Sommaire :
- Histoire
de la prothèse totale de hanche, Pages n° 5 à 9, P. HERNIGOU, A. POIGNARD,
O. MANICOM
- Méta-analyse : les prothèses de hanche non cimentées. Effet de surface physique et biologique, Pages n° 22 à 35, H. MIGAUD, Y. PINOIT, S. HERENT, M. SOENEN, F. BACHOUR, O. MAY
- Registres
des prothèses totales de hanche : état des lieux, limites et futur, Pages
n° 36 à 46, C. DELAUNAY
- Métallurgie
du métal-métal appliquée à l'arthroplastie totale de hanche, Pages n° 47
à 55, J.-P. BOURALY
- Évolution
pour les polyéthylènes dans l'arthroplastie totale de hanche, Pages n° 56
à 62, J.-P. BOURALY
- Céramiques,
Pages n° 63 à 82, B. MASSON
- Classification
des tiges de prothèses de hanche selon leur forme,Pages
n° 83 à 98, P.
CHIRON, C. BESOMBES, J.-M. LAFFOSSE, J. PUGET
- Cotyles
cimentés et non cimentés,Pages
n° 99 à 106, H. LOUBOUTIN, L. WESSELY, C. LEFÈVRE,
F. DUBRANA
- Ciments
: caractéristiques, évolution de la cimentation et technique moderne, Pages
n° 107 à 115, D.
CHAUVEAUX
- Fixation
sans ciment des prothèses totales de hanche, Pages
n° 116 à 13, P.
LAFFARGUE, Y. PINOIT, H. MIGAUD
- Couples
de frottement dans les prothèses totales de hanche : comment choisir ?, Pages
n° 132 à 145, F.
LANGLAIS
- Planification
préopératoire, Pages
n° 151 à 160, J. PUGET, O. MAY, J.-M. LAFFOSSE
- Relations
hanche-rachis : application aux arthroplasties totales de hanche, Pages
n° 161 à 190, J.-Y.
LAZENNEC, G. SAILLANT
- Prothèses
de hanche de première intention : place de la chirurgie assistée, Pages
n° 191 à 202, P. MERLOZ, A. EID, S. BLENDEA
- Information
préopératoire du patient, Pages
n° 203 à 213, H.
COUDANE, F. CLAUDOT, C. DELAUNAY, S. SLIMANI, M. BLAISE, J.-P. DELAGOUTTE
- Anesthésie
pour arthroplastie de hanche de première intention, Pages
n° 214 à 225, C.
CHASSERY, L. N'GUYEN, V. MINVILLE, A. COLOMBANI
- Anatomie
chirurgicale de la hanche appliquée à l'arthroplastie prothétique de première
intention, Pages
n° 226 à 230, F.
DUPARC
- Installation
du malade, Pages
n° 231 à 236, M.-H.
FESSY
- Voie
d'abord antérieure et prothèse de hanche de première intention, Pages
n° 237 à 248, T.
JUDET, M. SIGUIER, B. BRUMPT, T. SIGUIER, P. PIRIOU,
- Voie
d'abord de Watson-Jones, Pages
n° 249 à 256, J.-Y. HERY, S. TERVER
- Voie
antérolatérale minimale invasive type Watson-Jones modifiée, Pages
n° 257 à 261, P. CHIRON, J.-M. LAFFOSSE, Y. AEBI, J. PUGET
- Voies
latérales, Pages
n° 262 à 268, J.-L.
TRICOIRE
- Voie
d'abord postérieure pour prothèse totale de hanche, Pages
n° 269 à 283, P.
CHIRON, J.-M. LAFFOSSE, F. FABIÉ, J. PUGET
- Artifices
des voies d'abord de la hanche, Pages
n° 284 à 291, F.
DUBRANA, J. RICHOU, L. WESSELY, R. GÉRARD, M. DE BUTET, C. LEFÈVRE
- Préparation
osseuse du cotyle et du fémur, Pages
n° 292 à 302, D.
CHAUVEAUX
- Suivi
radiologique des arthroplasties totales de hanche, Pages
n° 306 à 314, E.
DEHOUX, K. MADI, A. HARISBOURE, P. SEGAL
- Biologie
des interfaces de fixation autour des prothèses totales de hanche,
Pages
n° 215 à 331,
P.
MASSIN, D. CHAPPARD
- Biologie
de l'ostéolyse périprothétique,
Pages
n° 332 à 343,
P.
MASSIN, D. CHAPPARD
- Modification
du support osseux autour d'une prothèse totale de hanche : analyse densitométrique,
Pages
n° 344 à 350,
A.
NEHME, J. PUGET
- Méthodes
d'évaluation des prothèses totales de hanche et leur étude critique,
Pages
n° 351 à 367,
J.
WITVOET
- Luxations
et subluxations des prothèses totales de hanche,
Pages
n° 370 à 417,
D.
HUTEN, F. LANGLAIS
- Complications
nerveuses,
Pages
n° 418 à 423,
A.
DURANDEAU, T. FABRE
- Égalisation
des membres inférieurs au cours d'une prothèse de hanche de première intention, Pages n° 424 à 431, P.HERNIGOU, A. POIGNARD, O. MANICOM, P. FILIPPINI, G. MATHIEU, A. DEMOURA
- Embolies
pulmonaires et phlébites après prothèse totale de hanche,
Pages
n° 432 à 443,
L.
PIDHORZ, L.E. PIDHORZ
- Fractures
sur prothèses (avec ou sans descellement),
Pages
n° 444 à 450,
H.
THOMAZEAU, M. ROPARS
- Rupture
de matériel,
Pages
n° 451 à 463,
H.
CONNES
- Douleurs
de prothèse totale de hanche : recherche étiologique
Pages ,
n° 464 à 467,
J.
PUGET, J.-M. LAFFOSSE
- Contrôle
des matériaux et des implants : marquage CE et traçabilité
Pages
n° 472 à 482
S.
TERVER
- Prothèses
totales de hanche de première intention : aspects médicolégaux
Pages
n° 483 à 489
M.
CHANZY, N. CHANZY
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Prothèses totales de hanche
cimentées de première intention : revue de la littérature
Pages n° 10 à 21
P. BONNEVIALLE
En 1961, Charnley proposa
une prothèse totale de hanche (PTH) cimentée reposant sur le concept de la
low friction. Cette prothèse est un des grands progrès de la médecine du XXe
siècle. Elle s'est répandue dans le monde entier. Une revue de la littérature
des résultats est faite avec un recul supérieur à 20 ans. Seuls les aspects
cliniques et radiologiques exprimant la longévité des implants sont abordés,
essentiellement par l'étude des courbes de survie. L'usure du polyéthylène
(PE) semble le problème le plus préoccupant. Il est lié aux défauts de position
des implants et paraît inéluctable chez les patients actifs, atteints d'arthrose
et de sexe masculin. D'autres concepts prothétiques développés en parallèle
sont exposés. Certains se sont rapidement révélés sans avenir, mais leur étude
est instructive. La plupart n'ont pas atteint le recul des implants de Charnley.
