire avec ce dispositif. Le Dynesys a été proposé par Dubois en 1994. Ce système est muni d’un ligament et d’une cale limitant la mobilité du segment, et limitant la charge sur les articulaires et le disque. Les séries dans la littérature donnent des résultats contradictoires. La principale complication du système est le loosening des vis pédiculaires, qui survient en général de façon précoce. L’apport de ces deux systèmes sur la fusion n’est pas clairement démontré. Des études prospectives randomisées seraient utiles pour justifier la place de ces dispositifs dans l’arsenal thérapeutique de la chirurgie du rachis lombaire dégénératif.

    P. 95 à 99

     

     

    Arthrodèses rachidiennes avec instrumentation dynamique

    C. Mazel, A. Mitulescu, l. Balabaud, P. Antonietti

    Lorsque les traitements orthopédiques et médicamenteux des pathologies rachidiennes dégénératives échouent, la chirurgie est le dernier recours. Lorsque les gestes de décompression simple, tels que discectomie, laminectomie ou formainotomie, ne permettent pas de décomprimer les structures neurologiques et de garder un rachis stable, l’arthrodèse s’impose. Les instrumentations initialement développées pour obtenir la fusion osseuse se sont progressivement rigidifiées afin de résoudre certains problèmes mécaniques et de structure. Différentes équipes, de par leur expérience extensive des ostéosynthèses rigides, ont souhaité remettre en question la rigidité des montages. En effet, cette rigidité leur paraissait être la cause de certaines des complications mécaniques postopératoires. Ils ont, pour éviter ces problèmes, développé des instrumentations moins rigides, voire souples, qui permettent une meilleure répartition des charges dans le segment instrumenté et aux niveaux adjacents, altérant moins la posture et l’équilibre global du rachis. Plusieurs axes de développement ont eu lieu, avec le même but, à savoir : éviter la concentration de contraintes sur l’instrumentation au détriment de la greffe et des structures osseuses. Les systèmes semi-rigides et dynamiques permettent de préserver une certaine micromobilité, supérieure à celle que l’on retrouve dans une fusion rigide. Cette mobilité résiduelle joue un double rôle. D’une part, comme il a été observé dans le cas des fractures des os longs, une mise sous tension contrôlée des segments osseux favorise la production osseuse au niveau de la fracture. D’autre part, la fusion étant un processus relativement long, la micromobilité résiduelle permet une certaine redistribution des charges dans le segment instrumenté avant que la fusion ne soit achevée. De ces constatations découlent les indications des instrumentations dynamiques. Ces dernières sont particulièrement justifiées en cas de rachis dégénératif à faible instabilité locale (persistance de deux au moins des trois colonnes). Elles sont en revanche totalement contre-indiquées en cas d’instabilité avérée, résection de deux, voire de trois colonnes, et ce même en cas de reconstruction. Les cas les plus fréquents de contre-indication sont donc les vertébrectomies totales ou partielles et les fractures autres que celles de tassement corporéal. La meilleure compréhension de la biomécanique du rachis a aidé au développement des différents systèmes d’ostéosynthèse du rachis. La recherche du taux le plus élevé possible de consolidation des greffes a conduit à la création de matériels dynamiques, qui ont, depuis, fait la preuve de leur efficacité. Elle a aussi aidé à comprendre que chaque type de pathologie relève d’un matériel spécifique et que le matériel de fixation universel n’est probablement qu’un leurre.

    P. 100 à 109

     

     

