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Conférences et enseignements

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Ligaments croisÉs du Genou

  Coordinateur(s) : Philippe Neyret - Collection : Cahiers d'enseignement de la Sofcot - Marque : Elsevier

Sommaire :

- LIGAMENT CROISÉ ANTÉRIEUR

- LIGAMENT CROISÉ POSTÉRIEUR


- LÉSIONS BICROISÉES


Anatomie et biomécanique du ligament croisé antérieur

Pages 1-7

F. DUBRANA, P. BRUNET, L. WESSELY ,

Le ligament croisé antérieur (LCA) s'insère de la face postéromédiale du condyle externe au bord médial de l'épine tibiale antérieure suivant un trajet oblique en bas, en avant et en dedans. La dispersion des fibres forme un éventail au sein duquel on peut individualiser deux faisceaux. La vascularisation du LCA n'est pas homogène et on trouve une zone intermédiaire avasculaire constituée de chondrocytes. L'innervation du LCA est plus complexe : on retiendra la présence de mécanorécepteurs à sa partie proximale, celle de terminaisons organe-like limitant le mouvement et enfin celle de corpuscules de Pacini agissant sur la tension musculaire au cours du mouvement. Lors de la flexion, les fibres les plus antérieures se tendent, la zone d'insertion fémorale s'horizontalise et la zone tibiale s'incline en avant, imprimant au ligament des forces de traction à géométrie variable en fonction du mouvement. Soumise à ces forces, la dissipation intraligamentaire de l'énergie est rendue possible grâce à la combinaison de trois caractéristiques biomécaniques du LCA : le fluage, la relaxation et l'hystérésis.

Histoire naturelle du genou après rupture du ligament croisé antérieur chez l'adulte

Pages 8-16

C. TROJANI, M. RÉMI, P. NEYRET, P. BOILEAU

Le ligament croisé antérieur (LCA) est le frein primaire à la translation tibiale antérieure. Les ruptures du LCA surviennent dans 70 à 85 % des cas lors de la pratique sportive. Les ruptures isolées représentent 70 % des cas et surviennent après des traumatismes indirects. Les triades antéro-internes représentent environ 25 % des cas et les triades antéroexternes sont rares. Les lésions méniscales et chondrales associées à la rupture du LCA surviennent plus fréquemment dans le compartiment latéral. La rupture du LCA peut engendrer une instabilité du genou que l'examen clinique recherche par le test du ressaut rotatoire, et engendre toujours une laxité antérieure pathologique, recherchée par le test de Lachman-Trillat. La rupture du LCA n'est en général pas une cause d'instabilité dans la vie courante, mais elle est responsable de l'arr~t des activités sportives. Les lésions secondaires à la rupture du LCA siègent préférentiellement au compartiment fémorotibial médial : la translation tibiale antérieure pathologique liée à la rupture du LCA engendre une subluxation antérieure répétée des plateaux tibiaux par rapport aux condyles fémoraux qui distend peu à peu les formations capsuloligamentaires, en particulier postéro-internes ; les contraintes en cisaillement sont responsables de lésions méniscales et chondrales du compartiment médial, quasi constantes après 10 ans d'évolution. C'est la laxité antérieure, par les contraintes en cisaillement qu'elle entraîne sur les cartilages, qui joue un rôle prépondérant dans la genèse de l'arthrose. Dans cette évolution naturelle, c'est la lésion puis la disparition, naturelle ou chirurgicale, du ménisque médial qui est le facteur le plus péjoratif. Cette arthrose sur laxité antérieure chronique devient invalidante après un délai de 25 à 30 ans et présente des signes radiographiques caractéristiques. L'incidence de l'arthrose semble diminuée par la reconstruction du LCA, surtout si le ménisque médial est conservé ou reconstruit dans le m~me temps. Ainsi, l'histoire naturelle du genou après rupture du LCA conduit vers l'arthrose fémorotibiale. M~me en l'absence d'instabilité, c'est l'augmentation permanente de la translation tibiale antérieure qui fait le lit de l'arthrose.

