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Conférences et enseignements

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ConfÉrences d'enseignement 2004

  Coordinateur(s) : Jacques Duparc

Sommaire :


Arthrodèses intersomatiques lombosacrées par cages

De la page  1 à 17 - Auteur : C. MAZEL     - Année : 2004 -

Le recours à une ou plusieurs cages pour réaliser une arthrodèse lombaire ou lombosacrée est une technique déjà ancienne. Il n’en reste pas moins difficile de déterminer l’apport réel de cet implant par rapport aux autres techniques. Le but de cette conférence d’enseignement est de faire le point à partir des données disponibles dans la littérature ainsi qu’à partir d’un certain nombre d’éléments relevant plus d’une expérience personnelle. Une première partie de l’étude permet de décrire en détail les trois grands groupes de cages cylindriques filetées – annulaires, quadrangulaires ou trapézoïdales –, d’évaluer leurs avantages et leurs inconvénients. Dans une deuxième partie, les principales techniques d’implantation sont décrites et analysées. Elles ont toutes leurs complications et leurs spécificités. Dans une troisième partie, une tentative d’analyse des séries publiées dans la littérature est faite. Les résultats sont parfois très discordants voire totalement opposés. Il faut cependant e^tre prudent dans leur analyse, car les facteurs pris en compte dans la réalisation des arthrodèses par cages sont très nombreux. Nous retiendrons le type de cages, la voie d’abord utilisée, le matériau, sans oublier la pathologie traitée. L’âge et l’existence d’une ostéoporose associée ne devront pas non plus e^tre négligés. Outre les résultats fonctionnels, nous étudierons l’influence des cages sur la restitution de la lordose lombaire et les difficultés liées à l’évaluation de la consolidation osseuse. Un dernier point évaluera les difficultés liées au traitement des complications infectieuses. Avant de conclure, nous ferons le point sur la diffusion et les habitudes actuelles en Europe. Sur une étude multicentrique de 875 cas, 23,4 % des patients ont bénéficié d’une cage intersomatique. Une deuxième série multicentrique de la Société suédoise d’étude du rachis lombaire nous rappellera que l’augmentation de la morbidité est liée à l’accumulation et à l’addition des temps opératoires. La mise en place d’une cage intersomatique, notamment dans le cadre des montages à 360 , constituant une telle étape supplémentaire. Ainsi, dans tous les cas, la stratégie opératoire doit e^tre déterminée après avoir évalué le ratio bénéfice/risque. En conclusion, il est possible d’identifier les techniques qui peuvent e^tre recommandées, opposées aux techniques qui ont été abandonnées. Les cages isolées mises par voie antérieure ou postérieure (stand alone cage) sont presque complètement abandonnées. L’arthrectomie complète associée à une Plif est abandonnée par opposition aux arthrectomies partielles qui sont possibles et dans la réalisation de l’arthrodèse intersomatique foraminale (Tlif). Les abords c∑lioscopiques purs sont abandonnés au profit de la chirurgie minimale invasive pour les abords antérieurs. La restitution de la hauteur discale ainsi que de la lordose paraît réelle et milite en faveur des cages. La fixation transpédiculaire est recommandée lors de la réalisation d’une Plif ou d’une Tlif ou lors d’abord avec fixation des colonnes antérieures et postérieures (360 ). -

Conférences d'enseignement 2004

Voies d’abord de la hanche pour arthroplastie prothétique de première intention - De la page  19 à 47 - Auteur : F. DUPARC     - Année : 2004 -