Les améliorations techniques - scellement, interface de mobilité - sont exposées.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Afin d'évaluer l'influence
de la géométrie et de la nature des traitements de surface des prothèses sans
ciment, nous avons mené une analyse de la littérature orthopédique entre 1980
et 2004 sur la base PubMed en incluant les études se rapportant aux prothèses
sans ciment et comportant une analyse de survie. Les données de trois registres
ont été associées avec les mêmes critères. Au total, 50 162 prothèses totales
de hanche (PTH) sans ciment ont été regroupées (âge moyen 48,9 ans, recul
moyen 6,5 ans) et évaluées en fonction des fréquences de réintervention, d'ostéolyse
et de fractures opératoires. Onze familles de composants étaient les plus
représentées : cinq familles acétabulaires (vissant sans traitement [2997],
vissant hydroxyapatite [HA] [3618], vissant corindoné [2360], impacté macroporeux
[15 691], impacté HA [6094]) et six familles de pivots fémoraux (droit macroporeux
[7502], droit HA [3255], droit corindoné [6136], anatomique HA [3468], anatomique
macroporeux [1215], anatomique corindoné [1041]). L'absence de traitement
de surface pour les cupules vissantes conduisait à un taux de réintervention
et d'ostéolyse plus élevé. Pour les cupules vissantes ou impactées, l'ajout
d'HA ne réduisait pas le taux de réintervention par rapport aux pièces corindonées
ou macroporeuses. Pour les pivots droits, l'ajout d'HA ne réduisait pas le
taux de réintervention et s'accompagnait même d'un taux d'ostéolyse plus élevé.
En termes d'ostéolyse et de réintervention, les pivots droits corindonés ou
macroporeux étaient comparables. Pour les pivots anatomiques, l'ajout d'HA
réduisait la fréquence des réinterventions mais avec un recul plus court et
sans réduire la fréquence des ostéolyses. Les pivots corindonés donnaient
des résultats comparables dans leur version droite ou anatomique. À l'inverse,
les pivots avec HA donnaient de meilleurs résultats dans leur forme anatomique.
La forme du pivot avait moins d'influence que le traitement de surface sur
les ostéolyses et les réinterventions, mais elle influençait plus nettement
le taux de fractures opératoires qui était de 2,9 % pour les pivots droits
contre 4,6 % pour les versions anatomiques. Au total : 1) les implants sans
traitement de surface doivent être abandonnés ; 2) l'ajout d'HA ne réduit
pas le taux de réintervention et peut s'accompagner d'une augmentation de
la fréquence des ostéolyses ; 3) il n'y a pas d'avantage net entre les cupules
vissantes ou impactées sous réserve d'un traitement de surface de qualité
; 4) entre les pivots droits et anatomiques, il n'y avait pas de différence
sauf pour le taux de fracture intra-opératoire qui était plus faible avec
les pivots droits.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
En 1979, Peter Herberts initialisait
en Suède le premier registre des prothèses totales de hanche (PTH) à l'échelle
d'un pays. Vingtcinq ans plus tard, seuls les pays scandinaves possèdent des
registres réellement fonctionnels dont les résultats sont exploités de par
le monde. La gestion d'un registre nécessite beaucoup de temps, une exhaustivité
des données et la connaissance des décès. Son coût important pose le problème
de son indépendance financière et de la propriété de son contenu. Enfin, sa
nécessité en situation de crise n'est pas si absolue (voir l'affaire des têtes
zircone TH commercialisées par Desmarquet). Quant au fameux registre suédois
en particulier, il n'est pas exempt de reproches : de nombreux implants n'y
sont pas répertoriés ; les analyses de survie reposent essentiellement sur
la coxarthrose primitive, ce qui rend les comparaisons délicates ; certaines
PTH sont composées d'implants dépareillés provenant de fabricants différents
et surtout, les couples prothétiques n'y sont pas étudiés. Enfin, ses effets
sur les progrès des pratiques professionnelles ne sont pas si évidents (choix
des implants, taux de révision voisins en Suède et en France). Les solutions
reposent sur le recours au numéro de Sécurité sociale afin d'identifier parfaitement
les patients porteurs d'implants, un financement autonome garantissant un
minimum d'indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, une méthode de collection
« moderne » et rapide des données exclusivement par Internet permettant l'acquisition
de courbes de survie instantanées, l'inclusion des couples de frottement et
une exhaustivité obligatoire au moins pour les implants innovants. L'espoir
persiste de pouvoir un jour compléter les registres scandinaves au niveau
européen.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
La métallurgie du métal-métal
appliquée à l'arthroplastie de hanche est née avec le début de l'utilisation
des prothèses totales de hanche. On doit y associer les noms de McKee-Farrar,
de Ring, de Muller et de Weber. Les premiers succès de la prothèse de John
Charnley utilisant le couple polyéthylène-métal ont quelque peu relégué au
second plan le couple de friction métal-métal. L'analyse des échecs des articulations
métal-métal a permis de mieux comprendre le fonctionnement de ce couple de
friction. Le choix du matériau, en alliage de chrome cobalt forgé, confronté
à des essais sur simulateur de hanche a permis d'affiner la connaissance de
la lubrification et de la cinématique des articulations type métal-métal.
La notion d'abrasion et de lubrification en fonction d'un degré de polissage
a pu être définie. Des essais en laboratoire ont corroboré les premiers résultats
cliniques analysés à partir des explants. Des études sérologiques ont également
été menées sans que les taux de chrome ou de cobalt circulant n'aient pu jusqu'à
ce jour déterminer la mise en évidence de pathologie particulière. Le bon
fonctionnement du couple métalmétal nécessite une grande expérience dans la
fabrication et le contrôle des deux versants de l'articulation. Les impingements
liés à la géométrie des implants sont bien entendu à proscrire, mais les qualités
du couple de friction permettent d'évoluer vers des têtes de gros diamètre
où ces problèmes d'impingement et de luxation sont très réduits. Enfin, l'expérience
des cotyles sandwichs montre, au suivi actuel, une grande stabilité et une
excellente fiabilité. Le couple métal-métal semble aujourd'hui arrivé à sa
phase adulte, depuis les acquisitions théoriques de son fonctionnement et
les progrès de mise en ouvre industrielle.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Dans le couple métal-polyéthylène
(PE) ou céramique-PE, l'usure du PE peut être plus ou moins importante. Ce
niveau d'usure paraît être assez directement lié à la structure même du PE.
De nombreuses tentatives ont été effectuées pour améliorer la durée de vie
du PE : adjonction de matériau, revêtement de surface par irradiation. La
modification de la structure intrinsèque a été mise en évidence par l'étude
de PE stérilisé par rayonnement. Ceci a fait apparaître la réticulation du
PE qui semble augmenter sa résistance lorsque cette irradiation n'est pas
effectuée de façon répétitive. Ces remarques sont à l'origine du développement
des PE hautement réticulés. Ces données ont été expérimentées en laboratoire
sur simulateur de hanche. Les résultats ont été encourageants. Les premiers
résultats cliniques avec une évaluation radiographique de l'usure semblent
montrer une diminution de l'usure du PE hautement réticulé. La voie du PE
hautement réticulé paraît donner à ce matériau un regain d'intérêt par rapport
aux PE traditionnels. Cette amélioration permet d'espérer rapprocher ses niveaux
d'usure de ceux notés dans les couples de friction dur-dur. Un large suivi
clinique avec un plus long recul est nécessaire pour confirmer ces premières
impressions.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Depuis plusieurs décennies,
la céramique est utilisée en orthopédie. Les ingénieurs en biomatériaux ont
sans cesse cherché à améliorer les performances de ce matériau. L'objet de
cet article est de faire le point sur les céramiques passées, présentes et
futures. Après un bref historique, les différents types de céramiques utilisés
en orthopédie seront décrits, de l'oxyde d'aluminium aux céramiques composites
en passant par l'oxyde de zirconium. Pour chacune d'elle, caractéristiques
et propriétés sont abordées en détail. La qualité de fabrication actuelle
reflète les développements importants imposés par des normes de plus en plus
drastiques, particulièrement au niveau de l'assurance qualité. Les principales
étapes de fabrication ainsi que les améliorations essentielles de procédé
sont exposées. L'observation du comportement tribologique en simulateur de
différents couples de frottement céramique fait l'objet d'un chapitre particulier.