Ligament croisé antérieur : évaluation fonctionnelle et objective

Pages 17-27

L.D. BUISSON, J.-C. PANISSET  

L'évaluation fonctionnelle d'une laxité antérieure doit prendre en compte les critères de l'examen clinique mais aussi les données de la laximétrie et les données radiologiques. Seule l'utilisation de moyens de mesure permet de quantifier l'importance d'une laxité chronique ou d'une laxité résiduelle après intervention. La collecte de ces données cliniques, laximétriques et radiologiques doit ~tre comprise et utilisable par tous pour permettre de constituer une fiche d'évaluation. Mais leur diversité et leur multiplicité ne permettaient pas d'unifier le recueil des données et m~me si un certain nombre d'entre elles ont été validées statistiquement sur leur puissance d'analyse, toutes n'intégraient pas autant d'informations, certaines se contredisaient, et elles ne permettaient pas une évaluation complète comme la fiche IKDC  (International Knee Documentation Comittee) qui, depuis 1987 et ses dernières modifications en 1999, s'est imposée comme une référence internationale.

Techniques arthroscopiques de reconstruction du ligament croisé antérieur

Pages 28-41

A. FRANK

Les techniques de reconstruction arthroscopique du LCA sont aujourd'hui fiables et reproductibles. Si de nombreux principes techniques sont reconnus par la plupart des opérateurs, certaines controverses subsistent concernant le choix de la greffe, le positionnement des tunnels, la fixation et la tension de la greffe. Deux greffes sont actuellement utilisées de façon préférentielle : le tendon rotulien (TR) et les tendons ischiojambiers (droit interne demi-tendineux [DIDT]). Les méthodes de fixation et les propriétés mécaniques de chaque greffe sont sensiblement différentes mais les résultats cliniques semblent satisfaisants et comparables quelle que soit la greffe utilisée. Le positionnement des tunnels est standardisé m~me si certains préfèrent encore pratiquer le tunnel fémoral de dehors en dedans. La tension initiale optimale de la greffe n'est toujours pas parfaitement connue et reste difficile à reproduire, car elle est très dépendante de l'isométrie, m~me si tous les auteurs s'accordent pour éviter la mise en surtension du transplant. Malgré l'amélioration de nos connaissances, des techniques chirurgicales et des protocoles de rééducation, les résultats cliniques n'ont paradoxalement pas véritablement évolué depuis ces dernières années. Toutes les études affichent de bons résultats mais tous les problèmes sont encore loin d'~tre résolus. Des recherches restent nécessaires, fondamentales et cliniques, notamment pour l'appréciation du pronostic à long terme. La thérapie génique, la chirurgie assistée par ordinateur, l'utilisation de greffes à double faisceau, de meilleurs moyens de fixation et la préservation méniscale sont les axes de recherche pour le futur.

Place de la navigation dans la chirurgie du ligament croisé antérieur

Pages 42-48

J.-C. PANISSET, D. SARAGAGLIA  

Dans ce chapitre, nous avons fait un état des lieux des différents systèmes de navigation utilisés dans la chirurgie du ligament croisé antérieur. Il existe plusieurs systèmes de navigation. Le système OrthoPilot® et le système Praxim sont utilisés en pratique quotidienne. Le but de la navigation est d'aider le chirurgien à placer les tunnels tibial et fémoral en bonne position avant me^me de forer le tunnel. Ainsi le but ultime est d'obtenir une meilleure isométrie de la greffe ligamentaire et de diminuer le risque de mauvais résultats.

