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Conférences et enseignements

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Reprises de prothÈses totales du genou

  Coordinateur(s) : Philippe Burdin, Denis Huten - Collection : Cahiers d'enseignement de la Sofcot - Marque : Elsevier

Sommaire :


Bilan préalable à la prise en charge d'une prothèse du genou compliquée

Pages 1-4

P. Burdin, J. Brilhault  

La prise en charge d'une prothèse de genou compliquée doit être précédée d'un bilan complet dont le but est triple : reconnaître la nature exacte de la complication ; préciser le mécanisme exact de sa survenue (le plus souvent, quand la complication survient précocement, il s'agit d'une erreur de technique, dont la correction sera seule garante d'un résultat satisfaisant) ; évaluer les difficultés susceptibles de survenir lors d'une éventuelle réintervention, pour les prévenir et disposer du matériel nécessaire. Ce bilan comporte : un examen clinique complet, où la reconstitution de l'histoire du genou et de sa prothèse et l'interrogatoire tiennent une grande place, et un examen radiologique de base. La synthèse des deux permet le plus souvent de déterminer la nature de l'échec et d'évoquer une ou des hypothèses quant à son mécanisme. Des examens complémentaires seront alors souvent nécessaires pour confirmer ce mécanisme, dont la compréhension est indispen-sable pour une reprise adaptée. Les reprises des prothèses du genou qui sont restées douloureuses, et dont le bilan n'a pas permis d'expliquer la persistance des douleurs, conduisent habituellement à un échec et ne doivent être envisagées qu'avec une extrême prudence.

Voies d'abord et ablation des composants dans les reprises de prothèse totale du genou

Pages 5-9

C. Vielpeau

On doit, pendant ce temps préalable au changement d'une prothèse de genou, avoir constamment à l'esprit les risques de nécrose cutanée, d'aggravation des lésions osseuses, et de rupture ou d'avulsion de l'appareil extenseur. L'incision, lors de la reprise, doit être choisie en fonction de l'état cutané, des incisions existantes et du siège de l'arthrotomie choisie pour la reprise (interne ou externe). On reprend toujours une incision médiane. On reprend une incision parapatellaire si elle est située du côté où l'on projette de faire l'arthrotomie. En cas d'incision cutanée située du côté opposé à celui où l'on projette de faire l'arthrotomie, il faut faire une incision parapatellaire du côté choisi pour l'arthrotomie, en la réalisant le plus à distance possible de la précédente. Quand il existe plusieurs incisions cutanées, il est préférable de reprendre la plus externe. Dans les cas les plus risqués (incisions multiples, peau adhérente aux plans profonds), un temps préalable de chirurgie plastique peut être nécessaire. L'ablation des composants ne doit être entreprise que lorsqu'une exposition suffisante du genou a été obtenue. Pour éverser la rotule en toute sécurité et fléchir suffisamment le genou, il faut toujours effectuer une synovectomie antérieure complète, commencer par l'ablation du polyéthylène tibial et parfois réaliser une ostéotomie tubérositaire ou un rectus snip. Le composant fémoral est ensuite enlevé puis l'embase tibiale. Certains artifices permettent de limiter le risque d'aggravation des lésions osseuses (scie de Gigli pour le fémur, ostéotomes superposés pour le tibia).

Pertes de substance osseuse

Pages 10-16

P. Burdin, J. Brilhault  

Il existe fréquemment une destruction osseuse en cas d'échec de prothèse totale du genou. Elle est habituellement qualifiée de perte de substance osseuse (PSO). Au cours d'une reprise de prothèse totale, cette perte de substance osseuse doit être traitée pour : restaurer un support solide pour la nouvelle prothèse ; restaurer un axe méca-nique normal du membre inférieur ; rétablir un interligne articulaire de hauteur normale ; assurer une tension normale de l'enveloppe capsuloligamentaire dans toutes les positions. Pour évaluer les résultats des différentes techniques de traitement des PSO et déterminer des indications thérapeutiques, plusieurs classifications ont été proposées. En raison de leurs imperfections, nous avons proposé, lors du symposium de la Sofcot 2000 sur les reprises des prothèses totales du genou, une nouvelle classification dont le but était de faire la synthèse des classifications préexistantes, en nous inspirant largement des principes de la classification de Engh. Les principes généraux sont les suivants : les PSO tibiales et fémorales sont évaluées séparément ; les PSO sont évaluées après ablation de la prothèse et après recoupes « de propreté ». Il y a trois grades de PSO au niveau du tibia. Chaque grade est suivi d'un index qui indique si la zone d'appui est médiale, latérale ou bilatérale. L'état de la surface osseuse, qui va supporter la nouvelle prothèse, est défini par un « score de surface » qui résulte d'une addition de points. Pour un même grade, la classification quantifie l'importance (la profondeur) d'une éventuelle PSO segmentaire par un « index de profondeur ». Ainsi, le code pour le tibia se présente de la manière suivante : grade (index de côté) score de surface (index de profondeur). Le grade fémoral est exactement le même que celui du tibia, mais il est possible d'indiquer l'existence d'une PSO segmentaire des condyles postérieurs en attribuant au fémur un « score condylien postérieur ». Ainsi, le code pour le fémur se présente de la manière suivante : grade (index de côté) score de surface (index de profondeur) (index condylien postérieur). Cette classification, qui suffit à décrire toutes les situations, paraît complexe de prime abord. En fait, avec un peu d'expérience, la seule lecture du code permet de se représenter la situation à laquelle le chirurgien a été confronté. Selon les buts d'une étude, elle peut être simplifiée à la carte, en éliminant certains paramètres ou en faisant des regroupements, de manière à obtenir des groupes cohérents vis-à-vis du problème étudié.