Enfin, une synthèse de l'expérience clinique portant sur les 30 dernières
années permet de valider l'ensemble des travaux en laboratoire.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
La géométrie d'une tige de
prothèse de hanche influence directement la résistance mécanique du manteau
de ciment ou la réaction osseuse autour d'une tige non cimentée. Des arguments
biomécaniques théoriques ou expérimentaux ne suffisent pas à définir, à eux
seuls, la forme idéale d'une tige. L'expérience des quelques séries publiées
et du fichier suédois met en évidence des valeurs sûres et des erreurs de
concept. Une classification des tiges en fonction de leur forme nous paraît
utile pour apparenter les tiges non analysées ou peu diffusées avec des modèles
dont les résultats sont bien documentés, analyser leur originalité, cerner
les erreurs de concept. Nous avons défini des critères simples et reproductibles,
qui permettent de décrire la forme d'une tige. Une tige de prothèse est droite
ou courbe dans ses deux tiers distaux dans le plan frontal (SF pour straight
frontal ; CF pour curve frontal) ; une tige de prothèse est droite ou courbe
dans le plan sagittal (SS pour straight sagittal ; CS pour curve sagittal)
; une tige de prothèse peut être remplissante dans les plans frontal ou/et
sagittal (FPF pour frontal press-fit ; PFS pour sagittal press-fit) ; une
tige de prothèse peut être ovale ou rectangulaire dans le plan coronal (Rect
pour rectangular ; Oval pour oval) ; une tige de prothèse peut présenter une
collerette d'appui (Col pour collar). Il est ainsi simple de préciser la forme
des principales tiges de prothèses cimentées et non cimentées en leur appliquant
une formule de cinq critères au maximum, puis de mettre en évidence leurs
caractéristiques communes et leurs variations.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Lorsque l'indication d'une
arthroplastie totale de hanche est posée, le moment du choix des implants
est fondamental tant pour le patient que pour le chirurgien. Le choix du cotyle
prothétique est souvent affaire d'école, mais le chirurgien ne peut se dispenser
d'une réflexion. Deux questions se doivent d'être posées. La première concerne
le choix en fonction de la matière utilisée et, par extrapolation, le couple
de frottement à choisir. La deuxième question concerne l'ancrage : avec ou
sans ciment ? Cet article fait le point sur les grandes familles de cotyles
existants à ce jour et sur les matériaux disponibles.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les ciments dits acryliques
avec des qualités mécaniques bien normalisées offrent maintenant un large
choix à partir de leurs conditions d'utilisation et de préparation. Ils assurent
une fixation purement mécanique des implants et leurs progrès actuels portent
sur le renforcement de l'interface os-ciment grâce à une pénétration accrue
dans un spongieux solide. D'une façon pratique, ils sont divisés en familles
suivant leur viscosité, ce qui correspond en fait à leur comportement durant
leur polymérisation, qui évolue en quatre phases caractéristiques que tout
chirurgien doit connaître et respecter. Les critères de cimentation dits de
troisième génération - préparation sous vide réduisant le degré de porosité
pour améliorer les propriétés mécaniques, implantation sous pression, pressurisation
du ciment et de l'implant après une préparation osseuse avec un lavage sous
pression pulsé - doivent s'associer à un véritable plan de cimentation définissant
l'épaisseur et la répartition du manteau de ciment suivant le type d'implant
choisi. La crainte des accidents de cimentation, facilement prévenus, ne peut
constituer une restriction à l'utilisation d'une méthode qui assure adaptation
à tous les cas et facilité d'emploi et permet des taux courants de survie
de plus de 90 % à plus de 10 ans.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
La fixation des prothèses
de hanche sans ciment nécessite une stabilité primaire, mécanique, et une
stabilité secondaire assurée par la repousse osseuse au contact de l'implant.
Cette fixation est sous la dépendance de la forme de l'implant, du matériau
qui le compose et de son état de surface. Différents types de traitement de
surface ont été développés : poreux (par microbillage, par fibres métalliques
en maille ou par plasma spray de titane), rugueux par sablage ou corindonage
(grit-blasted titanium), et bioactifs par projection de céramique phosphocalcique,
le plus souvent hydroxyapatite (HA). Outre les études expérimentales et les
analyses d'explants, plusieurs critères cliniques et radiographiques doivent
être pris en compte pour évaluer ces revêtements : les douleurs de cuisse,
l'enfoncement, les liserés, le remodelage osseux et les phénomènes de stress
shielding, le taux d'ostéolyse et les courbes de survie des implants. Pour
les cupules acétabulaires, sous réserve d'une fixation primaire satisfaisante,
les revêtements poreux ou rugueux permettent une ostéo-intégration suffisante
pour assurer la stabilité secondaire, bien que la réhabitation osseuse soit
souvent incomplète (en moyenne 20 %). L'adjonction d'HA semble améliorer ce
taux et diminuer les phénomènes d'ostéolyse. Au niveau fémoral interviennent
le type de revêtement mais aussi son extension sur la tige et la flexibilité
de celle-ci. Le revêtement doit être circonférentiel pour éviter la migration
de particules d'usure. Les revêtements poreux font l'objet d'une réhabitation
incomplète (en moyenne 30 %) qui expose aux douleurs de cuisse, à l'enfoncement,
à l'existence de liserés et d'ostéolyses proximales et surtout distales. Étendus
à toute la tige, ils peuvent favoriser le stress shielding et rendent la tige
inextractible par traction axiale. Ces inconvénients sont réduits par les
revêtements poreux par plasma spray de titane et les revêtements rugueux qui
permettent une amélioration des taux de survie, mais avec parfois une repousse
osseuse partielle et la persistance de douleurs de cuisse et de liserés. Les
revêtements bioactifs avec HA, par une repousse osseuse optimisée, peuvent
réduire les douleurs, les taux d'enfoncement, de liserés et d'ostéolyse distale,
à condition d'être appliqués de façon circonférentielle, soit proximale, soit
totale, sur une tige de dessin validé et de surface métallique poreuse ou
rugueuse.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les avantages et limites des
différents couples prothétiques sont présentés. Le polyéthylène (PE) est détaillé
: fabrication, modes d'usure - notamment en ce qui concerne les « nouveaux
» PE réticulés. Les comportements tribologiques des PE face aux têtes en métal,
en alumine, en zircone, ainsi que les dimensions optimales de cupules impactées
sont précisés. Les avantages et limites des cupules dur-dur sont analysés,
notamment leur comportement en décoaptation, ainsi que les risques de fracture
(alumine) ou de détérioration (zircone). Les débats autour des couples métalmétal
(taux de carbone ? forgeage ? jeu ?) sont détaillés. Un arbre décisionnel
pratique est présenté, en fonction de l'âge et de l'activité, mais aussi du
diamètre de l'acétabulum anatomique.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
La planification avant la
mise en place d'une prothèse totale de hanche (PTH) permet, à partir de l'analyse
d'un cliché radiographique, de se poser les questions particulières au patient
à traiter pour atteindre, au cours de l'intervention, les objectifs fixés.