Le choix d’une voie d’abord de la hanche pour l’implantation d’une prothèse totale de première intention est le plus souvent dicté par les habitudes acquises au cours de la formation reçue par le chirurgien orthopédiste. Idéalement, tout opérateur amené à réaliser une arthroplastie prothétique de hanche devrait ˜tre capable d’utiliser toutes les voies en fonction des paramètres anatomiques propres. La définition du cahier des charges d’une voie d’abord de l’articulation coxofémorale fait la liste des exigences attendues, et associe les impératifs de qualité de l’exposition acétabulaire et de l’accès facile au canal centromédullaire du fémur avec l’objectif d’une iatrogénicité nulle. L’anatomie des structures qui entourent l’articulation autorise des axes de progression plan par plan jusqu’à l’articulation qui traverseront nécessairement le plan du fascia, le plan des muscles ou leurs insertions, et le plan capsulaire. L’accès à la hanche peut ˜tre antérieur, antérolatéral, latéral, postérolatéral ou postérieur. Seule la voie antérieure ne nécessite pas de section musculaire ou tendineuse, en cheminant entre sartorius et tenseur du fascia lata. La voie antérolatérale passe dans le plan situé entre le tenseur du fascia lata et le moyen fessier. Les voies latérales sont transglutéales, et vont traverser les muscles moyen et petit fessiers, principaux abducteurs de la hanche et stabilisateurs latéraux du bassin lors de l’appui monopodal. Les voies postérolatérales vont contourner le bord postérieur du moyen fessier, par ostéotomie trochantérienne ou par section des tendons des muscles pelvitrochantériens. L’abord strictement postérieur concerne la chirurgie du cotyle, plutôt que l’arthroplastie de première intention. Le développement récent des techniques dites « mini-invasives » justifie d’inclure ces possibilités dans la liste des moyens proposés au chirurgien qui veut implanter une prothèse de hanche. L’installation de l’opéré, le tracé de l’incision cutanée, la progression plan par plan et la technique de réparation en fin d’intervention sont exposés pour chaque voie d’abord de la hanche. -

Chacune comporte ses risques propres vis-à-vis de l’appareil abducteur de la hanche, des éléments nerveux et vasculaires proches, des structures osseuses éventuellement concernées, et expose donc à des risques variables de séquelles fonctionnelles ou d’instabilité prothétique. Une confrontation synoptique est proposée. -

Conférences d'enseignement 2004

Chirurgie de l’épaule rhumatoïde - De la page  49 à 65 - Auteur : R.H. COFIELD     - Année : 2004 -

Le traitement chirurgical d’une arthrite rhumatoïde de l’épaule nécessite une bonne connaissance de l’état général du patient, une évaluation exacte de l’ensemble des articulations, une analyse précise de toutes les structures de l’épaule et des articulations sous-jacentes. De plus, il faut évaluer l’évolution de la maladie qui est typiquement lente, mais inéluctable. Le traitement médical avec l’introduction de nouveaux agents thérapeutiques a certes pu diminuer les indications chirurgicales, mais en fait de manière peu importante. Les séries récentes ont montré que la synovectomie arthroscopique peut améliorer la douleur dans un grand nombre de cas ; de me^me, la chirurgie de la coiffe des rotateurs est couronnée de succès chez environ deux tiers des patients. La survenue d’une fracture de l’humérus proximal est toujours redoutable car il est difficile de maintenir une fixation interne stable efficace et une pseudarthrose peut en résulter. L’arthroplastie de l’épaule apporte une amélioration de la douleur dans environ 90 % des cas, avec un secteur de mobilité approximativement moitié moindre que la normale. Le taux de révision est inférieur à 5 %. La discussion porte sur la modalité de l’arthroplastie. Un nombre important de publications étudie le rôle du remplacement de la te^te humérale par simple prothèse humérale versus la prothèse totale d’épaule. Les arthroplasties à cupule et les prothèses inversées sont des techniques intéressantes, mais relativement récentes et en cours d’évaluation. La chirurgie doit e^tre minutieuse pour écarter au maximum le risque infectieux vital chez ces patients. Les adaptations techniques de l’acte chirurgical ont diminué ou éliminé de nombreuses complications avec une amélioration du résultat fonctionnel. -

Conférences d'enseignement 2004

Tumeurs de la main - De la page  67 à 83 - Auteur : M. EBELIN     - Année : 2004 -

En grande majorité bénignes, les tumeurs de la main sont d’une grande variété histologique. L’examen clinique et un bilan radiographique simple suffisent dans les cas les plus courants à proposer l’indication opératoire. Les lésions cutanées ou unguéales, régulièrement prises en charge en dermatologie, ne sont pas envisagées dans cet article centré sur les tumeurs des parties molles et osseuses les plus habituelles : néoformations synoviales (kyste synovial très fréquent, tumeur à cellules géantes des gaines ou kyste mucoïde), kyste épidermique, lipome, histiocytofibrome, tumeurs nerveuses (schwannome, neurofibrome, fibrolipome du nerf médian ou pseudo-kyste mucoïde intraneural), tumeur glomique, tumeur desmoïde et sarcome épithélioïde. Parmi les tumeurs osseuses, les tumeurs cartilagineuses (enchondrome solitaire, chondrome périosté ou juxtacortical, chondromes multiples, exostose ostéogénique ou ostéochondrome et chondrosarcome) sont présentées avant d’envisager l’ostéome ostéoïde, la tumeur osseuse à cellules géantes, le kyste anévrismal et le sarcome ostéogénique. Enfin, le pronostic très péjoratif d’une métastase osseuse ou développée dans les parties molles de la main est souligné. -