Technique des changements de prothèse totale du genou : étapes et stratégies

Pages 17-30

T. Aït Si Selmi, J. Chouteau, P. Neyret ,

Le changement d'une prothèse totale du genou est une entreprise difficile. L'analyse de la cause d'échec est un élément important à prendre en considération pour ne pas répéter deux fois la même erreur. Il faut insister sur l'importance du planning qui doit suivre une check-list reprenant point par point les éléments cliniques et radiographiques. Le but de l'intervention est de restaurer un genou stable, réaligné et mobile. La réalisation pratique peut répondre à plusieurs stratégies. Le recours à des trous de mèche précédent l'ablation des implants est une méthode fiable pour restaurer l'interligne. La reconstruction des extrémités osseuses ou « équilibrage osseux », en prenant comme référence le tibia, nous paraît être le meilleur postulat de départ. L'espace fémoral postérieur, puis l'espace fémoral distal sont alors restaurés successivement. Cependant, l'ascension de l'interligne est parfois rendu nécessaire pour équilibrer certains genoux raides. Une prothèse à glissement, postérostabilisée, munie d'extensions modulaires, permet de répondre à la plupart des situations. Toutefois, l'existence d'une laxité asymétrique doit conduire à utiliser un implant de contrainte supérieure.

Réglage de la rotation de l'implant fémoral au cours des reprises de prothèse totale du genou

Pages 31-35

C. Vielpeau, P. Burdin  

Le positionnement en rotation du composant fémoral influence la cinématique des deux compartiments (fémorotibial et fémoropatellaire) d'une prothèse du genou, l'importance des contraintes qu'elle supporte et la stabilité en flexion du genou. Lors des changements de prothèse, les repères osseux qui servent habituellement de guide sont en règle altérés. L'utilisation de l'enveloppe ligamentaire pour guider la reconstruction fémorale en flexion apparaît alors séduisante. Mais elle peut être également altérée, ce qu'il faut savoir reconnaître sous peine de commettre de graves erreurs. Cette altération conduit alors à utiliser le seul repère osseux restant, l'axe biépicondylien. La maîtrise des deux techniques apparaît donc comme indispensable.

Choix de la contrainte dans les reprises d'arthroplastie totale du genou

Pages 36-50

D. Huten

La contrainte est la limitation d'un ou de plusieurs des degrés de liberté d'une prothèse par le dessin de ses pièces, des mouvements de varus/valgus et de rotation au genou. Elle pallie ainsi l'insuffisance de l'enveloppe capsuloligamentaire, mais sollicite fortement les pièces prothétiques et leurs ancrages. Il existe une graduation de la contrainte des prothèses de genou, de la prothèse à conservation des deux ligaments croisés aux prothèses à charnière rotatoire ou fixe en passant par les prothèses conservant le ligament croisé postérieur et les prothèses postérostabilisées standard (PS) ou contraintes (PSC). Il faut opposer les laxités dues à la détente d'une enveloppe capsuloligamentaire intacte, qui sont le fait des malpositions et migrations prothétiques aux laxités dues à l'altération de cette enveloppe, qui sont le fait de libérations extensives des parties molles dans la concavité d'une désaxation et éventuellement d'une distension des parties molles de sa convexité. Les premières nécessitent une reconstruction prothétique exacte et une contrainte pro-thétique standard. Une contrainte élevée (PSC ou charnière) ne se discute qu'en cas de lésion ligamentaire importante. L'analyse de la série de la Sofcot 2000 a montré que la tendance, au cours des changements de prothèse, est d'utiliser une contrainte plus importante que celle de la prothèse reprise (68,7 % des cas). Les étapes du changement permettant de choisir la plus faible contrainte possible sont étudiées. Une reconstruction épiphysaire exacte est un préalable indispensable au choix de la contrainte. Une prothèse PS est le plus souvent suffisante. Les prothèses PSC peuvent contrôler une laxité en flexion modérée. Les charnières ne sont indiquées qu'en l'absence de plan collatéral, surtout médial ou d'importante inégalité des espaces en flexion et en extension. Il est parfois possible de reprendre une prothèse charnière à l'aide d'une prothèse PS ou PSC. Les prothèses PSC et charnières procurent avant tout une meilleure stabilité frontale, au prix d'un taux de complications plus élevé que celui des prothèses PS pour les prothèses charnières et peut-être pour les prothèses PS. Ces constatations incitent à choisir la plus faible contrainte possible.