La planification ne prend pas en compte tous les éléments qui déterminent
la mise en place correcte d'une PTH, mais elle permet d'en analyser l'essentiel
afin de répondre aux questions fondamentales que se pose le chirurgien orthopédiste.
Elle est en quelque sorte un éveil à la réflexion qui permet, lors de sa mise
en application durant l'intervention chirurgicale, de ne pas être pris de
court et d'avoir le plus souvent anticipé une parade à une situation donnée
particulière. La technique la plus diffusée et la plus connue est celle de
Müller, décrite depuis 1975, puis évaluée par Eggli. Cette technique, quoique
largement répandue, a des limites que nous exposons dans la deuxième partie
de ce chapitre, la première étant dédiée à l'exposé de la méthode. Ce chapitre
a finalement peu évolué durant les vingt dernières années. Un regain d'intérêt
apparaît avec la prise en compte de l'évaluation à partir de séries qui font
apparaître l'approximation des techniques et l'espoir mis dans les outils
développés à partir de la chirurgie assistée par ordinateur. Ceux-ci sont
encore trop contraignants pour être adoptés mais des progrès apparaissent,
en particulier sur la prévention des impingements, ce que ne prenait pas en
compte la planification habituelle dans son analyse 2D.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'orientation sagittale de
la charnière lombosacrée est essentielle car elle joue un rôle critique dans
le fonctionnement du rachis et des hanches. L'équilibre du tronc influence
l'orientation tridimensionnelle des cotyles et le secteur d'amplitude articulaire
efficace des hanches. Chaque sujet est caractérisé par un paramètre morphologique,
« l'angle d'incidence pelvienne ». L'équilibre sagittal est la traduction
d'une stratégie posturale spécifique résultant de l'adaptation d'autres paramètres
fonctionnels liés entre eux (pente sacrée, version pelvienne, lordose lombaire,
bascule sagittale du cotyle, antéversion fonctionnelle). L'analyse de la pente
sacrée sur le cliché de bassin de profil est essentielle pour étudier les
variations induites pour l'antéversion acétabulaire. La version pelvienne
postérieure, comme lors de la position assise (réduction de la valeur de pente
sacrée), est associée à une augmentation de l'antéversion acétabulaire fonctionnelle.
La version pelvienne antérieure, comme lors de la position debout (augmentation
de la pente sacrée), induit une réduction de l'antéversion fonctionnelle.
Des sujets à risque peuvent être dépistés au moment de la planification opératoire
d'une prothèse de hanche ou lors de l'analyse de la pathologie de conflit,
sur la hanche native ou prothésée.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les systèmes d'imagerie médicale
numérique et les techniques informatiques qui sont actuellement développés
pour planifier et réaliser des arthroplasties totales de hanche en première
intention procurent au chirurgien orthopédiste une panoplie d'outils performants
qui sont capables d'améliorer la précision du geste opératoire, sa fiabilité
et le résultat clinique, en même temps d'ailleurs que de permettre une réduction
du coût des soins et de la durée de l'hospitalisation. Actuellement, pour
la pose de prothèse totale de hanche (PTH), quatre types de système de navigation
chirurgicale sont utilisés : deux systèmes utilisent une base tomodensitométrique
(TDM) ; un système utilise une technologie sans imagerie et le dernier est
représenté par la fluoroscopie virtuelle. Deux types de système de navigation
à base TDM sont décrits : ceux qui sont dits passifs et qui fournissent des
informations sur la position des outils chirurgicaux dans le champ opératoire
; et ceux qui sont dits semi-actifs, comme les procédés qui permettent de
réaliser des PTH sur mesure. Les systèmes de navigation à base TDM nécessitent
un examen TDM préopératoire et la mise en oeuvre d'un logiciel de recalage
permettant de replacer toutes les informations et images numériques dans le
champ opératoire du patient en utilisant des repères anatomiques de surface.
Beaucoup de systèmes sans imagerie sont basés sur l'utilisation de données
cinématiques et/ou morphologiques (points anatomiques remarquables numérisés
par le chirurgien). Plus récemment, la technologie du Bone Morphing® a été
introduite pour permettre au chirurgien de reconstruire en peropératoire un
modèle tridimensionnel de la hanche à partir d'un modèle statistique déformable.
Cette technologie n'a besoin d'aucune imagerie préopératoire spécifique. L'étape
de navigation s'effectue en trois dimensions et avec une grande précision.
Avec la fluoroscopie virtuelle, une vue de face et de profil de la hanche
opérée est acquise pendant l'intervention. Après correction des distorsions
d'image par l'ordinateur, les vues de face et de profil sont visualisées sur
l'écran de contrôle et une navigation en temps réel peut être réalisée, mais
uniquement en deux dimensions. Les robots sont des systèmes actifs et nécessitent
l'utilisation d'une base TDM préopératoire. Lors du forage du canal fémoral,
les robots ont montré qu'ils étaient pourvus d'un très haut degré de précision,
mais les séries cliniques qui comparent les robots aux techniques conventionnelles
montrent que cette technologie doit être encore développée avant que son usage
se généralise. Dans le futur, on peut envisager que les systèmes de navigation
chirurgicale permettent aux chirurgiens d'évaluer la fiabilité et la précision
de différentes techniques opératoires, première étape de l'optimisation des
thérapeutiques.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'information préopératoire
du patient est une obligation jurisprudentielle ancienne. Depuis l'arrêt du
25 février 1997 de la chambre civile de la Cour de cassation, il importe au
chirurgien d'apporter la preuve qu'il a bien rempli cette obligation. Celle-ci
est devenue législative depuis la loi du 4 mars 2002. Les bases juridiques
d'une telle obligation peuvent être rapportées à la jurisprudence de la Cour
de cassation, arrêt Mercier du 20 mai 1936, où il est dit que « parmi ses
obligations, le médecin doit satisfaire à celles de prodiguer des soins consciencieux
attentifs et conformes aux données acquises de la science ». On retrouve l'obligation
d'information dans des textes comme la Convention sur les droits de l'homme
et la biomédecine du Conseil de l'Europe de 1997 ou les déclarations de l'Association
médicale mondiale. Le code de déontologie médicale et le code de santé publique
font également référence à l'information et au consentement du patient. Dans
le cadre de l'indication d'une prothèse de hanche de première intention, c'est
le chirurgien orthopédiste qui, en tant que professionnel de santé, a le devoir
d'information. Ce devoir est d'ailleurs partagé avec les anesthésistes ou
tout autre prestataire participant aux soins. L'information doit être transparente,
s'effectuer dans un climat serein. Le contenu de l'information, pour une prothèse
totale de hanche de première intention, doit être large mais adapté à la compréhension
du patient. On voit qu'il est difficile d'apporter une liste exhaustive. La
preuve de l'information a posteriori, surtout du niveau d'information, est
difficile à apporter, y compris s'il existe un document écrit qui a pu être
signé. L'analyse de l'information a posteriori peut se faire à partir de l'accès
au dossier médical ou sur la connaissance de risques nouveaux identifiés.
La meilleure défense qu'un professionnel médical et plus particulièrement
un chirurgien orthopédiste puisse avoir est qu'il apparaisse clairement la
durée des échanges entre le patient et le chirurgien dans les différentes
périodes préopératoire, peropératoire et postopératoire. Le dossier médical
doit rapporter un suivi relationnel dont on peut évaluer le niveau d'échange.