Préservation méniscale dans les lésions du ligament croisé antérieur

Pages 49-61

P. BEAUFILS

Dans le cadre de la rupture du ligament croisé antérieur (LCA), les résultats des méniscectomies (m~me sous arthroscopie) avec un taux significatif d'arthrose secondaire ont conduit au concept de préservation méniscale. Ce concept recouvre l'abstention de tout traitement et la réparation méniscale. La réparation méniscale est maintenant une technique acceptée. Elle s'adresse aux lésions verticales périphériques en zone rouge-rouge ou rouge-blanc. Elle peut e^tre réalisée à ciel ouvert ou sous contrôle arthroscopique avec contre-incision postérieure. Ces deux techniques ont en commun le risque de complications nerveuses. Des techniques dites «tout en dedans» ont ensuite été développées, utilisant des attaches biorésorbables, ou plus récemment des fils de suture. Ces techniques récentes, prometteuses, doivent cependant faire l'objet d'évaluations cliniques à moyen et long terme. Les résultats cliniques sont bons en termes de taux de méniscectomie secondaire à la condition de réaliser simultanément une reconstruction efficace du LCA. Le taux de cicatrisation, mesuré sur un arthroscanner postopératoire, est de 75 %, meilleur au ménisque latéral qu'au ménisque médial. L'alternative est l'abstention de tout geste méniscal. Cette option doit e^tre choisie, dans le cadre d'une ligamentoplastie, lorsque la lésion méniscale est stable. Là encore, les résultats au ménisque latéral sont meilleurs qu'au ménisque médial.

Lésions collatérales médiales et lésion du ligament croisé antérieur

Pages 62-70

C. BUSSIÈRE, E. SERVIEN, T. AÏT SI SELMI, P. NEYRET

L'atteinte ligamentaire périphérique interne est fréquemment associée à la rupture du ligament croisé antérieur (LCA). La prise en charge de cette lésion combinée reste difficile à l'heure actuelle car aucune étude ne prouve réellement la supériorité d'un traitement conservateur sur la reconstruction chirurgicale. Il est indispensable de faire un diagnostic précis à l'aide d'un examen clinique complet et de l'analyse de l'imagerie par résonance magnétique (IRM). En fonction du contexte, dont les impératifs sportifs du patient, de l'importance de la laxité interne et du caractère aigu ou chronique de la lésion, un geste chirurgical spécifique se discute, associé à la reconstruction du LCA. Diverses techniques chirurgicales sont envisageables en fonction du type et de la localisation lésionnels. La rééducation postopératoire semble primordiale afin d'éviter la raideur, principal écueil de ce geste chirurgical combiné.

Reconstructions du plan externe

Pages 71-77

E. SERVIEN, C. BUSSIÈRE, T. AÏT SI SELMI, P. NEYRET

Les lésions du ligament collatéral latéral sont rares mais demandent le plus souvent une réparation chirurgicale. Nous ne décrirons pas dans ce chapitre les techniques palliatives telles que les ténodèses ou les plasties au fascia lata, ni les plasties antéroexternes dites plasties anti-ressaut. Notre exposé est consacré à la greffe du ligament collatéral latéral, technique de choix dans la reconstruction externe ainsi qu'aux reconstructions postéroexternes. Les lésions du point d'angle postéroexterne (PAPE), de diagnostic difficile, nécessitent souvent un geste de plastie visant à contrôler l'hyperrotation externe.

Plasties extra-articulaires antéroexternes et reconstruction du ligament croisé antérieur

Pages 78-89

J.-L. LERAT, B. MOYEN, F. CLADIÈRE, I. BENAREAU, J.-L. BESSE,

Il s'avère logique de recourir à une ligamentoplastie extra-articulaire antéroexterne venant renforcer la nécessaire reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) quand la laxité antérieure est globale, soit à cause des lésions périphériques initiales, soit secondairement par distension de l'enveloppe périphérique avec une composante antéroexterne. Certaines méthodes de ligamentoplastie ont été décrites par leurs auteurs pour e^tre réalisées de façon isolée, sans reconstruction du LCA; les autres sont le plus souvent associées à la reconstruction du LCA. Le principe est de créer au niveau du compartiment externe un frein à la translation antérieure plateau tibial externe sous le condyle externe du fémur qui se produit en cas d'insuffisance du LCA. Il s'agit aussi d'aider le nouveau ligament croisé à empe^cher le ressaut antérolatéral, ce qui supprime l'instabilité ressentie par les blessés. Le but n'est pas de reconstruire un élément anatomique détruit, mais d'ajouter aux ligaments existants et déficients une ou plusieurs bandelettes stabilisatrices. De nombreuses techniques ont été développées avec des bandelettes découpées dans des tendons voisins (tractus iliotibial, biceps, tendons de la patte-d'oie). Certaines sont réalisées avec le tendon quadricipital ou avec un transplant issu du système extenseur qui reconstitue en me^me temps le LCA, comme un prolongement de celui-ci. La plastie doit e^tre la plus isométrique possible afin d'éviter une raideur précoce ou une détente secondaire. L'utilité de ces plasties est très controversée malgré l'existence de nombreuses études comparatives, dont quelques-unes sont prospectives et randomisées. À court terme, la plastie externe semble néanmoins apporter une nette tendance à la suppression du ressaut, qui semble encore plus nette avec le recul. L'indication dépend du type de laxité préopératoire mais aussi de l'activité sportive et de l'âge. Il faut savoir reconnaître la composante périphérique de la laxité antérieure et la mesurer. Cela se fait par l'examen clinique mais surtout par les radiographies dynamiques qui devraient faire partie du bilan préopératoire. La mesure de la laxité antérieure différentielle des compartiments internes et externes du genou devrait e^tre prise en compte pour décider si la plastie antéroexterne doit ou non e^tre ajoutée au LCA.