Restitution de l'interligne articulaire au cours des changements de prothèse totale du genou : du concept à la réalisation

Pages 51-61

G. Deschamps, L. Jacquot  

Le maintien ou le rétablissement de la hauteur de l'interligne articulaire est l'un des objectifs d'un changement de prothèse du genou. La hauteur de l'interligne dépend : de la qualité de la reconstruction prothétique, incluant la position et la taille des pièces et la reconstruction des pertes de substance osseuse ; d'une éventuelle laxité ligamentaire qui nécessite un « calage » qui retentit sur la hauteur de l'interligne mais surtout sur la hauteur de la rotule, la tension de l'appareil d'extension et la longueur du membre inférieur. L'erreur de reconstruction la plus fréquente est d'appuyer la pièce fémorale sur ce qui reste d'os et de retendre les ligaments à l'aide d'un plateau tibial épais. Mais la principale difficulté est de pallier une laxité ligamentaire. Un plateau tibial épais est une mauvaise solution. Un positionnement plus distal de la pièce fémorale a le mérite d'éloigner l'interligne articulaire de la rotule, mais il ne règle pas le problème de la tension ligamentaire en flexion. Lorsqu'un plateau tibial de plus de 15 mm est nécessaire pour rétablir une tension ligamentaire satisfaisante, une prothèse à charnière rotatoire doit être envisagée. Son avantage est de pallier la laxité sans abaisser la rotule ni mettre en tension le quadriceps. Pour cette raison, elle ne doit comporter en aucun cas des plateaux tibiaux épais. Des repères radiographiques préopératoires permettent de juger la hauteur de l'interligne articulaire par rapport à l'interligne originel. Des repères anatomiques permettent de maintenir ou de rétablir sa hauteur au cours de la reprise. Le changement d'une prothèse comporte trois étapes (reconstitution de la plate-forme tibiale, détermination de la taille et de l'orientation du composant fémoral à 90˚ de flexion, détermination de la hauteur de la pièce fémorale en extension). Si au terme de ces trois étapes et en l'absence d'erreur de reconstruction, un plateau tibial de plus de 15 mm s'avère nécessaire, une prothèse à charnière rotatoire doit être considérée. Le recours à cette contrainte n'étant pas toujours prévisible, il faut pouvoir en disposer au cours de tout changement de prothèse.

Pertes de substance osseuse au cours des reprises d'arthroplastie totale du genou

Pages 62-83

D. HUTEN

Il existe fréquemment une perte de substance osseuse (PSO) au cours des reprises de prothèse totale du genou. Elle reconnaît diverses origines : la destruction osseuse initiale, les résections osseuses de la prothèse reprise, l'usure osseuse par les pièces descellées, l'ostéolyse due à la réaction macrophagique aux particules d'usure, parfois une fracture périprothétique, une infection, des difficultés d'extraction des pièces. Il s'y ajoute une raréfaction osseuse épiphysaire plus ou moins marquée qui favorise les fractures et complique les reprises. La PSO intéresse le plus souvent la région épiphyso-métaphysaire. Elle est régulièrement sous-estimée sur les radiographies préopératoires. Il existe plusieurs classifications. Toutes distinguent les pertes de substance contenues, qui respectent le rebord osseux périphérique, de celles qui ne sont pas contenues et qui l'interrompent. Cette perte de substance osseuse est modifiée par les recoupes osseuses qui la minimisent ou même la suppriment mais résèquent en même temps de l'os sain. Il paraît plus logique d'apprécier la PSO une fois les recoupes effectuées, car c'est l'état du support osseux sur lequel repose la nouvelle prothèse qui compte. La reconstruction des PSO a pour but de procurer le meilleur support possible à la nouvelle prothèse, de rétablir une tension ligamentaire satisfaisante, parfois de corriger une malposition et, si possible, de rétablir la hauteur de l'interligne articulaire et, avec elle, une hauteur rotulienne normale. Il existe plusieurs techniques de reconstruction, selon l'importance et le siège de la perte de substance osseuse : le ciment, les prothèses modulaires ou sur mesure et les allogreffes, morcelées ou structurales. La reconstruction à l'aide de ciment armé ou non par des vis est la technique la plus ancienne. Elle a le mérite de la simplicité, mais elle est très imparfaite sur le plan mécanique et ne peut s'adresser, en pratique, qu'à des PSO de très petite taille. Les cales sont apparues avec la modularité des prothèses de reprise. Elles sont le plus souvent métalliques. Il en existe différentes formes, triangulaires ou quadrangulaires, et différentes tailles. Une instrumentation spécifique facilite leur mise en place. Elles sont indiquées dans les PSO non contenues de taille modérée où elles ont donné jusqu'à maintenant des résultats satisfaisants. Elles ont supplanté les prothèses sur mesure. La reconstruction à l'aide de greffes osseuses a le mérite de rétablir le stock osseux et de faciliter une éventuelle nouvelle reprise. Elle paraît donc surtout indiquée chez les sujets jeunes et actifs. Seules les allogreffes sont disponibles en quantité suffisante. Les greffes morcelées impactées, combinées à une fixation avec ou sans ciment, ont le mérite d'être réhabitées. Les PSO cavitaires sont leur meilleure indication. Les greffons massifs permettent de faire face aux PSO cavitaires et segmentaires les plus graves. Ils sont plus solides et consolident avec l'os receveur, mais ils ne sont pas réhabités et semblent être menacés de complications mécaniques (fractures secondaires, résorption, effondrement, etc.). Toutes ces techniques ont supplanté les prothèses pour résection tumorale qui ne sont plus indiquées que chez des patients âgés à l'espoir de survie limité.