    Arthrodèse intersomatique par voie transforaminale (TLIF) percutanée

    P. Mangione  ,

    La TLIF percutanée conjugue les avantages de la TLIF et ceux de la chirurgie mini-invasive, c’est-à-dire l’abord unilatéral, qui permet de réduire la dissection épidurale, le respect des racines, la possibilité de réaliser une discectomie quasi complète, même pour les niveaux discaux situés au-dessus de L3, la conservation des ligaments antérieur et postérieur, la possibilité de mieux restaurer la hauteur discale et la lordose, et enfin la diminution du traumatisme des tissus sains. Les principaux inconvénients de la méthode sont liés à la courbe d’apprentissage, et à la nécessité d’obtenir un contrôle par amplificateur de brillance de face et de profil, mais cela donne l’avantage d’un meilleur placement du matériel d’ostéosynthèse. L’utilisation de la fluoroscopie devrait améliorer encore la précision de la mise en place des vis, diminuer le temps d’exposition aux rayons X. Cette technique n’est pas indiquée en cas de sténose centrale, mais s’adresse surtout aux compressions foraminales, osseuses ou discales, aux spondylolisthésis isthmiques ou dégénératifs de grade 1, et aux inclinaisons frontales dans la scoliose lombaire dégénérative. Elle peut être également discutée dans les discopathies dégénératives sans compression, si l’on souhaite réaliser un geste intersomatique, mais elle a l’inconvénient d’aborder la région foraminale, avec les risques de radiculite qui existent. Les techniques d’arthrodèse antérieure ou d’arthroplastie sont plus logiques dans cette indication. La TLIF percutanée est contre-indiquée en cas d’ostéoporose, d’arthrodèse à plus de deux niveaux, de spondylolisthésis au-delà du grade 2. Enfin, bien que les perspectives nous paraissent très intéressantes, il est nécessaire de disposer de plus de recul pour juger réellement de la méthode

    P. 110 à 120

     

     

    Prothèse du nucleus pulposus lombaire par « spirale à mémoire » : concept – cahier des charges – étude expérimentale et résultats de l’étude préliminaire multicentrique

    J.L.Husson, A. Korge, G. Dubois, O. Schwarzenbach

    La cavité discale résiduelle post-discectomie peut être comblée par une nouvelle prothèse de noyau discal fabriqué en polycarbonate uréthane (Sulène - PCU) prenant la forme d’une « spirale enroulable à mémoire ». Les tests biomécaniques ont démontré qu’elle compense la perte de hauteur, diminue l’effet de compression facettaire, rétablit la cinématique du rachis, sans déformation des plateaux vertébraux ni migration. Les critères d’inclusion et d’exclusion au sein d’une étude pilote prospective, multicentrique européenne sont présentés. Les résultats portent sur les neuf premiers patients implantés (huit hommes et une femme) d’âge moyen 37,4 ans, pour hernie discale L5-S1 pour six cas et L4-L5 pour trois cas, avec symptôme radiculaire accompagné de lombalgie pour six cas. La période de suivi s’étend de 6 à 64 mois. Les radiculalgies et la lombalgie appréciées sur EVA ont clairement diminué en postopératoire pour tous les patients sans trouble neurologique peropératoire ni au plus grand recul. La fonction appréciée selon les critères d’Oswenstry a été améliorée dans tous les cas. Trois explantations préventives ont dû être pratiquées en raison de modification de forme et de topographie de la prothèse en site intradiscal et ce malgré un état clinique très satisfaisant. L’évaluation du suivi sur les radiographies standards, la résonance magnétique nucléaire et la tomodensitométrie dynamique rotatoire apprécie les signes directs et indirects de l’évolution de l’implant dans son positionnement et dans ses effets sur cette période de suivi. Le concept « spirale à mémoire » apparaît rationnel, effectif et efficace mais son utilisation nécessite que l’annulus soit intact, ce qui en exclut l’indication postdiscectomie mais justifie la poursuite des travaux sur ce concept avec de nouvelles orientations et perspectives, car son efficacité, son application aisée - due à une approche standardisée, à un mécanisme de « mémoire de forme » et à une insertion possible par voie mini-invasive - confèrent à ce concept prothétique un certain progrès parmi les techniques de « non-fusion » et en particulier les autres prothèses nucléaires.

    P. 121 à 133

     

     