Ligament croisé antérieur : fractures et lésions chondrales

Pages 90-95

T. AÏT SI SELMI, C. BUSSIÈRE, P. NEYRET ,

L'histoire naturelle des ruptures négligées du ligament croisé antérieur (LCA) se conclut par l'apparition presque inéluctable d'une arthrose du genou chez des patients encore jeunes. Les lésions méniscales internes constituent un facteur de mauvais pronostic, de m~me sans doute que les lésions chondrales fréquemment associées. Les sutures méniscales ont amélioré l'avenir de ces patients et l'apparition de traitements des lésions chondrales devrait encore permettre d'améliorer leur pronostic.

Ostéotomies et laxité antérieure

Pages 96-103

N. BONIN, T. AÏT SI SELMI, P. NEYRET ,

Le but du traitement des laxités antérieures chroniques est avant tout la stabilisation du genou, mais aussi la prévention ou la stabilisation d'un processus arthrosique. Lorsqu'il apparaît un déséquilibre du genou en appui monopodal, une plastie isolée du ligament croisé antérieur (LCA) est souvent vouée à l'échec, voire susceptible de précipiter la survenue de l'arthrose. Il faut envisager des gestes d'ostéotomie dans le plan frontal ou sagittal, seuls capables de corriger le déséquilibre. Ces ostéotomies peuvent e^tre combinées à la ligamentoplastie. Nous discuterons les indications de l'intervention combinée et le type d'ostéotomie à privilégier avant de considérer la technique chirurgicale.

Ruptures récentes du ligament croisé antérieur: diagnostic et prise en charge

Pages 104-112

J.-P. FRANCESCHI, A. SBIHI  

La prise en charge des lésions récentes du ligament croisé antérieur (LCA) est classiquement multidisciplinaire. Le LCA est le ligament le plus fréquemment totalement rompu dans le genou. Le diagnostic peut ~tre fait avec une série de tests cliniques. Le type de traitement dépend de l'histoire naturelle du genou déficient et de la nécessité de restituer la biomécanique du ligament. Le traitement peut ~tre chirurgical ou non chirurgical en fonction du terrain et de la clinique.

Laxités antérieures chroniques

Pages 113-120

D. DEJOUR, J. BARBOSA  

Les laxités chroniques antérieures sont une entité particulière au sein des ruptures du ligament croisé antérieur (LCA). Leur définition prend en compte la notion de délai par rapport à l'accident; on peut de façon certaine dire qu'il faut au moins que les phénomènes inflammatoires de l'accident initial soient passés, ainsi une période de 2 à 6 mois après l'accident est-elle admise. La rupture du LCA conduit progressivement à des entorses à répétition puis à une distension progressive des formations périphériques. On voit parfois les lésions ligamentaires périphériques contemporaines du traumatisme entraîner une laxité antéro-interne ou antéro-externe. Il faut reconnaître et identifier également les dégradations cartilagineuses préarthrosiques. Une classification est établie afin de pouvoir proposer un programme thérapeutique soit conservateur, soit chirurgical: la décision sera multifactorielle, prenant en compte les souhaits du patient et les données anatomiques. Associés à la greffe du LCA, des gestes seront proposés avec au premier plan la plastie antéro-externe, mais d'autres gestes tels que suture méniscale, plasties interne ou externe et m~me gestes osseux à type d'ostéotomie pourront ~tre réalisés. Il faut bien connaître le cadre des laxités antérieures chroniques pour ne pas risquer de proposer une thérapeutique conduisant à un échec.