Conférences d'enseignement 2004

Infection des fractures de jambe - De la page  85 à 104 - Auteur : P. PIRIOU     - Année : 2004 -

L’infection d’une fracture de jambe est une complication redoutée en traumatologie. Elle peut survenir en cas de fracture ouverte comme en cas de fracture fermée, avec une fréquence bien moindre cependant (dix fois moins). Traiter une fracture de jambe ne se limite pas à choisir une technique d’ostéosynthèse. Les principes de l’antibioprophylaxie et les bonnes pratiques en matière de préparation de l’opéré doivent ˜tre parallèlement mis en place. Dans le cas des fractures ouvertes, il est impératif de connaître et de maîtriser une classification, non seulement pour comparer les études cliniques de la littérature, mais surtout pour établir un pronostic en termes d’infection et, plus généralement, de résultats. La classification de Gustilo-Anderson est la plus utilisée dans le monde alors que celle de Cauchoix et Duparc est la plus utilisée en France. L’examen clinique  des lésions des parties molles en urgence puis au bloc opératoire est crucial car il conditionne le pronostic. Le traitement des parties molles requiert des compétences en chirurgie plastique, et l’antibiothérapie nécessite fréquemment la collaboration du microbiologiste dans la prise en charge des fractures infectées. La stabilisation du foyer est obtenue de plus en plus fréquemment par ostéosynthèse interne (enclouage), au détriment de la fixation externe. L’idée reçue prônant que l’enclouage est plus sûr dans les types I et II, alors que la fixation externe est indiquée dans les stades III, semble devoir ˜tre remise en question par les procédés modernes de couverture. Le traitement des fractures de jambe a évolué ces 20 dernières années. Si le risque infectieux est toujours d’actualité, les progrès de l’antibiothérapie, la préparation de l’opéré ainsi que le respect et la réparation des parties molles nous ont donné une plus grande latitude dans les indications d’ostéosynthèse interne. En cas d’infection postopératoire avérée, les données actuelles de la littérature incitent à entreprendre des programmes thérapeutiques privilégiant d’emblée une large excision chirurgicale, aux dépens de la consolidation de première intention. C’est une attitude qui doit tout au moins ˜tre entreprise dès la 3e semaine postopératoire. Le respect et la maîtrise des protocoles d’antibiothérapie dans l’infection osseuse en sont le corollaire indispensable. -

Conférences d'enseignement 2004

Fractures articulaires du calcanéus - De la page  105 à 127 - Auteur : P. CRONIER     - Année : 2004 - Après quelques notions indispensables d’anatomie chirurgicale du calcanéus, comme l’angle crucial de Gissane, l’auteur évoque le rôle du calcanéus dans la mécanique du pied, expliquant les perturbations engendrées par les altérations de sa forme ou de ses articulations. À propos de l’imagerie, il insiste sur l’intére^t de l’incidence de Brodén et de la tomodensitométrie (TDM), indispensables. Sont ensuite évoquées les principales classifications, notamment celles de Duparc, d’Utheza et la nouvelle classification AO, avec leur intér˜t thérapeutique. Puis sont présentés les principes du traitement : relèvement thalamique, synthèse articulaire, puis soutien du massif articulaire reconstitué. L’auteur préconise l’utilisation d’une plaque précourbée latérale, dont les vis convergent vers le point d’ancrage solide que constitue le sustentaculum tali. Sont ensuite décrits très minutieusement chacun des détails techniques permettant de transformer le plus souvent cette chirurgie complexe en une intervention réglée. Un à un sont analysés tous les problèmes qui peuvent se poser, leur cause et les solutions possibles. La voie d’abord latérale élargie, avec ses artifices techniques, permet de ne plus dévasculariser la peau et d’obtenir un jour optimal pour réduire le thalamus sous contrôle de la vue. Le contrôle peropératoire à l’amplificateur de brillance reste indispensable, notamment en incidence de Brodén, seule incidence permettant de déceler de minimes marches d’escalier. Puis sont abordés brièvement les principales complications et les résultats (résultats fonctionnels : 75,9 % bons et très bons dans la série de l’auteur), puis les indications. À part les fractures non déplacées, qui sont traitées par méthode fonctionnelle, l’ostéosynthèse est préconisée dans tous les autres cas. Les exceptionnelles fractures-luxations sans tassement sont simplement vissées. Pour les autres, la plaque est nécessaire et, pour les fracas comminutifs, la plaque verrouillée de l’AO est irremplaçable. -