    Biomécanique des prothèses discales lombaires totales

    F. Lavaste  ,

    Les articulations du corps humain sont assimilables à des liaisons mécaniques. L’articulation intervertébrale lombaire est spécifique : la liaison réalisée par les contacts au niveau des surfaces articulaires et par les ligaments intervertébraux est complétée par une liaison élastique continue entre les corps vertébraux, assurée par le disque intervertébral. Tous ces éléments se dégradent avec le temps. Il est proposé aujourd’hui le remplacement total du disque intervertébral. On peut distinguer actuellement deux familles de prothèses discales lombaires totales (PDLT) : les PDLT de types SB Charité (à noyau mobile) ou ProDisc (à noyau fixe) assurant une liaison intercorporéale à l’aide de solides en contact (ou prothèses articulaires), et celles de type Elastic Spine Pad (ESP) assurant une liaison intercorporéale continue à l’aide d’un dispositif élastique constitué de matériaux déformables (ou prothèses déformables). L’analyse cinématique permet de distinguer le mouvement de translation à 3 degrés de liberté (3 ddl), le mouvement de rotation axiale (1 ddl), le mouvement de rotation sphérique (3 ddl), le mouvement plan (3 ddl) et enfin le mouvement quelconque ou mouvement libre (6 ddl). Pour l’articulation intervertébrale lombaire, le mouvement de la vertèbre sus-jacente (solide mobile) par rapport à la vertèbre sous-jacente (solide de référence) peut être assimilé à un mouvement quelconque (la vertèbre sus-jacente peut se déplacer en translation et en rotation par rapport à la vertèbre sous-jacente). L’articulation intervertébrale est une articulation à 6 ddl, 3 ddl en translation et 3 ddl en rotation. Il faut noter que les amplitudes de mouvement de la vertèbre sus-jacente par rapport à la vertèbre sous-jacente, en translation pure ou rotation pure, ne sont pas identiques suivant les trois axes de référence. La prothèse à noyau mobile bisphérique du type SB Charité PDLT peut être qualifiée de très peu contrainte sur le plan cinématique, car il ne manque que 1 ddl par rapport au disque naturel (5 ddl). La prothèse à noyau mobile monosphérique de type Mobidisc se rapproche de la précédente PDLT : elle est très peu contrainte et a aussi 5 ddl. Les prothèses à noyau sphérique fixe de type Prodisc ou Maverick n’ont que 3 ddl et sont qualifiées de contraintes. Enfin, les prothèses de type ESP possèdent 6 ddl et sont non contraintes. Les PDLT peuvent être classées en fonction de leur nombre de degrés de liberté cinématiques, ou encore en prothèses non contraintes (6 ddl), peu contraintes (5 ddl) et semi-contraintes (3 ddl). Néanmoins, ce classement est essentiellement cinématique, il ne prend pas en compte les rigidités. Dans le choix de la PDLT , il y aura lieu de considérer et le nombre de ddl, et les rigidités. Ces deux paramètres, en fonction de l’état des surfaces articulaires et des ligaments, vont en effet retentir et sur la mobilité et la stabilité de l’articulation prothésée, et sur la distribution des efforts dans l’articulation intervertébrale

    P. 134 à 145

     

     

    Sélection des patients (prothèse discale lombaire)

    M. Pedram  ,

    La prothèse discale lombaire peut être une solution adaptée chez certains patients lombalgiques chroniques. La sélection des patients doit être rigoureuse et se fait selon des critères cliniques et surtout radiologiques. L’IRM et la discographie sont les examens clés pour porter l’indication d’arthroplastie lombaire. La classification de Modic (que nous avons en partie modifiée) permet de sélectionner des patients porteurs d’une discopathie inflammatoire. Il ne faut cependant pas oublier que la concordance radioclinique n’est pas toujours parfaite et qu’il est nécessaire de savoir tenir compte de l’aspect psychosocial dans la prise en charge de cette pathologie.

    P. 146 à 150

     

     

    Techniques de pose des prothèses totales de disque lombaire : bilan préopératoire, technique de pose et intérêt de la navigation

    J.C. Le huec, S. Aunoble, C. Tournier ,

    L’approche antérieure du rachis présente des avantages en terme de biomécanique. L’intérêt pour cette approche a grandi avec le développement de l’endoscopie et des techniques vidéo-assistées. L’approche antérieure de L5S1 et L4L5 a été appliquée au traitement des disques dégénératifs pour réaliser des arthrodèses et plus récemment des prothèses totales de disques. Quelques règles doivent être respectées pour obtenir de bons résultats dans les arthroplasties lombaires. Les indications sont soumises à des contraintes anatomiques telles que l’équilibre sagittal et l’obliquité pelvienne. Le patient est installé sur le dos en utilisant avec intérêt la « french position ». L’approche rétropéritonéale diminue le risque d’éjaculation rétrograde et permet une récupération plus rapide que la voie trans-péritonéale. L’anatomie vasculaire pré-lombaire peut parfois entraîner des difficultés d’exposition des disques mais l’analyse préopératoire de l’angio-IRM et une dissection prudente permettent de réaliser l’approche en toute sécurité. La préparation du disque nécessite une libération postérieure parfaite pour permettre de rétablir la hauteur discale et la mobilité. L’insertion de la prothèse est guidée par un ancillaire spécifique à chaque prothèse, mais peut être améliorée par l’utilisation de la navigation. Le taux de complication très bas des techniques vidéo-assistées a contribué au développement rapide de ces techniques qui peuvent être considérées comme les plus appropriées et les moins agressives pour aborder le rachis.