Ligament croisé antérieur : spécificité selon le sport

Pages 121-126

M. BOUSSATON, J.-F. POTEL  

Compte tenu de l'importance du sport dans notre société, les lésions se sont multipliées. Une bonne connaissance des différents sports avec les contraintes imposées au genou doit intervenir pour comprendre, prévenir et traiter les lésions du ligament croisé antérieur (LCA). L'influence du sport sur le choix thérapeutique est étudiée selon le patient, selon les lésions du genou, selon le type de ligamentoplastie à notre disposition. Les types de sport et les niveaux de pratique sont également étudiés. Seule une réflexion analysant toutes ces composantes peut permettre de prendre une décision éclairée pour chaque patient et toujours «à la carte».

Spécificité du ligament croisé antérieur selon l'âge: chez l'enfant

Pages 127-133

J.-H. JAEGER, J.-C. POULHES, C. LUTZ ,

Depuis une vingtaine d'années, les lésions intraligamentaires du ligament croisé antérieur (LCA) de l'enfant sont en augmentation, en raison de l'intensité et de la précocité des activités physiques mais également par une meilleure connaissance clinique de cette pathologie. Ces lésions évoluent défavorablement car il n'existe pas de potentiel de cicatrisation du LCA. Le traitement fonctionnel n'est plus acceptable, car les échecs sont trop nombreux. Les techniques de ligamentoplastie apparaissent comme le traitement de choix mais doivent respecter les me^mes impératifs d'isométrie et de résistance que chez l'adulte. Le passage d'un transplant au travers des plaques de croissance fertiles expose au risque d'épiphysiodèse. Les ligamentoplasties respectant les cartilages de croissance semblent préférables chez l'enfant, dont le potentiel de croissance du genou est important. Les résultats fonctionnel et radiologique sont encourageants, mais demandent à ~tre confirmés à plus long terme par des séries plus importantes et homogènes.

Reconstruction du ligament croisé antérieur après 40 ans

Pages 134-142

P. LANDREAU, T. GREGORY  

L'attitude thérapeutique face à une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) chez le patient d'âge mûr reste controversée. L'opinion courante est de réserver sa reconstruction chirurgicale aux sujets jeunes. Cependant, la revue de la littérature permet de constater que les résultats des ligamentoplasties chez le patient de plus de 40 ans sont globalement bons. L'âge n'est pas le seul élément guidant la thérapeutique. L'indication de la ligamentoplastie dépend non seulement de l'âge, mais également du niveau d'activité sportive, des lésions associées - en particulier cartilagineuses - et de la motivation du patient.

Résultats et complications après reconstruction du ligament croisé antérieur

Pages 143-160

C. HULET, G. BURDIN, B. LOCKER, C. VIELPEAU

La reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) a permis de procurer aux patients un genou stable subjectivement et objectivement dans plus de 80 % des cas. De nombreux paramètres interviennent dans la qualité du résultat: le type de greffe, la plastie externe associée, l'âge, la préservation du capital méniscal, les gestes osseux associés, la rééducation. Le contrôle de la laxité par la reconstruction du croisé antérieur est obtenu dans 75 % à 80 % des cas, mais le gain sur la laxité est moins bon que le gain fonctionnel. À plus de 10 ans, les résultats objectifs, subjectifs et sur la laxité sont satisfaisants. Une arthrose ou une préarthrose est présente dans 30 % des cas. La présence de l'arthrose est étroitement liée à la préservation du capital méniscal (7 % à 10 % si le capital méniscal est préservé contre 24 % à 45 % en cas de méniscectomie interne). Les «reruptures» ne sont pas plus fréquentes que les ruptures controlatérales. Les complications peropératoires ne sont pas rares et doivent ~tre prévenues par une technique maîtrisée. Dans les suites, les limitations de la mobilité sont nettement moins importantes que dans les séries anciennes, grâce à une rééducation qui encourage très précocement la récupération des amplitudes articulaires. La morbidité du site de prélèvement est associée au type de greffe utilisée, mais les douleurs antérieures sont présentes quelle que soit la greffe. Notre technique chirurgicale ne permet pas encore de corriger l'intégralité de la laxité. De nombreux paramètres macroscopiques et microscopiques (proprioception, mécanoréception) du LCA ne sont pas restitués par notre geste chirurgical arthroscopique.