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Entorse de cheville - De la page  129 à 141 - Auteur : D. FRITSCHY     - Année : 2004 -

L’entorse de cheville demeure un problème de santé publique par sa fréquence, les ennuis qu’elle engendre et les coûts qu’elle représente. La difficulté de poser un diagnostic de gravité lors de la première consultation reste au centre des préoccupations. L’entorse grave avec déchirure ligamentaire doit e^tre reconnue pour e^tre correctement traitée. Dans ce cas de figure, l’évolution est en général favorable. Une entorse de cheville dont la gravité n’aura pas été reconnue laissera certainement des séquelles. Celles-ci nécessiteront un traitement par la suite. La prise en charge initiale de l’entorse est donc une étape cruciale. Le traitement fonctionnel, avec attelle amovible, donne d’excellents résultats quand ses modalités sont suivies attentivement. L’instruction du patient lors de la mise en place de l’attelle est importante et le suivi également. Si ces lignes directrices ne sont pas respectées, la qualité des résultats s’en ressent. Le traitement chirurgical donne aussi de très bons résultats, probablement parce qu’il impose une discipline plus grande. Mais il est réservé aux entorses graves de patients exigeants sur le plan sportif. L’immobilisation rigide n’est plus, actuellement, le traitement de choix, mais on peut y avoir recours dans un premier temps pour faire régresser une tuméfaction trop importante avant de choisir le traitement définitif. -

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Laxités postérolatérales du genou - De la page  143 à 157 - Auteur : P. CHRISTEL     - Année : 2004 -

Les laxités postérolatérales du genou constituent une entité à part entière et font l’objet depuis quelques années d’une attention toute particulière. Les structures capsulo-ligamentaires postérolatérales, ligament collatéral latéral, complexe poplité, complexe arqué, coque condylienne externe ont une anatomie et une biomécanique complexe. Elles sont rarement rompues isolément mais, le plus souvent, sont associées à une lésion du pivot central. La méconnaissance de leur atteinte aboutit toujours à un échec de la reconstruction du pivot central. Ce chapitre décrit l’anatomie et le rôle biomécanique des structures postérolatérales, leur sémiologie et leur gestion chirurgicale dans le cadre des lésions aiguës et chroniques. De nombreuses techniques chirurgicales ont été décrites, la tendance actuelle étant d’utiliser des reconstructions anatomiques des différentes structures concernées. L’utilisation de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), surtout au stade aigu, est nécessaire à la précision diagnostique et à l’élaboration de la stratégie chirurgicale. L’existence d’une laxité postérolatérale chronique sur morphotype en genu varum oblige toujours à recourir à une ostéotomie tibiale de valgisation, préalable indispensable à la reconstruction ligamentaire. Ces laxités, négligées, ont un mauvais pronostic et posent à la fois le problème de leur reconnaissance et de leur traitement chirurgical. -

Conférences d'enseignement 2004

Traitement des séquelles du pied bot varus équin invétéré ou tardif (après l’âge de 3 ans) - De la page  159 à 173 - Auteur : J.M. LAVILLE     - Année : 2004 -