Reconstructions massives par allogreffe osseuse au cours des reprises de prothèse totale de genou avec destruction squelettique importante

Pages 84-91

M. MATHIEU

La reconstruction des pertes de substance osseuse massives à l'aide d'allogreffes laisse espérer la restitution du capital osseux. Il existe différentes techniques de reconstruction selon le type de perte de substance, segmentaire, cavitaire ou mixte. Les greffons peuvent être des têtes fémorales de banque cryoconservées ou des segments osseux massifs (fémur inférieur ou tibia supérieur) cryoconservés ou irradiés. La technique dépend du type de perte de substance osseuse. L'encastrement procure une grande surface de contact entre les greffons et l'os receveur. Une prothèse postérostabilisée contrainte est en règle suffisante. Elle doit être munie de tiges qui sont cimentées. Il n'existe pas de preuve de la consolidation et de la réhabitation des greffons. Les greffons massifs irradiés sont menacés de fracture et de résorption. Notre préférence va aux greffons cryoconservés dont les propriétés mécaniques sont meilleures que celles des greffons irradiés.

Reprises de prothèse totale du genou avec reconstruction par allogreffe osseuse

Pages 92-102

P.C.G. HUBACH

Dans la chirurgie de reprise des échecs de prothèse du genou avec perte de substance osseuse (PSO), une greffe osseuse est indispensable à l'obtention d'un bon résultat. Une technique de reconstruction osseuse à l'aide de têtes fémorales de banque est présentée. Une technique soigneuse, un système de prothèse totale du genou modulaire complet, une instrumentation adaptée et l'expérience chirurgicale conditionnent l'issue de la reprise. Une stabilité primaire suffisante des pièces prothétiques et une bonne stabilité fémorotibiale sont déterminantes. Une bonne stabilité de la pièce tibiale suppose le respect d'au moins 65 % de la circonférence de l'épiphyse du patient, une tige d'extension dépassant la tubérosité tibiale et une greffe osseuse fermement impactée. Du côté fémoral, l'intégrité d'un des deux condyles, une tige d'extension et une greffe osseuse autour de la tige assurent une stabilité suffisante. Les pertes de substance osseuse contenue doivent être transformées en pertes de substance contenues, de préférence à l'aide de l'os du patient et/ou d'une allogreffe osseuse. En respectant soigneusement la technique décrite, on parvient presque toujours à reconstruire les pertes de substance osseuse (PSO), avec des résultats satisfaisants, de sorte qu'il est très rare de recourir à l'arthrodèse. Le remodelage de la greffe osseuse impactée est visible sur les radiographies successives, sans migration des pièces. Dans une série de 122 cas, quatre descellements tibiaux ont compliqué l'évolution et ont nécessité une reprise.

Tiges dans les reprises de prothèses totales de genou

Pages 103-109

J.N. ARGENSON, X. FLECHER  

Des tiges, pour la plupart modulaires, peuvent être indiquées au cours d'une reprise de prothèse totale du genou pour améliorer la fixation des pièces, compromise par une perte de substance et la fragilité osseuses ou fortement sollicitée par l'utilisation d'une prothèse contrainte, postérostabilisée contrainte ou à charnière rotatoire. Certains chirurgiens les utilisent systématiquement à chaque reprise. Il est reconnu, en effet, que les reconstructions des pertes de substance osseuse, à l'aide de cales ou de greffes osseuses, doivent être protégées par une tige qui augmente la stabilité prothétique et s'oppose au descellement. L'utilisation de ces tiges, bien que très fréquente (dans trois quarts des cas environ), est encore controversée. Elles introduisent une nouvelle interface, avec des risques de faillite mécanique ou de libération de particules d'usure, entraînent une déviation des contraintes et parfois des douleurs à leur extrémité. Leur longueur est discutée. La déviation de contraintes augmente avec la longueur de la tige, mais une longueur minimale est nécessaire pour assurer une stabilité suffisante. Des tiges décalées peuvent être nécessaires pour autoriser un centrage des pièces satisfaisant. Il n'existe pas de supériorité prouvée d'un mode de fixation sur l'autre, avec ou sans ciment, ou hybride. Le ciment améliore la qualité de la fixation, mais augmente la déviation de contraintes et expose à des réinterventions difficiles. Il semble surtout indiqué en cas de fragilité osseuse. De nouvelles études sont nécessaires pour préciser les indications et les modalités de la fixation à l'aide de tiges des prothèses de reprise.