Conduite à tenir après un échec de reconstruction du ligament croisé antérieur

Pages 161-173

M. BONNIN, P. CHAMBAT  

La prise en charge d'une rupture itérative après reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) est difficile et pose de nombreux problèmes techniques. La stratégie chirurgicale doit ~tre établie à l'issue d'un bilan complet qui permet de prévoir les difficultés chirurgicales et d'identifier l'éventuelle anomalie ayant conduit à l'échec, particulièrement s'il s'agit d'un mauvais positionnement des tunnels ou d'une laxité périphérique négligée lors de la première intervention. Plusieurs types de greffon peuvent ~tre utilisés pour la reprise: tendon rotulien controlatéral, tendon rotulien homolatéral, tendons du droit interne et du demi-tendineux (DIDT) ou tendon quadricipital. La difficulté essentielle est liée au positionnement des tunnels déjà présents. S'ils sont en position correcte, ils peuvent ~tre réutilisés. S'ils sont décalés de plus de 10 mm de la position idéale, de nouveau tunnels doivent ~tre réalisés, permettant l'utilisation de tous types de greffon. S'ils sont décalés de moins de 10 mm, ils doivent ~tre agrandis mais le greffon doit ~tre orienté de manière à positionner la portion ligamentaire du greffon en situation isométrique. Si cela est impossible ou s'il existe une ballonisation importante des tunnels, une chirurgie en deux temps peut ~tre préférable, avec d'abord greffe osseuse de comblement des tunnels puis reconstruction ligamentaire. Une laxité ligamentaire périphérique associée doit ~tre traitée dans le m~me temps avec reconstruction ligamentaire et/ou ostéotomie tibiale de valgisation en cas de laxité externe et reconstruction utilisant le demi-tendineux ou le tendon quadricipital en cas de laxité interne.

Anatomie et biomécanique du ligament croisé postérieur et des ligaments méniscofémoraux (complexe ligamentaire postérieur)

Pages 174-178

B. SONNERY-COTTET, P. CHAMBAT  

Le complexe ligamentaire postérieur composé du ligament croisé postérieur (LCP) et des ligaments méniscofémoraux (LMF) forme avec le ligament croisé antérieur (LCA) le pivot central. La connaissance de son anatomie est importante, notamment son insertion fémorale, qui est triplane et étendue. Cela détermine une non-isométrie de la plupart de ses fibres. La complexité du système est encore augmentée par l'existence des LMF inconstants. Mécaniquement, son rôle essentiel est le contrôle du recul postérieur du tibia genou fléchi entre 60˚ et 90˚. Dans ces amplitudes, le LCP absorbe 70 % des contraintes et les LMF 30 %. Entre 0˚ et 30˚ de flexion, le LCP, avec sa portion postéromédiale, n'absorbe que 30 % des contraintes, le reste étant contrôlé par les formations postérolatérales. La synergie avec les structures périphériques est confirmée par les sections ligamentaires. Si à une section du LCP on ajoute une section des structures postérolatérales, on observe une augmentation de la rotation externe et du recul tibial. Si à une section du LCP on ajoute une section du ligament latéral interne (LLI), on observe une augmentation du tiroir postérieur en flexion. Une meilleure connaissance de ces différents paramètres doit nous permettre de progresser dans la reconstruction de ce ligament.

Histoire naturelle du genou après rupture du ligament croisé postérieur

Pages 179-182

J. LEMOINE, V. CHASSAING  

La rupture du ligament croisé postérieur (LCP) est assez bien tolérée, permettant le plus souvent la reprise d'une activité sportive. En effet, l'apparition d'une véritable instabilité est rare. La durée de la période de latence est variable selon les auteurs, mais il apparaît progressivement des lésions cartilagineuses. Elles sont surtout fémorotibiales médiales (condyle médial) et patellaires. Elles évoluent vers l'arthrose, particulièrement en cas de lésions méniscales associées. La connaissance de l'histoire naturelle des ruptures du LCP est importante dans les choix thérapeutiques.