Après l’âge de 3 ans, la présentation du pied bot varus équin est très différente de celle du nouveau-né. Il peut s’agir d’un pied vierge de tout traitement, dit invétéré, d’un pied présentant des déformations résiduelles après traitement, ou d’un pied ayant récidivé dans tous les plans. Le thérapeute devra connaître les matériaux utilisables que sont les trois noeuds fibreux fixant les déformations, les trois anomalies musculaires entretenant le déséquilibre du pied et les trois secteurs du pied où se situent les déformations osseuses. Il devra dresser un état des lieux en analysant cliniquement et radiologiquement chacune des déformations. Il devra connaître toute la palette des techniques chirurgicales utiles à la correction envisagée : les gestes sur les parties molles (choix des voies d’abord et techniques plastiques de couverture, libérations des noeuds fibreux, libérations plantaires, capsulotomies et transferts musculaires) ; les gestes osseux complémentaires (ostéotomies métatarsiennes, tarsiennes ou calcanéennes) ; les gestes permettant de corriger toutes les déformations du pied (double ou triple arthrodèse, interventions de sauvetage dont l’avenir reste incertain ; et corrections non invasives des déformations historiques par fixateurs externes quand aucune autre technique n’est raisonnablement envisageable). Il faudra alors faire des choix stratégiques en corrigeant successivement chaque déformation. La libération des parties molles pourra ainsi e^tre proposée très tardivement et sera fréquemment associée à un raccourcissement du bord latéral du pied. Les ostéotomies métatarsiennes seront souvent associées à un transfert du muscle tibialis anterior ; les tarsectomies pourront corriger certains cavus ; et les ostéotomies calcanéennes, certains varus ou valgus. Les résultats obtenus par ces traitements sont d’autant moins bons que l’âge du patient est avancé et que les déformations sont sévères. Dans les corrections progressives par appareil d’Ilizarov, on ne peut viser que l’obtention d’un pied plantigrade et peu fonctionnel. -

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Épaule de l’enfant - De la page  175 à 197 - Auteur : P. JOURNEAU     - Année : 2004 -

La pathologie de l’épaule de l’enfant regroupe des étiologies variées au sein de catégories d’âge différentes. Une première distinction peut donc ˜tre faite qui consiste à étudier les pathologies en fonction de l’âge. La deuxième concerne la structure anatomique spécifique de l’enfant, qui est le cartilage de croissance, et dont la particularité au niveau de l’épaule est d’e^tre responsable de près de 80 % de la croissance totale du segment brachial. C’est dire si toute lésion définitive, me^me partielle, de ces zones de croissance est susceptible d’entraîner des séquelles qu’il conviendra ensuite de traiter. Chez le nouveau-né, les étiologies infectieuses et traumatiques dominent, génératrices de tableaux cliniques parfois similaires et, de ce fait, trompeurs. La principale difficulté est à ce moment-là d’ordre diagnostique, et tout retard est préjudiciable car source de séquelles parfois irréversibles quand il s’agit d’une infection. Les malformations de la région scapulaire sont relativement rares, et assez peu parlantes cliniquement chez le tout- petit, raison pour laquelle elles sont évoquées plus tardivement. À l’inverse, chez le grand enfant, les causes infectieuses posent peu de problèmes diagnostiques ; toutefois, l’atteinte peut léser les structures de croissance ou l’articulation elle-m˜me. Ainsi, trois situations distinctes peuvent se présenter : -

- une séquelle ostéoarticulaire d'une pathologie ancienne quelle qu'en soit l'origine, responsable d'une g~ne fonctionnelle, pour laquelle l'enfant et sa famille sont demandeurs d'une correction chirurgicale. Ce peut ~tre une raideur ou une inégalité de longueur par exemple ; -

- une pathologie récente, de type traumatique ou équivalente, lésion de sollicitation excessive, instabilité glénohumérale, qui mérite une évaluation soigneuse avant de proposer un traitement ; -

- une lésion tumorale, dont les circonstances de découverte sont souvent très variables, et qui pose deux types de problèmes : il faut faire le diagnostic le plus rapidement possible, et cela impose de toujours l'évoquer malgré sa rareté, et ensuite envisager les possibilités de reconstruction de cette articulation scapulaire en vue d'une fonction de qualité. Il faut de plus tenir compte du potentiel de croissance à chaque âge donné. -

Il est donc difficile de proposer une démarche diagnostique stéréotypée, et encore moins un modèle de prise en charge systématique. En revanche, la région scapulaire possède quelques spécificités, anatomiques, fonctionnelles et lésionnelles, qui se déclinent selon l’âge de l’enfant, ce dont il faut tenir compte pour sa prise en charge. -

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Diagnostic anténatal en orthopédie - De la page  199 à 207 - Auteur : D. PILLIARD     - Année : 2004 -

L’équipe de l’Institut national de réadaptation et rééducation de Saint-Maurice s’occupe depuis 1969 de la prise en charge d’enfants malformés et, depuis 1989, est sollicitée par les experts et les centres multidisciplinaires de diagnostic prénatal lorsqu’une anomalie des membres est découverte au cours de la grossesse. Plus de 300 consultations ont été réalisées à ce jour. Le rôle de notre équipe est d’informer les parents sur la malformation, sur les possibilités de prise en charge, sur la qualité de vie possible de l’enfant à naître, pour leur permettre d’avoir le temps de la réflexion. Ce temps les aidera dans leur cheminement qui interviendra dans le processus décisionnel d’interruption de grossesse. L’orthopédiste pédiatre se trouve ainsi confronté à une situation nouvelle pour lui au coeur de problèmes philosophiques, éthiques et de société. -