Rotule au cours des changements de prothèse totale du genou

Pages 110-115

J. CATON, P. REYNAUD, Z. MERABET ,

Lors du changement d'une prothèse du genou, le chirurgien se trouve confronté à différentes situations au niveau de la rotule : absence de médaillon rotulien, médaillon non descellé ou descellé. Quelle est le meilleur choix ? Pour essayer de répondre à cette question, nous avons étudié les problèmes rotuliens posés par les 310 changements de prothèse totale du genou de la série du Symposium de la Sofcot 2000. L'étude des résultats de cette série et l'analyse de la littérature nous permettent d'apporter une réponse aux différentes questions posées. Les résultats sont meilleurs si l'on peut resurfacer la rotule et/ou maintenir ou restaurer son capital osseux.

Complications des prothèses totales de genou liées à l'appareil extenseur : diagnostic, traitement chirurgical

Pages 116-128

P. BEAUFILS

La pathologie fémoropatellaire après arthroplastie totale de genou reste l'un des motifs majeurs d'échec ou de complication (15 à 20 % des cas), venant après le descellement, mais avant l'instabilité ou la raideur. Trois tableaux cliniques dominent cette pathologie : l'instabilité en rapport avec une luxation ou une subluxation rotulienne, les douleurs antérieures sur rotule non resurfacée, sur conflit latéral ou sur descellement, les ruptures de l'appareil extenseur par fracture rotulienne ou rupture tendineuse. Devons-nous systématiquement réviser les trois composants prothétiques ou pouvons-nous résoudre ces complications par traitement chirurgical conservateur ? Quel bilan d'imagerie proposer ? Quels résultats après cette chirurgie difficile ? L'instabilité est caractérisée par une bascule rotulienne et un glissement latéral de la rotule (subluxation, voire luxation). Les deux causes majeures sont une malposition de différents composants, en particulier fémoral et tibial en rotation, et une dysplasie fémoropatellaire préalable qui n'a pas été prise en compte dans la planification. Pour apprécier une malposition en rotation, un scanner est indispensable et la prise en charge chirurgicale dépend de la mise en évidence d'une éventuelle malrotation. S'il n'y a pas d'anomalie rotationnelle, il n'est pas nécessaire de changer les composants prothétiques : un transfert médial de la tubérosité tibiale associé à une plastie des muscles médiaux et une section de l'aileron latéral sont la procédure de choix. S'il existe un trouble rotationnel des implants, un changement de la ou des pièces en position vicieuse est nécessaire. La douleur antérieure peut être observée en cas de non-resurfaçage de la rotule - l'implantation secondaire d'un implant rotulien est habituellement proposée et donne de bons résultats - ou en cas de resurfaçage de la rotule mais sans aspect de descellement : le diagnostic évoqué est habituellement celui de conflit latéral entre la partie latérale de la rotule osseuse non recouverte par l'implant et la trochlée prothétique. Une patellectomie latérale marginale peut être proposée avec des résultats très inconstants, mettant en doute la réalité de ce syndrome. En cas de descellement rotulien, ce dernier peut être traité, selon l'état de la rotule osseuse par réimplantation ou ablation simple de l'implant. Il faut cependant s'assurer auparavant que ce descellement n'est pas le témoin évident d'un descellement tripolaire qui imposerait un changement complet. Les ruptures de l'appareil extenseur sont de traitement difficile et décevant. Chaque fois que la fonction d'extension est conservée, il faut probablement préférer un traitement fonctionnel. Une fracture de la rotule relève plus souvent d'une ablation de l'implant et d'une patelloplastie ou d'une patellectomie que d'une ostéosynthèse rarement possible. Les ruptures tendineuses nécessitent des plasties de reconstruction. En conclusion, les complications fémoropatellaires des arthroplasties totales de genou se caractérisent par leur fréquence. Leur traitement chirurgical (conservateur ou par changement complet de prothèse) dépend de l'analyse des causes : le scanner est un examen fondamental. Les résultats globaux restent modestes, obérés en particulier par la grande fréquence de complications fémoropatellaires itératives.