Techniques de reconstruction du ligament croisé postérieur

Pages 183-193

R. BADET, O. SIEGRIST  

De nombreuses options techniques sont possibles dans la chirurgie réparatrice du ligament croisé postérieur (LCP). Les techniques de reconstruction à un faisceau doivent reconstruire le contingent antéroexterne et sont réservées aux laxités postérieures isolées; l'association à une lésion périphérique impose de reconstruire en plus le faisceau postéro-interne. Cette reconstruction ligamentaire qui repose sur des données anatomiques et biomécaniques complexes est difficile. Elle peut ~tre faite sous contrôle arthroscopique, par arthrotomie, avec ou sans abord direct de la surface rétrospinale, par des voies d'abord extensives ou mini-invasives. Elle peut utiliser des greffes différentes avec des possibilités de fixation multiples. Les auteurs détaillent ces points techniques dont dépend le résultat en y intégrant les données actuelles.

Ruptures récentes du ligament croisé postérieur: diagnostic et indications thérapeutiques

Pages 194-201

D. SARAGAGLIA

Les ruptures du ligament croisé postérieur (LCP) sont relativement rares en pratique sportive, si bien que le diagnostic est parfois méconnu en urgence. Le mécanisme lésionnel habituel est représenté par le choc direct sur la tubérosité tibiale antérieure (TTA) genou fléchi à 90˚. Le tiroir postérieur qui se manifeste par un avalement de la TTA est le signe essentiel permettant de faire le diagnostic de rupture du LCP. L'imagerie radiologique est capitale pour confirmer le diagnostic, quantifier la laxité et préciser la présence d'éventuelles fractures associées. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) a une place de plus en plus importante pour confirmer le diagnostic, faire le bilan des lésions associées et surveiller la cicatrisation du LCP si l'on s'oriente vers un traitement orthopédique. On distingue les ruptures «isolées» du LCP et les ruptures associées des formations périphériques, qu'il s'agisse de lésions postérolatérales (laxités postéro-postérolatérales) ou de lésions postéromédiales (laxités postéro-postéromédiales). Des tests cliniques spécifiques doivent permettre avec l'aide de l'IRM de poser un diagnostic lésionnel précis conduisant à une indication thérapeutique adaptée. Si l'indication opératoire est admise par tous en cas de lésion périphérique associée (notamment dans les laxités postéro-postérolatérales), l'indication pour les ruptures isolées est beaucoup plus discutée. Si les résultats fonctionnels de certains traitements orthopédiques sont habituellement bons, il n'en est pas de m~me des résultats anatomiques où l'on voit très souvent persister un tiroir postérieur non négligeable. Le traitement orthopédique par immobilisation genou en extension a été très peu évalué. Celui-ci mérite, à notre sens, beaucoup plus d'attention, car il doit permettre dans un certain nombre de cas d'obtenir et un bon résultat anatomique, et un bon résultat fonctionnel.

Laxités postérieures chroniques: diagnostic et indications

Pages 202-215

P. DJIAN, P. CHRISTEL  

L'atteinte du ligament croisé postérieur (LCP) du genou est souvent associée à des atteintes multiligamentaires. Les patients, ayant une atteinte chronique, ont une évolution initialement bonne qui peut secondairement se dégrader à moyen terme. Des symptômes comme une douleur fémoropatellaire et/ou fémorotibiale médiale et/ou une instabilité, notamment dans les escaliers, peuvent éveiller l'attention. Il n'y a actuellement aucun consensus dans la littérature concernant le traitement de ces laxités postérieures. La compréhension des laxités postérieures nécessite de connaître les mécanismes de rupture du LCP, les tests cliniques ainsi que l'évaluation radiographique. Ce chapitre fait le point sur l'épidémiologie, l'examen clinique, la classification des lésions chroniques du LCP ainsi que les voies de traitement.