C'est plus cette ambiance, argumentée des attitudes consensuelles, de prises
de décision ou d'explications, qui permet de conforter l'existence de l'information
au patient telle qu'elle est souhaitée par la dernière loi de mars 2002.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'arthroplastie de hanche
de première intention est l'arthroplastie la plus souvent réalisée en France
(plus de 100 000 par an). Ses indications ne cessent de s'élargir au sein
d'une population de plus en plus âgée et porteuse de pathologies multiples.
Sa prise en charge anesthésique nécessite une coopération pluridisciplinaire
et se déroule en deux étapes. La période préopératoire, lors de la consultation
d'anesthésie, permet une évaluation minutieuse et exhaustive du statut clinique
du patient ainsi qu'une évaluation des risques transfusionnels et infectieux
; elle permet d'informer le patient sur les différents risques encourus (anesthésiques,
hémorragiques, infectieux, thromboemboliques et opératoires) et de proposer,
en accord avec le patient, l'anesthésie la plus adaptée. La période peropératoire
nécessite de bonnes connaissances et une parfaite maîtrise de la position
du patient, de l'antibioprophylaxie, de la thromboprophylaxie, du saignement
et des éventuelles complications liées au ciment. L'ensemble de ce savoir-faire
est nécessaire à la bonne prise en charge de ces patients qui se définit au
cas par cas.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Idéalement, tout opérateur
amené à réaliser une arthroplastie prothétique de hanche devrait être capable
d'utiliser toutes les voies en fonction des paramètres anatomiques propres.
La définition du cahier des charges d'une voie d'abord de l'articulation coxofémorale
fait la liste des exigences attendues, et associe les impératifs de qualité
de l'exposition acétabulaire et de l'accès facile au canal centromédullaire
du fémur avec l'objectif d'une iatrogénicité nulle. L'anatomie des structures
qui entourent l'articulation autorise des axes de progression plan par plan
jusqu'à l'articulation qui traverseront nécessairement le plan du fascia,
le plan des muscles ou leurs insertions, et le plan capsulaire. L'accès à
la hanche peut être antérieur, antérolatéral, latéral, postérolatéral ou postérieur.
Seule la voie antérieure ne nécessite pas de section musculaire ou tendineuse,
en cheminant entre sartorius et tenseur du fascia lata. La voie antérolatérale
passe dans le plan situé entre le tenseur du fascia lata et le moyen fessier.
Les voies latérales sont transglutéales, et vont traverser les muscles moyen
et petit fessiers, principaux abducteurs de la hanche et stabilisateurs latéraux
du bassin lors de l'appui monopodal. Les voies postérolatérales vont contourner
le bord postérieur du moyen fessier, par ostéotomie trochantérienne ou par
section des tendons des muscles pelvitrochantériens. L'abord strictement postérieur
concerne la chirurgie du cotyle, plutôt que l'arthroplastie de première intention.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'arthroplastie totale de
hanche peut être menée par différentes voies d'abord. Pour cette raison, différentes
installations sur la table d'opération peuvent être proposées. Ces positions
opératoires peuvent entraîner des modifications hémodynamiques et des modifications
respiratoires. De ce fait, le médecin anesthésiste peut être amené à discuter
avec le chirurgien du choix de la position opératoire pour le malade. Une
mauvaise installation peut entraîner des complications ; ces complications
sont essentiellement nerveuses périphériques ; elles peuvent aussi être cutanées
et exceptionnellement vasculaires. Les différentes installations, pour réaliser
l'arthroplastie, sont décrites (décubitus dorsal et décubitus latéral sur
table ordinaire, décubitus dorsal sur table orthopédique). Pour chacune de
ces positions opératoires, les points spécifiques sont précisés ; un accent
particulier est mis sur les points dangereux, source de complications. L'aspect
médicolégal est soulevé.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les voies d'abord antérieures
pures de hanche dérivées de la voie de Hueter sont utilisées dans l'implantation
des prothèses depuis 1947. Elles reposent sur le concept d'abord antérieur,
c'est-à-dire là où la hanche est la plus superficielle et passent entre les
territoires d'innervation du nerf fémoral et du nerf glutéal. Elles sont facilitées
par l'usage d'une table orthopédique. Elles permettent l'implantation en première
intention de tout type de prothèse totale de hanche sans instrumentation particulière
et peuvent se pratiquer sans aucune section tendineuse ni musculaire à condition
de respecter les principes anatomiques et les gestes successifs qui font l'objet
de cet article. Ce concept de respect total des structures périarticulaires
en fait la voie mini-invasive par excellence et limite le risque d'instabilité
postopératoire immédiat. À l'opposé, elles peuvent être étendues, soit de
façon programmée, soit à la demande en cas de difficultés opératoires imprévues.
Cette extension se fait aisément sur le versant haut cotyloïdien et de façon
plus délicate vers la diaphyse fémorale. Les limites d'indication en sont
en effet les cas où est programmé un geste fémoral prédominant (ostéotomie
par exemple). Les risques sont représentés principalement par les syndromes
irritatifs du nerf cutané latéral de la cuisse et, à un moindre degré, du
nerf fémoral : des précautions simples mettent l'un et l'autre à l'abri.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
La voie d'abord de l'articulation
coxofémorale selon Watson- Jones est une voie antérolatérale permettant de
réaliser sans désinsertion du muscle gluteus medius une arthroplastie intermédiaire
ou totale de hanche. Cette voie comporte une incision arciforme débutant à
5 cm sous l'épine iliaque antérosupérieure puis se dirigeant en arrière et
en bas pour devenir verticale au sommet du grand trochanter et se prolonger
le long de la face latérale du fémur sur 10 cm. Elle permet d'obtenir un jour
excellent sur le fémur et la cavité acétabulaire. La prudence est de rigueur
lors de la dissection de l'espace entre le tenseur du fascia lata et le gluteus
medius ainsi que lors de la mise en place des écarteurs sur le bord antérieur
et postérieur de la cavité acétabulaire. La boiterie postopératoire due au
traumatisme des fibres les plus antérieures du muscle gluteus medius est peu
ressentie.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les voies antérieures type
Watson-Jones et Hueter permettent à la fois de respecter le capital musculaire
et de diminuer le risque de luxation postérieure de hanche. La voie de Watson-Jones
peut être modifiée non seulement pour diminuer la longueur de l'incision,
mais surtout pour respecter les muscles gluteus medius et minimus. Cette variation
permet d'exposer parfaitement à la fois l'acétabulum et le fémur sans utiliser
de table orthopédique sur un malade couché en décubitus latéral. La luxation
se fait en effet en rotation externe-extension-adduction. Un seul aide opératoire
est nécessaire. Cette voie d'abord minimale invasive permet de réaliser des
prothèses totales de hanche (Bertin, Rottinger), mais également des resurfaçages
(Chiron).