    P. 151 à 159

     

     

    Prothèse totale de disque

    T. Marnay, P. Tropiano, J. E. Zigler ,

    Préambule. Le remplacement total du disque par prothèse répond au principe fondamental du traitement de la maladie discale, discectomie totale par voie antérieure, et restauration de la mobilité, corollaires de l’excellence des résultats cliniques. Cependant il n’y a pas d’études cliniques publiées pour déterminer les différences de résultats cliniques éventuels en fonction des indications de prothèses totales. Nous avons créé le score MAMUS basé sur l’analyse des éléments de l’IRM pour déterminer le degré de dégénérescence de chaque composant de l’unité mobile intervertébrale. Nous avons de plus établi une comparaison des résultats en fonction de la situation anatomo-clinique, H0, pas de hernie discale, H1, présence de hernie discale, H2, récidive de hernie déjà opérée à cet étage, H3, syndrome post-discectomie (sans récidive herniaire). Nous avons de plus différentié des groupes de sténose segmentaire, St et isolé les spondylolisthésis dégénératifs, Spd. Méthode. Nous avons réalisé de 1999 à 2003 une étude prospective de 152 patients opérés sur un seul niveau, avec un remplacement discal Prodisc®. L’age moyen était de 43 ans (25–67), le poids de 70 kg (47–102) et la taille de 169 cm (150–193). L’analyse post opératoire a été effectué a 3, 6, 12 18, 24 et 48 mois. Ont été relevés les échelles visuelles analogiques pour la douleur lombaire (VAS L) et radiculaire (VAS R) et le sore d’Oswestry exprimé en pourcentage (ODI, Oswestry Desability index). 39 patients étaient dans e groupe H0, 52 H1, 22 H2, 29 H3, 10 St/Spd. Résultats. Dans le groupe H0, VAS L a diminué de 7,8 en préopératoire à 1,6 à 24 mois. Et la VAS R de 6,2 à 1,5 et l’Oswestry est passé de 56 % en préopératoire à 14 % à 24 mois. Dans le groupe H1, VAS-L de 7,1 à 1,1 ,VAS R de 6,6 à 1,1, ODI de 56 à 16, dans le groupe H2, la VAS lombaire décroît de 6,8 à 0,6, la VAS-R de 5,1 à 0,8 à 24 mois mais est demeurée à 5 au 3ème mois et à 2,7 à 12 mois. L’Oswestry a augmenté de 42 en préopératoire à 52 au 3ème mois et est retombé à 10 au 24ème mois. Dans le groupe H3, la VAS –L a diminué de 7,1 (préopératoire) à 0,7 à 24 mois, la VAS-R de 6,6 à 1, 3 en demeurant entre 2,8 et 2,4 du 3èmeme  au 12ème mois postopértoire. L’Oswestry dans ce groupe est passé de 68 à 16. Dans le groupe sténose-spondylolisthésis dégénératif (St, SpD), la VAS lombaire passe de 7,1 en préopératoire à 1,6 à 24 mois, la VAS-R de 5,2 à 0,4 et l’Oswestry de 40 à 2. Discussion. Ces données confirment clairement les excellents résultats de la prothèse totale de disque sur un niveau, à travers l’analyse des échelles visuelles analogiques de douleur lombaire et articulaire, et du score Oswestry, avec parfois un décalage sur la douleur radiculaire résiduelle des patients déjà opérés mais qui se corrige au 24ème mois.