Laxités fémorotibiales des prothèses totales du genou

Pages 129-143

M. MALO, K.G. VINCE  

Une instabilité après prothèse de genou peut être due à des douleurs aiguës, une faiblesse quadricipitale, une luxation rotulienne, une laxité fémorotibiale ou laxité vraie laquelle fait l'objet de ce chapitre. Le contrôle des espaces en flexion et en extension est indispensable pour obtenir un genou stable et mobile. Une inégalité de ces deux espaces se traduit par une laxité, une raideur ou les deux. Toute laxité doit faire l'objet d'une analyse clinique et radiographique soigneuse précisant ses caractéristiques : laxité en extension ou en flexion, laxité frontale ou sagittale. Les laxités frontales en extension sont dues à un déséquilibre de tension des ligaments collatéraux. Les laxités en varus sont dues à un défaut de libération du plan médial rétracté, parfois associée à une distension de la convexité et une désaxation en varus. Les laxités en valgus sont plus fréquentes et plus pathogènes. Elles sont dues une incompétence du ligament collatéral médial et un défaut de libération des parties molles externes rétractées, associés à une désaxation en valgus. Lorsque la correction de la désaxation et l'équilibrage de la tension ligamentaire sont insuffisants, une contrainte est nécessaire. Les tentatives de retente ou reconstruction ligamentaire n'ont pas fait la preuve de leur efficacité. Le récurvatum est une laxité sagittale en (hyper)-extension. Elle peut être due à un espace en extension trop haut par rapport à l'espace en flexion. Lorsqu'elle est le fait d'une paralysie quadricipitale, aucune contrainte ne peut contrôler le récurvatum. Les laxités en flexion sont dominées par la laxité postérieure, due à un espace en flexion trop haut par rapport à l'espace en extension. Elle est potentialisée par toute faiblesse de l'appareil d'extension et la pente tibiale antérieure et dans les prothèses à conservation du ligament croisé postérieur (LCP), par l'incompétence de ce ligament qui nécessite une reprise par prothèse postérostabilisée. Dans les prothèses postérostabilisées à pivot-came, elle se traduit par des luxations postérieures en grande flexion. La reprise doit égaliser les espaces en flexion et en extension. Il existe deux types de prothèse contrainte : les prothèses charnières (avec lien entre les pièces) et les prothèses contraintes en varus/valgus (sans lien entre les pièces). Ces dernières sont beaucoup moins menacées de descellement. Un changement de prothèse comporte trois étapes successives : le rétablissement de la plate-forme tibiale, la stabilisation de l'espace en flexion et enfin de l'espace en extension. Au terme de ces trois étapes, une contrainte postérostabilisée suffit dans la majorité des cas. Deux situations seulement nécessitent une contrainte plus importante : l'impossibilité d'égaliser les espaces en flexion et en extension, et l'incompétence d'un plan collatéral, notamment du plan médial. D'une manière générale, il faut utiliser la plus petite contrainte possible.

Reprises pour raideur après arthroplastie totale du genou

Pages 144-163

D. HUTEN

Les reprises pour raideur représentent plus de 10 % des reprises d'arthroplastie totale du genou. La raideur est favorisée par une raideur préexistante, les erreurs techniques, un mauvais contrôle de la douleur postopératoire et peut-être une prédisposition à la fibrose et aux ossifications postopératoires. Il est essentiel de comprendre le mécanisme de la raideur avant de la traiter. Néanmoins, une cause précise n'est pas toujours identifiée. Les traitements vont de la mobilisation sous anesthésie au changement de prothèse, en passant par l'arthrolyse, chirurgicale et plus récemment arthroscopique. La mobilisation peut être proposée jusqu'à 6 semaines ou 2 mois, au mieux après cicatrisation des parties molles, ce qui impose de revoir systématiquement les patients à 1 mois d'une arthroplastie. L'arthrolyse arthroscopique suppose une bonne expérience de l'arthroscopie. Elle s'adresse aux raideurs vues entre 2 et 6 mois, voire un peu plus. Au-delà, on a le choix entre l'arthrolyse et le changement de prothèse. Ce choix est guidé par un bilan préopératoire complet, à la recherche d'erreurs techniques. Une tomodensitométrie est indispensable pour identifier une erreur de rotation des pièces. Les erreurs techniques incitent au changement, à moins qu'elles ne concernent que la rotule, ce qui est rare car les complications rotuliennes sont souvent dues à des erreurs de rotation fémorale ou tibiale. Certaines erreurs sont difficilement identifiables, telle une inégalité des espaces en flexion et en extension et par conséquent, il faut toujours être prêt à changer tout ou partie de la prothèse. Toutes ces interventions doivent être suivies d'une rééducation précoce, intense et prolongée. Quelle que soit la technique, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances des patients, ce dont ils doivent être soigneusement informés.