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
La voie d'abord de l'articulation
coxofémorale, pour la pose de prothèse de hanche de première intention, est
essentiellement de la part du chirurgien une habitude et une acquisition lors
de sa formation. Les voies d'abord latérales sont barrées dans leur progression
par les fessiers moyen et petit, muscles principaux dans la stabilisation
du bassin en appui monopodal. Le respect de ces muscles implique des artifices
chirurgicaux particuliers de la trochantérotomie aux abords transglutéaux
afin de les protéger et de conserver leurs fonctions.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
La voie postérieure en arrière
du grand trochanter est la voie la plus utilisée dans le monde pour poser
une prothèse totale de hanche. Elle permet, tout en préservant le moyen fessier,
une bonne vue sur le fémur et l'acétabulum. Le nerf sciatique peut être visuellement
contrôlé. Elle peut être élargie vers le bas ou vers le haut. Un certain nombre
d'artifices permettent de préserver les muscles pelvitrochantériens, de suturer
la capsule, de diminuer le saignement peropératoire par ligature de l'artère
circonflexe médiale postérieure. Enfin, actuellement, cette voie est utilisée
pour réaliser de la chirurgie par voie minimale invasive. Les avantages de
ce type de voie concernent essentiellement le court terme. Elle permet un
meilleur confort et une reprise plus rapide de la marche avec un séjour hospitalier
plus court et un retour à domicile plus précoce. Nous rapportons les résultats
d'une étude prospective comparative de malades opérés consécutivement par
voie standard et par voie d'abord minimale. En fait, si l'on compare les voies
d'abord minimales entre elles, la voie d'abord postérieure n'a pas les inconvénients
cumulés des autres voies antérieures pures ou double voie ; seule la voie
de Watson-Jones pourrait être qualifiée d'égale ou supérieure.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les artifices qui ont amélioré
les voies d'abord de l'arthroplastie sont nombreux ; certains sont importants
et correspondent à des modifications de la voie d'abord initiale et d'autres
à de simples variations techniques. La voie antérieure de Keggi permet d'aborder
la hanche sans s'aider d'une table orthopédique. La voie externe de Thomine
favorise la réinsertion des muscles périarticulaires et limite le risque d'une
atteinte neurologique. Les améliorations des voies d'abord postérieures de
la hanche ont intéressé les artifices facilitant la consolidation des trochantérotomies
et prévenant les luxations de hanches.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
La chirurgie prothétique de
hanche continue de s'affirmer comme une intervention de référence avec, toutes
étiologies et toutes prothèses confondues, des courbes de survie supérieures
à 80 % à 10 ans et à 75 % à 20 ans. L'amélioration des résultats, longévité
de l'implantation et qualité du résultat clinique, dépend non seulement de
l'évolution des implants, du mode de fixation mais aussi du perfectionnement
de la technique opératoire et notamment de la préparation osseuse. Celle-ci
doit permettre la restauration des conditions anatomiques, avec restitution
du centre de rotation, conservation des conditions biomécaniques du gluteus
medius et préservation de l'égalité des membres inférieurs. La technique bien
codifiée doit s'appuyer, sans se laisser aveugler, sur une planification préopératoire
soigneuse avec la préservation d'une couche de spongieux solide pour la fixation.
Elle comprend au niveau du cotyle une exposition soigneuse du pourtour cotyloïdien,
un repérage de la surface quadrilatère, un creusement harmonieux suivant les
critères habituels de positionnement du cotyle (15d'antéversion
et 45par rapport à la verticale). Au niveau du fémur, la section
primaire du col doit permettre le maintien de l'offset fémoral sans compromettre
la stabilité et l'égalité de longueur des membres inférieurs. La préparation
fémorale recherche une stabilisation primaire de l'implant avec une adéquation
plus ou moins marquée suivant le cas : implant cimenté ou non cimenté. Elle
est complétée systématiquement, pour l'adaptation au mode de fixation choisi
de l'état de surface, par un lavage sous pression ou simplement à la seringue.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Le cliché radiographique standard
reste aujourd'hui la plus simple et la meilleure façon de contrôler la mise
en place d'une prothèse totale de hanche (PTH) ainsi que son suivi. Bien qu'il
n'existe pas de corrélation absolue entre l'état clinique et la radiographie,
l'image radiologique peut soit compléter l'analyse clinique, soit mettre en
garde sur une détérioration latente de la situation. Les contrôles doivent
donc rester fréquents et systématiques dans le suivi d'une PTH. Ces données
deviennent plus pertinentes si l'analyse de la radiographie s'effectue à partir
de critères « de normalité » du bon positionnement de la prothèse. Au-delà
de la position de la PTH, il faut savoir rechercher « les points sensibles
» : la relation os-prothèse avec ou sans interposition de ciment, de même
que la réaction osseuse périprothétique. Il existe des zones plus sensibles
et plus parlantes que d'autres qui sont maintenant bien définies. L'environnement
prothétique doit également être analysé, en particulier au niveau des parties
molles. Enfin, pour le suivi à long terme, l'analyse de l'usure des éléments
du couple de friction est importante, surtout si l'on peut la corréler avec
des signes d'ostéolyse périprothétique. Ce sont ces bases de sémiologie radiologique
qui doivent être comparées et surveillées dans le temps. Elles représentent
la meilleure approche de l'évolution d'une PTH.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'implantation d'une prothèse
de hanche dans un site osseux, cavité acétabulaire ou fût fémoral, constitue
une agression mécanique susceptible de modifier l'équilibre du métabolisme
osseux, et d'interférer avec les phénomènes de vieillissement physiologique
de l'os. Initialement, l'organisme réagit plutôt favorablement par un processus
d'ancrage osseux ou d'englobement osseux selon le type de fixation, permettant
de parler d'ostéo- intégration des implants. À moyen terme, un nouvel équilibre
biologique s'instaure, dépendant des propriétés mécaniques de l'alliage constituant
l'implant et de la forme de celui-ci. Ainsi, un remodelage osseux est habituellement
observé autour des implants fémoraux, sans traduction clinique néfaste. Ce
remodelage peut en fait être un préliminaire favorisant la réaction inflammatoire
d'ostéolyse provoquée par la phagocytose macrophagique des débris d'usure.
La compréhension des mécanismes enzymatiques et cellulaires du métabolisme
osseux est un préalable indispensable pour orienter celui-ci favorablement,
c'està- dire dans le sens de la préservation du capital osseux des parties
du squelette situées autour des implants. Les transforming growth factor et
les bone morphogenetic proteins jouent un rôle essentiel dans l'ostéo-intégration.
Par la suite, l'équilibre entre l'ostéogenèse et la résorption osseuse dépend
de l'action des ostéoblastes et des ostéoclastes, exprimant respectivement
sur leurs membranes plasmiques les molécules RANK-L et RANK. Lorsque celles-ci
se combinent, l'activité ostéoclastique augmente. Mais la sécrétion d'ostéoprotégérine
par les ostéoblastes est capable de bloquer le site RANK-L et d'empêcher l'activation
des ostéoclastes. C'est dans la compréhension de ces interactions cellulaires
que se trouvent les clés de traitements médicaux de la résorption osseuse
périprothétique, qu'elle soit de type adaptatif à l'implant ou réactif aux
débris d'usure.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Alors que les implants de
hanche sont biocompatibles dans leur forme initiale, leur utilisation intensive
et prolongée produit des débris d'usure de petite taille, susceptibles d'induire
une réaction de résorption osseuse. Ces particules de polyéthylène (PE) ou
métalliques s'infiltrent dans les espaces périprothétiques osseux, dans les
fissures du ciment et dans les interfaces de fixation, surtout si celles-ci
ne sont pas hermétiques. Ces débris sont transportés par des flux de liquide
synovial, ce qui suppose des montées en pression articulaire intermittentes
propulsant le liquide articulaire dans les extensions de l'espace articulaire.