    P. 160 à 178

     

     

    Complications des prothèses de disque intervertébrales

    J.P. Lemaire, T. David, P. Moreno ,

    Une série clinique multicentrique de 200 cas à plus de 10 ans de recul, dont 38 cas appartenant à une série homogène étudiant les surcharges fonctionnelles à 17 ans de recul, analyse les complications des prothèses de disque lombaire selon une « check list » des étapes du processus décisionnel. Cette analyse exhaustive, utilisant les procédures employées dans l’industrie, permet de démembrer la notion d’« erreur », précise clairement les indications et leurs limites, les impératifs techniques, tactiques et logistiques. Avec un taux de révision de 94 %, 22,6 % de complications (6 % précoces, 16,5 % tardives) sont argumentées par les données cliniques et biomécaniques de la littérature, et comparées aux 5,2 à 38,3 % de complications précoces, non exhaustives, de la littérature des arthrodèses antérieures. Le risque de surcharge fonctionnelle adjacente est de 10 %, soit deux à cinq fois moins que dans les suites d’une arthrodèse. Le risque de reprise chirurgicale à long terme est de 2,6 %.

    P. 179 à 192

     

     

    Prothèse totale d’articulation lombaire postérieure

    C. Louis, R. Louis, J.J.. Bronsard, P. Tropiano

    En matière d’arthroplastie, la chirurgie vertébrale présente un retard d’au moins 30 ans par rapport à la chirurgie des membres. Bon nombre de lombalgies et lomboradiculalgies ont pour origine la dégénérescence des articulations vertébrales lombaires postérieures. Nous présentons une étude préliminaire concernant le développement de prothèses d’articulations lombaires postérieures (PALP) avec le cahier des charges et les perspectives thérapeutiques. Le système que nous présentons est couvert par un brevet international. Nous avons donc développé pour chacune des articulations postérieures (AP) un jeu de prothèses facettaires, comprenant une prothèse facettaire antérieure, correspondant à une prothèse de resurfaçage de l’apophyse supérieure (facette antérieure), et une prothèse facettaire postérieure, correspondant à une prothèse de remplacement subtotal de l’apophyse inférieure (facette postérieure). L’interligne correspondant à la surface de contact des implants devra présenter une double courbure stabilisatrice, sagittale et horizontale, qui s’inscrit dans le fond de la gorge d’une poulie pour s’approcher de la cinématique physiologique d’un segment vertébral mobile lombaire (10 à 15 de FE et 3 en IL et R). Les implants, leurs moyens de fixation et la technique opératoire sont présentés. Nous en sommes à la phase d’implantation de prototypes sur des pièces anatomiques et au perfectionnement de l’ancillaire d’implantation. Des études biomécaniques in vitro doivent bien sûr valider notre concept avant toute implantation chez l’homme. Les perspectives thérapeutiques sont les suivantes : Lombalgies et/ou radiculalgies d’origine facettaire (bloc-test positif) : malformations, résection(s) AP ; arthrose AP sur hyperlordose lombaire ; canal lombaire étroit sans laminectomie avec conservation du ligament jaune ; surtout chez des sujets  60 ans. Lombalgies et/ou radiculalgies d’origine mixte, facettaires et discogéniques (bloc-test positif et discographie positive), en association avec une arthroplastie discale (AD) ou alternative à l’AD (?). En cas d’échec, possibilité de reprise par arthrodèse. Le vieillissement de la population laisse à penser que le remplacement prothétique des ALP est amené à un développement certain. Ces prothèses pourraient être utilisées seules, notamment chez les sujets âgés, ou en association avec une AD chez les sujets plus jeunes, dans le cadre de lombalgies ou de lomboradiculalgies invalidantes dont l’origine facettaire est prouvée.

    P. 193 à 201

     

     

    Culture cellulaire dans les pathologies discales

    H. J. Meisel, T. Ganey, B. C. Kern, Y. Minkus, J. Libera, O. Alasevic

    Après transplantation, les cellules du disque intervertébral mises en culture sont viables, elles gardent la capacité de se développer in situ en synthétisant une matrice correcte et répondent aux contraintes mécaniques. L’étude confirme que les cellules peuvent être transplantées et qu’après transplantation, la diminution de la douleur est significative à deux ans, le contenu hydrique du disque intervertébral est supérieur au niveau traité et également aux niveaux adjacents. Ces résultats encourageants peuvent faire imaginer dans un avenir proche le traitement par reconstruction tissulaire sans prélèvement de chondrocytes et en utilisant le génie tissulaire.

    P. 202 à 220

     

 
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