Conférences d'enseignement 2004

Entorses du genou de l’enfant et de l’adolescent - De la page  209 à 240 - Auteur : F. CHOTEL     - Année : 2004 -

Les entorses du genou de l’enfant ont vu leur épidémiologie se modifier en deux décennies. La proportion des accidents sportifs est devenue considérable. L’immaturité de l’enfant lui confère un statut particulier ; celle-ci n’est pas seulement squelettique, mais également ménisco-capsulo-ligamentaire. La présence d’un socle osseux moins résistant que le ligament lui-me^me explique l’épidémiologie et la fréquence des avulsions osseuses du jeune enfant. L’existence d’une fracture décollement épiphysaire n’exclut pas la possibilité de lésions ligamentaires associées. L’épidémiologie des entorses du genou de l’adolescent rejoint celle de l’adulte. La fréquence et l’apparente bénignité des atteintes périphériques ne doivent pas faire oublier certains pièges ni faire sous-estimer la possibilité de lésions associées. L’hémarthrose post-traumatique témoigne de lésions articulaires graves, mais a des causes beaucoup plus variées que chez l’adulte ; l’âge et le sexe sont des éléments d’orientation. L’imagerie par résonance magnétique prend une place plus importante dans l’expertise de ces lésions et s’est substituée progressivement à l’arthroscopie exploratrice. La fracture de l’éminence intercondylienne antérieure représente environ la moitié des lésions du ligament croisé antérieur (LCA) de l’enfant mais concerne les plus jeunes. Les thérapeutiques actuelles permettent un bon pronostic fonctionnel. Cependant, la distension intraligamentaire survenant avant ou au moment de l’arrachement osseux expliquerait la laxité résiduelle souvent observée après réduction anatomique de telles fractures-avulsions. Le traitement chirurgical de toutes les lésions déplacées vise à retendre le LCA. Les lésions en plein corps du LCA sur squelette immature ont longtemps été considérées comme rares, mais leur prévalence augmente régulièrement. Les lésions méniscales contemporaines de l’accident sont observées comme chez l’adulte dans près d’un cas sur deux. Elles ont un fort potentiel de cicatrisation et prédominent sur le compartiment latéral ; la règle est l’abstention ou la suture méniscale, y compris en zone avasculaire, car elle donne d’excellents résultats. Les sutures primaires du LCA et les plasties extra-articulaires isolées doivent e^tre abandonnées. Le traitement conservateur, avec ou sans orthèse de protection, conduit régulièrement à de nouveaux accidents d’instabilité ; il devient alors synonyme d’évolution naturelle. En effet, l’enfant est un sportif au quotidien, il est non observant et nie les dérobements qui précèdent le plus souvent l’apparition de lésions méniscales médiales et chondrales secondaires ; une évolution dégénérative précoce est à craindre. Malgré ces constatations, un traitement conservateur d’attente bien conduit accompagnera l’adolescent presque mature à l’âge de la reconstruction standard. D’autres situations conduiront à discuter une reconstruction intra-articulaire du LCA sur cartilage ouvert. Les principales techniques chirurgicales sont présentées ; elles sont multiples, et doivent tendre vers l’isométrie et l’anatomie. Aucune n’est réellement anodine et l’immense majorité des troubles de croissance est liée à des fautes techniques qui engagent la responsabilité du chirurgien. Le savoir-faire des chirurgiens orthopédistes adultes et les connaissances des chirurgiens pédiatres doivent s’unir pour améliorer ces techniques, ainsi que leurs méthodes d’évaluation. -

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Équilibre sagittal du rachis - De la page  241 à 269 - Auteur : J.L. TASSIN     - Année : 2004 -