Lorsqu'ils sont de taille inframicrométrique, les débris d'usure sont phagocytés
par les macrophages, cette étape constituant le point de départ d'une réaction
biologique : les macrophages dont les enzymes sont stimulées par le processus
de phagocytose libèrent un certain nombre de facteurs de l'ostéolyse ou cytokines
capables d'orienter la différenciation des cellules stromales de la lignée
ostéoblastique en ostéoclastes actifs : interleukines, tumor necrosis factor
(TNF) , prostaglandines E2 ... L'ostéolyse qui en résulte peut prendre
des formes pseudo-tumorales, très destructrices, et entraîne à terme la faillite
de la fixation des implants, accompagnée de sévères dégâts osseux. Il est
donc essentiel d'essayer de bloquer ce processus à chacune de ses étapes :
diminution de la production des produits d'usure par utilisation de matériaux
aux qualités tribologiques optimales, obtention d'interfaces hermétiques,
notamment par des techniques de cimentage optimales ou l'utilisation de surfaces
poreuses circonférentielles pour la fixation sans ciment, lutte contre l'ostéoporose
induite par les implants rigides, blocage médicamenteux de la réaction cellulaire
inflammatoire (utilisation des biphosphonates, induction de la synthèse d'ostéoprotégérine
par thérapie génique).
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Le remodelage osseux et l'ostéolyse
autour des prothèses totales de hanche (PTH) constituent un sujet très discuté
dans la littérature médicale. La difficulté principale reste l'appréciation
objective dans le temps du remodelage osseux. La radiographie conventionnelle
est insuffisante pour atteindre cet objectif ; en revanche l'absorptiométrie
biphotonique à rayons X (DPX ou DEXA [dual energy X-ray absorptiometry]) s'est
révélée comme un moyen précis in vivo de mesure de la densité minérale osseuse
(DMO) autour des PTH. Ainsi plusieurs travaux ont-ils bien analysé cette réduction
plurifactorielle de la DMO périprothétique, que ce soit autour d'implants
cimentés ou non cimentés. La majorité de ces études montrent qu'il existe
une perte osseuse fémorale rapide durant les 3 à 6 premiers mois après l'implantation
d'une PTH, que cette perte peut avoisiner les 20 à 50 % selon le type d'implant
ou la méthodologie utilisée. Pour les cupules cotyloïdiennes, les études prédisent
des concentrations de stress et de contraintes au niveau de la périphérie
de l'implant avec transfert de contraintes au cortex pelvien et parallèlement
une diminution des contraintes et de la DMO au niveau du spongieux situé derrière
l'implant. Cette résorption osseuse précoce et tardive doit être contrôlée
pour améliorer les résultats de nos PTH de première intention. Ceci afin de
retarder, sinon éviter, une chirurgie de reprise dont les résultats fonctionnels
sont inférieurs à ceux des PTH de première intention, surtout quand la perte
osseuse devient extensive. Finalement, les bisphosphonates administrés aux
patient porteurs de PTH pourraient avoir un effet bénéfique in vivo en diminuant
la résorption osseuse périprothétique. Ils pourraient ainsi préserver le capital
osseux du moins durant les premières années suivant l'implantation d'une PTH.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'évaluation des résultats
des prothèses totales de hanche (PTH) a toujours été un des buts principaux
des chirurgiens orthopédistes. Cette évaluation repose essentiellement sur
des cotations cliniques chiffrées prenant en compte des paramètres plus ou
moins nombreux dont les principaux sont la douleur, la mobilité et la gêne
fonctionnelle. La surveillance radiologique est aussi importante. L'analyse
des radiographies a fait ces dernières années de nombreux progrès (numérisation,
radio-stéréo-photogrammétrie, etc.). Tous ces résultats sont colligés sur
des fiches plus ou moins informatisées permettant d'apprécier les résultats
d'une série de prothèses et de les comparer à d'autres. Des études approfondies
ont cependant montré que les résultats dépendent beaucoup de la cotation utilisée
et que la comparaison de ces résultats d'une publication à l'autre est souvent
très difficile. Il a aussi été noté que l'appréciation du résultat par le
chirurgien opérateur n'est pas toujours la même que celle du patient. Ce sont
les raisons pour lesquelles depuis plusieurs années, surtout par les équipes
anglo-saxonnes, ont été introduits les indices de qualité de vie (IQV). Ils
reposent sur les paramètres cliniques des cotations classiques, mais aussi
sur le retentissement de la pathologie concernée sur le comportement psychique,
social et environnemental du patient. Ils tiennent compte également de l'état
de satisfaction du patient par rapport à ce qu'il espérait de l'intervention
pratiquée. Si ces IQV introduisent des éléments indépendants du chirurgien,
ils demandent d'une part beaucoup de temps pour les remplir et les analyser
et d'autre part des compétences que n'ont pas souvent les chirurgiens orthopédistes.
Il semble difficile, dans les conditions actuelles d'exercice des chirurgiens,
qu'ils soient libéraux ou hospitaliers, de les généraliser. Ils sont en revanche
très utiles pour des études ponctuelles sur l'amélioration de la qualité de
vie apportée par une PTH et sur la comparaison de celle-ci à d'autres types
d'intervention dans un monde où le rapport qualité/coût est très important.
Les courbes de survie sont en fait le meilleur moyen de comparer la longévité.
Encore faut-il que le suivi des patients opérés soit correct et prolongé,
puisqu'il est admis à l'heure actuelle que plus de 90 % des patients conservent
leur prothèse à 10 ans. Cependant, ces courbes de survie n'apprécient pas
avec exactitude le résultat fonctionnel de chaque patient. Quant à l'établissement
d'un registre national, voire européen des PTH, il paraît indispensable que
les chirurgiens orthopédistes en soient les moteurs sous l'égide des sociétés
savantes nationales avant que d'autres instances en édictent les règles, qui
peuvent ne pas correspondre à notre éthique médicale.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'instabilité des prothèses
totales de hanche est une complication fréquente qui obère le résultat de
cette intervention. L'analyse de ce problème a fait l'objet de nombreuses
publications, tant sur l'étiologie que sur sa prise en charge qui reste difficile.
De survenue précoce ou tardive, elle peut être postérieure ou antérieure,
et rester unique ou récidiver. L'analyse des facteurs pouvant être incriminés
est large : notion de terrain, incidence du dessin prothétique, technique
chirurgicale y compris les suites. Ceci correspond à autant de paramètres
à étudier. L'étiologie la plus fréquente est une position relative des deux
implants, cupule et tige, qui se révèle inadaptée à l'objectif clinique. La
radiographie apporte souvent une réponse mais, dans certains cas, elle est
peu contributive en raison de la difficulté de l'analyse précise de la position
de la cupule cotyloïdienne. Suivant les cas, le traitement peut être orthopédique,
aidé d'une orthèse temporaire ; parfois il est chirurgical, entraînant la
reprise des deux éléments prothétiques ou d'un seul. Ailleurs, l'amélioration
des éléments de stabilité périarticulaire peut être la solution. Ces reprises
chirurgicales vont dégrader un peu la qualité du résultat escompté mais permettent,
le plus souvent, de résoudre le problème de la luxation ou de la subluxation.