Traitement des fractures périprothétiques du genou

Pages 164-174

G. PIÉTU, J. LETENNEUR  

Les fractures périprothétiques autour des prothèses totales de genou (PTG), bien que relativement rares, sont en train de devenir une réalité courante. Elles peuvent survenir lors de l'implantation ou à distance de cette dernière. Les facteurs de risque peuvent être liés au patient (ostéoporose, troubles neurologiques, arthrite rhumatoïde), à la technique (ostéotomie tubérositaire généreuse, encoche corticale antérieure) ou à l'implant (effet coin de la cage de postérostabilisation, ostéoporose locale). Le planning préopératoire doit évaluer l'état général du patient (besoins et attentes fonctionnelles) ; celui du membre (localisation et comminution fracturaire, ostéoporose, dystrophies osseuses, présence d'autres implants) et la fonction prothétique (infection, douleur, mobilité, alignement, usure, descellement, cicatrice). La classification de la fracture doit au minimum intégrer la description de celle-ci (déplacement, siège, comminution), l'état de la prothèse adjacente (stable, descellée), ainsi que sa date de survenue (peropératoire, postopératoire). Des classifications communes au fémur et au tibia ont été proposées par Neyret et al., ainsi que la Sofcot, adjoignant comme item supplémentaire la localisation de la fracture par rapport à la prothèse. La classification de Rorabeck est la plus utilisée pour le fémur et celle de Félix pour le tibia. Le problème principal des fractures peropératoires est leur reconnaissance permettant leur traitement lors de l'implantation de la prothèse. Elles sont le plus souvent peu déplacées autorisant une simple fixation par vis protégée par une quille d'extension prothétique. Le traitement des fractures postopératoires du fémur peut être orthopédique si la fracture est peu déplacée, stable, et que le patient peut le supporter. Cependant, depuis 15 ans, le traitement chirurgical rassemble tous les suffrages. La fixation à foyer ouvert a été préférée initialement. La technique doit être atraumatique pour éviter la survenue de pseudarthrose, d'infection ou d'enraidissement et l'apport osseux local est recommandé. Cela a amélioré de façon significative les résultats actuels. L'enclouage rétrograde pourrait devenir le traitement de choix depuis la première publication en 1994. La consolidation, un alignement correct du membre ainsi qu'une mobilité satisfaisante semblent la règle. Sa limite principale tient au dessin de la prothèse qui doit permettre le passage du clou (absence de quille, distance intercondylienne supérieure au diamètre du clou, cage de postérostabilisation ouverte, plot tibial bas). La fixation externe, l'enclouage descendant et le remplacement isolé par une quille d'extension plus longue n'ont été que rarement publiés. La révision prothétique est la dernière option quand le fragment distal est trop court, ostéoporotique ou que la prothèse est descellée. Les fractures interprothétiques sont rares. La fixation doit être adaptée aux implants en place. Quand la PTG possède une quille d'extension, seule une plaque à fixation périosseuse (câble, agrafe, cerclage) est possible, associée à un apport osseux abondant, la consolidation étant difficile à obtenir. Quand elle n'en a pas, l'enclouage rétrograde est possible si le fragment proximal accepte deux vis de verrouillage sous la tige de hanche ; la consolidation est alors la règle. Dans le cas contraire, une plaque à fixation périosseuse recouvrant la tige de hanche est nécessaire. La plupart des fractures du tibia proximal rapportées sont survenues sous des implants descellés. Le traitement est alors axé principalement sur le descellement, la fracture pouvant être considérée comme une évolution de celui-ci. Il associe un implant avec quille d'extension à une greffe locale ou une cale. Les fractures survenant sous une quille sont généralement peu déplacées et suffisamment stables pour être traitées orthopédiquement. En cas d'échec, on peut recourir à la fixation interne apposée (vissée ou cablée), voire à l'enclouage descendant si la fracture s'y prête et si la quille tibiale est suffisamment courte pour permettre le passage du clou en avant de celle-ci. La révision prothétique avec quille d'extension longue peut traiter une fracture de fatigue sous un implant descellé. Ces options sont relativement récentes et continueront à évoluer parallèlement au changement de dessin des prothèses, cela pouvant amener à des propositions différentes dans l'avenir.

Changements isolés du plateau tibial au cours des reprises de prothèse totale de genou

Pages 175-181

J.Y. NORDIN, GROUPE GUÉPAR  

Le remplacement isolé du plateau tibial est défini par le remplacement de l'insert tibial sans remplacement de l'implant fémoral ou de l'embase tibiale métallique. Le plus souvent, en fait, ce changement n'est pas isolé mais associé à des actes très divers sur les parties molles (synovectomie, arthrolyse, libération capsuloligamentaire) ou sur la rotule. Cette intervention ne représente qu'une faible partie des reprises de prothèse totale. Elle est surtout pratiquée dans les usures du plateau tibial, les laxités fémorotibiales (instabilité chronique, luxations) et les raideurs. Il existe peu de séries publiées et leurs résultats sont inconstants, de sorte que la place de cette intervention n'est pas parfaitement définie. L'usure paraît être l'indication la plus logique. Néanmoins, pour certains, les résultats sont décevants si elle a été rapide, s'il existe des lésions de délamination sévère et s'il existe une usure complète de l'insert avec frottement métal-métal. Dans les laxités, une analyse soigneuse du type de la laxité (frontale, en extension ou plus souvent en flexion, sagittale) permet de déterminer l'indication. Dans les raideurs, de nombreux facteurs interviennent. Le changement du plateau tibial est en fait un des temps d'une arthrolyse qu'il facilite. Cette intervention n'est indiquée qu'en l'absence de malposition qui doit faire envisager un changement de prothèse.

Conduite à tenir devant des douleurs inexpliquées sur prothèse totale du genou

Pages 182-190

M. BONNIN

La prise en charge d'une prothèse totale de genou douloureuse sans anomalie évidente est difficile. Elle impose une démarche diagnostique méthodique visant à rechercher une cause. L'origine infectieuse doit être redoutée en premier lieu. Certaines complications mécaniques telles qu'un descellement partiel, une laxité cachée ou une malposition rotatoire, peuvent être de diagnostic difficile et se manifester par des douleurs apparemment inexpliquées. Lorsque tout le bilan est normal, un changement de prothèse donne des résultats médiocres. Il ne peut se discuter que dans trois circonstances : si les douleurs sont apparues après un intervalle libre d'indolence de plusieurs années, s'il s'agit d'une prothèse surdimensionnée ou s'il s'agit d'une prothèse conservant le ligament croisé postérieur.