La mesure des angles de lordose lombaire, de cyphose thoracique et de la pente sacrée constitue l’approche la plus ancienne de l’équilibre sagittal du rachis. Ces angles sont très différents d’un individu normal à l’autre et la constatation d’une valeur « dans les fourchettes de la normale » ne permet pas de conclure. C’est l’harmonie entre les courbures qui caractérise la normalité. Elle se traduit par l’existence de corrélations statistiques très puissantes entre pente sacrée et lordose, moins puissantes entre lordose et cyphose exprimées simplement sur des abaques permettant de connaître pour chaque valeur de pente sacrée les valeurs idéales de lordose et de cyphose. Fait essentiel, il existe également une corrélation très puissante entre un angle constant, propre à chaque individu, décrivant l’anatomie du bassin : l’incidence pelvienne et la pente sacrée. Ainsi, l’analyse morphologique de l’équilibre sagittal du rachis apparaît très avancée puisque la mesure du paramètre anatomique incidence pelvienne permet d’approcher pour chaque individu les valeurs idéales de chaque courbure sagittale. À l’inverse, l’analyse mécanique faisant intervenir les forces de gravité reste difficile et est principalement affaire de laboratoire. Deux catégories d’informations sont utilisées. Les premières sont tirées de la mise en concordance des données morphologiques radiologiques et de la localisation sur une plate-forme de force de la verticale abaissée du centre de gravité du corps entier. Les secondes utilisent les résultats de la détermination précise du centre de gravité de chaque tranche corporelle chez une série de sujets témoins, grâce à un scanner à rayons gamma. Bien que l’analyse mécanique ne soit pas parvenue à l’échelon individuel, les résultats obtenus à l’état normal et pathologique apportent un éclairage nouveau particulièrement prometteur. En pathologie, les progrès dans la connaissance de l’équilibre sagittal du tronc ont d’abord bénéficié à l’étude des résultats et surtout, des échecs de la chirurgie des grandes déformations rachidiennes. Le poids de ces facteurs est maintenant reconnu dans l’analyse des lésions apparemment plus segmentaires du rachis lombaire dégénératif. Certains morphotypes à risque ont été mis en évidence dans les spondylolisthésis isthmiques ou dégénératifs. Bien que ce chapitre de la physiologie reste difficile, il mérite quelques heures de travail car il porte de grands espoirs de progrès dans la compréhension et le traitement des pathologies rachidiennes, mais aussi de hanche et probablement de l’ensemble de l’appareil musculosquelettique. -

Conférences d'enseignement 2004

Protéines inductrices de l’os - De la page  271 à 291 - Auteur : P. CHIRON     - Année : 2004 -

Dans le cadre de la grande famille des facteurs de croissance TGF b, des protéines qui ont une action plus spécifique sur l’ostéogenèse, les bone morphogenetic proteins (BMP), ont été isolées. L’identification de ces protéines permet de mieux comprendre le processus de la formation de l’os depuis l’activation de cellules progénitrices jusqu’à la formation de la trame calcique ; il est aujourd’hui possible de les produire par génie génétique. Le produit obtenu est actif, pur, concentré, à dose stable, stérile, facile d’emploi et peut ˜tre conservé 1 an à température ambiante. Ces protéines recombinantes ont permis de multiplier les expériences animales dans les années 1990 ; ces expériences ont montré que les résultats sont dose-dépendants, que le type de support et le temps de relargage sont très importants, que le délai de consolidation d’une fracture est raccourci, que le taux de succès de comblement d’une perte de substance osseuse se rapproche de celui des autogreffes spongieuses, que ces protéines peuvent ˜tre utilisées de manière injectable par voie percutanée et qu’elles n’ont que des effets secondaires mineurs sans risque, notamment cancérigène. Deux protéines recombinantes, BMP-2 et 7, sont actuellement commercialisées par deux sociétés différentes. Les autorisations de mise sur le marché, aux États-Unis et en Europe, ont pu ˜tre obtenues grâce à des études multicentriques randomisées chez l’homme dont l’analyse permet de mieux évaluer l’efficacité réelle et les indications de ce type de produit. Les principales études ont porté sur les fractures ouvertes de jambes enclouées, les pseudarthroses des os longs, les arthrodèses rachidiennes. Des études ont également été faites sur les ostéonécroses de la t˜te fémorale et l’épaississement des sinus maxillaires sans qu’elles permettent d’obtenir d’autorisations officielles. Il semble que, chez l’homme, l’efficacité soit moins évidente que lors des expériences animales mais qu’il devrait exister de bonnes indications de l’utilisation curative et préventive de ces protéines inductrices si celles-ci ne sont pas limitées par un prix trop élevé. -