Diagnostic et classification des lésions bicroisées du genou

Pages 216-226

F. RONGIÉRAS, G. VERSIER  

Les lésions bicroisées constituent les lésions ligamentaires les plus graves dans les traumatismes du genou car elles impliquent la perte complète de la stabilité antéropostérieure du genou. Les formations périphériques du genou sont également lésées, ajoutant à la laxité sagittale une perte de stabilité frontale. Ces lésions bicroisées comportent les pentades et les luxations. La fréquence de ces lésions, souvent secondaires à un accident violent, reste heureusement rare. La connaissance des mécanismes de survenue permet de rechercher l'existence de complications graves (vasculaires et nerveuses) menaçant la survie du membre au-delà du seul pronostic fonctionnel lié aux lésions ligamentaires. Le diagnostic des lésions ligamentaires repose sur l'examen clinique et sur l'IRM. En dehors des situations d'urgence liées à une ouverture cutanée ou une atteinte vasculaire, la prise en charge des lésions ligamentaires est réalisée de façon réfléchie et différée. La restauration de l'ensemble des formations ligamentaires lésées est réalisée selon une stratégie opératoire préétablie.

Complications vasculonerveuses dans les lésions bicroisées du genou

Pages 227-231

E. MASMEJEAN, M. VERCOUTERE, H. CHAVANE, W. ZRIBI, B. AUGEREAU-VACHER,

Les lésions vasculonerveuses qui accompagnent les lésions bicroisées et les luxations du genou sont importantes à connaître car relativement fréquentes. Dans le cadre des lésions artérielles, l'ischémie du membre inférieur est la véritable urgence chirurgicale. Il ne faut pas se satisfaire d'une simple réapparition des pouls après réduction et stabilisation. Une artériographie doit ~tre demandée au moindre doute, notamment à la recherche de lésions intimales. Cette artériographie est systématique après toute luxation. En cas de rupture artérielle, la réparation chirurgicale s'impose en urgence. Si les complications veineuses de type thrombophlébitique sont fréquentes, elles sont exceptionnellement source de handicap séquellaire. Les complications nerveuses, essentiellement représentées par une atteinte du nerf fibulaire commun (nerf sciatique poplité externe), sont particulièrement graves et de pronostic sévère, souvent médiocre en comparaison avec la chirurgie nerveuse d'autres nerfs périphériques. Le diagnostic est rarement fait en urgence et ces patients sont souvent adressés secondairement. L'imagerie par résonance magnétique (IRM) du nerf sciatique doit appartenir au bilan préopératoire, pour évaluer la perte de substance nerveuse et les éventuelles séquelles musculaires d'un syndrome de loges. La greffe nerveuse est la technique de choix. Mais la réalisation d'emblée, en cas de steppage, d'un transfert palliatif de réanimation de la flexion dorsale du pied chez un patient âgé et/ou chez un patient présentant des lésions nerveuses trop étendues (supérieur à 120 mm) peut ~tre justifiée. L'aspect médicolégal doit ~tre évoqué dans cette pathologie où le risque d'amputation reste élevé. Les procès sont en règle dus à un retard diagnostique et thérapeutique. Cet aspect accroît encore la justification de l'artériographie dans les cas douteux. Une connaissance exacte des lésions anatomopathologiques est essentielle à la prise en charge logique et efficace de ces complications immédiates.

Luxations du genou et pentades : principes thérapeutiques

Pages 232-242

T. AÏT SI SELMI, P. NEYRET  

Les luxations du genou sont rares et de pronostic réservé. Le diagnostic d'une lésion vasculaire associée reste une priorité. La difficulté du traitement réside dans la correction durable de la translation tibiale postérieure et des laxités latérales externes. Le traitement chirurgical est la meilleure option, entre la première et la troisième semaine. Les greffes et les réinsertions donnent de meilleurs résultats que les sutures ligamentaires. Le traitement conservateur trouve ses indications en l'absence de complication aiguë, chez les patients âgés ou peu sportifs. L'évolution arthrogène est importante du fait des lésions ostéochondrales et méniscales associées. Au stade chronique, les ostéotomies doivent toujours ~tre considérées, avec ou sans reconstruction ligamentaire associée.

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