Cependant il reste pour les luxations tardives chez les personnes âgées, des
traitements qui peuvent apparaître insuffisants malgré les développements
récents de matériels.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les complications neurologiques
après prothèse totale de hanche sont estimées entre 1 et 2 %. Dans 80 % des
cas, il s'agit d'une paralysie sciatique, dans 15 % des cas d'une paralysie
du nerf fémoral et dans 5 % des cas de paralysies mixtes. Cinquante pour cent
des paralysies sciatiques sont considérées comme idiopathiques et le plus
souvent dues à un étirement lors de la luxation de la hanche. Ces complications
apparaissent préférentiellement chez les patients avec une pathologie lombaire
ou un diabète. Pour prévenir la survenue d'une complication neurologique,
il est important de garder le genou fléchi pendant toute l'opération pour
relâcher le nerf. Ces complications neurologiques sont extrêmement dures à
supporter. Le pronostic varie avec la sévérité des signes. L'électromyogramme
doit être effectué à 1 mois, à 3 mois et tous les 6 mois. La période de récupération
pour le nerf sciatique va de 6 mois à 3 ans, de 3 à 6 mois pour le nerf fémoral.
La récupération complète n'est retrouvée que dans 40 % des cas.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Cette étude précise les conditions
qui sont nécessaires pour évaluer, avant une intervention chirurgicale, l'égalité
ou l'inégalité des membres inférieurs du patient. Elle signale les pièges
possibles qui peuvent faire que la longueur des membres inférieurs est mal
appréciée en préopératoire. L'étude précise par ailleurs les différents repères
qui peuvent être utilisés au bloc opératoire pour apprécier la longueur des
membres inférieurs pendant l'intervention chirurgicale. Enfin, elle ébauche
la conduite à tenir en cas d'inégalité postopératoire.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les complications thromboemboliques
(CTE) sont le principal facteur de morbidité après prothèse totale de hanche
(PTH). Leur méconnaissance en fait la principale cause de réhospitalisation.
Grâce à une prophylaxie anticoagulante efficace et à l'échodoppler veineux
systématique, on estime actuellement le risque de thromboses veineuses profondes
(TVP) à 12-30 %. Le tiers de ces TVP sont de siège proximal et exposent au
risque de migration. L'incidence des embolies pulmonaires (EP) est de 0,3
%. La scintigraphie pulmonaire permet d'en faire le diagnostic dans la majorité
des cas. Le traitement curatif repose sur l'héparine, dont les résultats sont
rappelés de même que les accidents auxquels elle expose. Certaines héparines
de bas poids moléculaire (HBPM) ainsi que de nouveaux antithrombotiques peuvent
être utilisés en curatif dans les TVP et de manière plus discutée dans les
EP. La prophylaxie systématique sur une grande échelle, quoique coûteuse et
discutée par certains, apparaît donc indispensable ; elle repose essentiellement
sur les HBPM, plus souples d'emploi que les antivitamines K (AVK). Les résultats
des diverses méthodes prophylactiques sont rappelés à la lumière de la littérature
la plus récente. Les traitements curatif et préventif disposeront dans un
avenir proche de nouvelles molécules, moins iatrogènes et plus efficaces.
Ces substances, caractérisées par une grande diversité d'administration, permettront
de traiter toutes les phases de la maladie thromboembolique veineuse sans
relais et en gardant le même produit.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les fractures périprothétiques
atteignent essentiellement le fémur, rarement l'acétabulum. L'augmentation
de leur fréquence concerne à la fois les fractures peropératoires ou précoces,
sujet essentiel de cette monographie, mais également les fractures tardives
du fait du nombre de prothèses implantées et du vieillissement de la population,
justifiant leur étude dans ce chapitre. La fracture fémorale lors d'une prothèse
de première intention représente une complication sérieuse et pénalisante
pour le patient. Ses conséquences fonctionnelles peuvent être réduites, voire
évitées, par la réalisation d'un traitement immédiat, pratiquement toujours
chirurgical. La fracture tardive pose à la fois le problème de la consolidation
d'un os souvent pathologique et du descellement de la tige, souvent préalable
à la fracture, sinon responsable de celle-ci.
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Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les ruptures d'implants ne
sont pas des complications très fréquentes, depuis qu'ont été prises des mesures
pour améliorer leur qualité et assurer la sécurité des malades. L'homologation
des prothèses de hanche dans un premier temps, puis l'association du marquage
CE, de la traçabilité et de la matériovigilance écartent du marché les implants
à risques et permettent la surveillance des implants en place. Les données
recueillies par l'association pour la vigilance en matière d'implants orthopédiques
et les documents de matériovigilance démontrent que des implants cassent toujours.
Les éléments les plus fragiles d'une prothèse de hanche sont le col fémoral
et la tête si elle est en céramique. Différentes statistiques de rupture des
éléments d'une prothèse de hanche sont rapportées. Les garanties de sécurité
fournies par les fabricants et par les organismes de tutelle sont analysées.
Les progrès en matière de sécurité des implants sont limités par leur prix,
mais aussi par l'innovation permanente. Le seul moyen d'améliorer les performances
de nos implants tout en gardant la possibilité d'innover est de contrôler
les nouveaux produits et d'avoir un retour d'expérience continu. Le marquage
CE et la matériovigilance, actuellement en place, peuvent nous le permettre.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
L'élargissement récent de
l'Union européenne doit nous rappeler que cette Europe est d'abord un marché
unique. C'est-à-dire que tout objet mis sur le marché en un point quelconque
de l'Union peut être mis en vente dans tous les pays membres. Cela concerne
aussi les produits médicaux et donc les prothèses articulaires. Ainsi fallait-il
établir des règles pour que la qualité des dispositifs médicaux vendus en
Europe soit conservée à un haut niveau. C'est la raison d'être des directives
européennes. Traduites en droit français, elles régissent la totalité du marché
des dispositifs médicaux sur notre territoire. Leur connaissance est essentielle
pour comprendre l'intérêt et les limites du marquage : sécurisation des produits,
mais pas de détermination de la validité médicale ; le prescripteur est responsable
du choix du dispositif en fonction de ce qu'il veut obtenir pour son patient.
Il doit donc être parfaitement au courant des revendications du fabricant.
Ce système qui repose sur la libre concurrence entre les fabricants fait du
médecin un acteur important du choix des produits et de leur survie sur le
marché. Il suppose également un système de surveillance du marché afin d'arrêter
rapidement la diffusion de produits à résultats défavorables, voire désastreux.
Dans le cadre de cette surveillance, il est essentiel de pouvoir suivre tous
les éléments concernés : c'est le but de la traçabilité. La traçabilité est
la capacité de suivre un produit au cours de sa fabrication, que ce soit à
partir des matériaux qui le constituent ou du produit fini. Il existe une
norme sur les éléments nécessaires pour que cette traçabilité soit possible.
Il reste cependant une partie du devenir d'une prothèse de hanche qu'il est
impossible de suivre sans notre participation : c'est la connaissance du patient
qui reçoit la prothèse. Or ce suivi est aussi indispensable à la validité
de nos études qu'à l'exercice de la matériovigilance indispensable à la protection
de nos patients. Il convient donc d'être très vigilants, de façon à ce que
la trace des implants que nous mettons soit facile à retrouver, même en notre
absence. Diverses solutions pour atteindre ce but sont proposées.
ISBN : 2-84299-706-9
Prothèse totale de la hanche
: les choix
Les complications médicolégales
deviennent des complications à part entière de la chirurgie orthopédique.
Les prothèses totales de hanche (PTH) dépassent 16 % des sinistres concernant
les orthopédistes. Sont traités : le sinistre, les modalités de recours contre
les praticiens, la responsabilité du praticien, les cas particuliers, l'expertise,
le retentissement des conflits sur la pratique quotidienne, la sinistralité
des PTH.
ISBN : 2-84299-706-9
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