Conférences d'enseignement 2004

Ostéolyse périprothétique - De la page  293 à 310 - Auteur : M. HAMADOUCHE     - Année : 2004 -

Depuis les premières observations d’ostéolyse périprothétique, de nombreux progrès ont été réalisés dans la compréhension des mécanismes responsables des pertes de substance osseuse autour des implants prothétiques. Il est actuellement admis que la cause principale de l’ostéolyse est liée à une réponse cellulaire aux particules d’usure, issues notamment des surfaces frottantes et des produits de tribocorrosion. De nombreux travaux réalisés à partir de tissus périprothétiques explantés, des études sur cultures cellulaires, et des études sur modèle animal ont permis d’apprécier la complexité des interactions cellulaires et des médiateurs intercellulaires concernés par ce processus. Ces études ont permis de mettre en évidence le rôle clé des macrophages dont l’activation par les particules d’usure est à l’origine de la production de nombreux facteurs solubles ou cytokines qui vont agir sur les ostéoclastes et les ostéoblastes. Par ailleurs, il semble que la voie terminale de la différenciation ostéoclastique (ostéoclastogenèse) est liée à l’interaction entre un ligand transmembranaire, appelé receptor activator of nuclear factor kB ligand (RANKL), exprimé à la surface des ostéoblastes et des cellules souches stromales de la moelle osseuse, et un récepteur transmembranaire, appelé receptor activator of nuclear factor kB (RANK), exprimé à la surface des cellules progénitrices des ostéoclastes et des ostéoclastes matures. Les particules d’usure sont responsables d’une augmentation de la production de précurseurs des ostéoclastes et de l’expression de RANKL, à l’origine d’une augmentation de la résorption osseuse ostéoclastique. L’un des buts de ces différents travaux de recherche fondamentale est la mise au point de traitements médicaux de l’ostéolyse périprothétique. Dans ce cadre, les biphosphonates, les anti-TNF a et les inhibiteurs de l’interaction RANK/RANKL ont fourni des résultats encourageants sur différents modèles d’ostéolyse induite par des particules. Cependant, des essais cliniques seront nécessaires avant de pouvoir envisager ces méthodes thérapeutiques en pratique clinique courante. Dans tous les cas, la surveillance radioclinique régulière de tout patient porteur d’une arthroplastie est indispensable pour pouvoir proposer une réintervention avant que les dégâts osseux ne soient majeurs. -

Conférences d'enseignement 2004

Lombalgie et radiculalgie par dégénérescence discale - De la page  311 à 320 - Auteur : M. BENOIST     - Année : 2004 -

Un lien direct entre dégénérescence discale et radiculalgie a été solidement établi par la découverte de la hernie discale. Des travaux récents ont montré que la douleur radiculaire était due non seulement à la compression mécanique de la racine, mais aussi à la neuropathie inflammatoire secondaire à l’action irritante et neurotoxique de substances inflammatoires contenues dans le fragment discal dégénéré hernié. Les mécanismes de la lombalgie d’origine discale ont aussi été précisés. Des fibres nerveuses nociceptives ont été constatées dans l’annulus et le nucleus des disques dégénérés douloureux. Les nocicepteurs intradiscaux peuvent e^tre sensibilisés par les médiateurs de l’inflammation (neuropeptides, prostaglandines) et par les cytokines neurotoxiques. Le seuil de réponse abaissé des terminaisons libres les rend plus sensibles aux stimulations physiques secondaires à l’incompétence mécanique du disque dégénéré. La meilleure connaissance des mécanismes de la douleur a ouvert de nouvelles perspectives thérapeutiques. Le traitement biologique de la sciatique aiguë par les anti-TNF est en cours d’étude. La suppression de la source nociceptive est le rationnel du traitement de la lombalgie chronique par l’arthrodèse ou la prothèse discale. Le rationnel de l’Idet (intradiscal electrothermal therapy) est fondé sur l’idée que la chaleur est capable de coaguler les nocicepteurs et de stabiliser le disque. Les résultats cliniques de ce procédé demeurent incertains. In fine, la dégénérescence discale et ses complications sont liées à une dégénérescence discale reposant sur l’administration de molécules thérapeutiques délivrées directement aux cellules discales. Leur action conduirait à une augmentation de la production cellulaire des protéines matricielles. De très nombreux travaux expérimentaux de « réparation discale » par thérapie génique et injection intradiscale de cellules souches sont en cours. -

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