Les « clunk syndromes »

Pages 191-196

M. BONNIN

Étiologies, diagnostic et classification des infections sur prothèses totales de genou

Pages 197-209

T. BÉGUÉ

La survenue d'une infection sur prothèse totale du genou est une complication redoutable : elle ne permet pas d'espérer le maintien en place de l'implant et peut retentir sur l'état général du patient. Sa fréquence moyenne est de 1 %. Elle est favorisée par l'immunosuppression, les interventions chirurgicales antérieures, le diabète, l'obésité, et la consommation de tabac. S'y ajoutent la durée de l'intervention et la notion de ponctions ou d'infiltrations articulaires répétées. La contamination est le plus souvent peropératoire, mais il existe d'authentiques infections par voie hématogène. Parmi les germes responsables, le staphylococcus aureus est le plus fréquent. Le diagnostic clinique est parfois évident devant un syndrome infectieux patent local et général. Le plus souvent cependant, il est difficile car on se trouve devant un gros genou douloureux chronique, avec des signes inflammatoires modérés. La ponction articulaire est l'examen essentiel. Elle doit être répétée. Elle permet l'identification du germe en cause. En cas de perte de substance cutanée, une flore polymicrobienne est fréquente. Le diagnostic bactériologique peut être rendu délicat en raison de la fragilité du germe. Les cultures en milieu aérobie, anaérobie, et sur milieux enrichis aident au diagnostic. Les radiographies peuvent être normales ou évoquer un descellement aseptique. Les examens scintigraphiques au 99Tc, 67Ga, et 111In sont nécessaires en cas de doute diagnostique. Les marqueurs biologiques de l'inflammation sont utiles pour surveiller l'évolution sous traitement. Les classifications séparent les infections avec et sans perte de substance cutanée. Celles-ci comportent les infections peropératoires (prélèvement peropératoire positif), postopératoires précoces superficielles et profondes, les infections hématogènes, et les infections chroniques profondes. Parmi les infections avec perte de substance cutanée, on distingue selon le délai écoulé depuis l'intervention : les désunions cutanées précoces avec exposition de l'implant, les pertes de substance cutanées secondaires avec contamination bactérienne de la plaie et les pertes de substance cutanées chroniques avec contamination bactérienne massive et infection de l'interface os-ciment-prothèse. Dans ces cas, le recours à des lambeaux est nécessaire, avec des solutions thérapeutiques différentes pour chacune des trois phases évolutives.

Traitement des infections des prothèses totales du genou

Pages 210-217

P. Mamoudy, L. Lhotellier, W. Graff, N. Desplaces

L'infection est une des complications les plus graves des prothèses totales du genou. La contamination est le plus souvent périopératoire et plus rarement secondaire. Le traitement, difficile, nécessite une collaboration étroite entre infectiologues, chirurgiens orthopédistes et bactériologistes. Une évaluation médicale soigneuse est indispensable avant toute décision. Dans les infections aiguës, l'excision-lavage-synovectomie avec conservation prothétique a de bonnes chances de succès, sous réserve qu'elle soit pratiquée au cours des deux premières semaines après la contamination et qu'il n'existe aucun signe radiologique d'atteinte osseuse. Dans les infections chroniques, la réimplantation en un ou deux temps est la technique de choix. L'excision de tous les tissus infectés et des corps étrangers est indispensable. L'ablation de la prothèse peut nécessiter des fenêtres osseuses. L'appareil extenseur est souvent altéré et difficilement réparable et, dans les cas les plus graves, une arthrodèse ou une amputation peuvent être nécessaires. Un lambeau permet de couvrir la prothèse en cas de nécrose cutanée. Dans les réimplantations en deux temps, il est réalisé lors du second temps. Le choix entre prothèse massive et reconstruction osseuse dépend de l'âge et de l'importance de la perte de substance osseuse. Les réimplantations en un et deux temps ont leurs indications respectives. Dans la technique en deux temps, un spacer, si possible articulé, est préférable à la simple ablation de prothèse. L'arthrodèse est une intervention de sauvetage, surtout indiquée en cas de destruction de l'appareil extenseur. Elle consolide difficilement. Une autogreffe secondaire est souvent nécessaire. L'excision-lavage avec antiobiothérapie à vie est réservée à des patients âgés et en mauvais état général lorsque le germe est sensible à des antibiotiques oraux et que la prothèse n'est pas descellée.

Reprise chirurgicale d'une prothèse de genou infectée : la chirurgie en deux temps avec spacer articulé est-elle la solution idéale ?

Pages 218-224

D. Molé, E. Villanueva, F. Sirveaux, O. Roche

La réimplantation en un ou deux temps est le traitement de choix des prothèses totales du genou infectées. En effet, le but du traitement est non seulement de guérir l'infection, mais également de préserver la fonction. La technique la plus pratiquée et la plus recommandée est la réimplantation en deux temps. Nous rapportons les résultats d'une série personnelle de 28 cas traités en deux temps et à l'aide d'un spacer articulé et revus à 68 mois en moyenne. Le confort de vie des patients pendant la période entre les deux temps était très satisfaisant. Le taux de guérison de l'infection a été de 79 %. Il existait des douleurs résiduelles notables dans 39 % des cas et quatre prothèses ont été reprises en raison de douleurs. Les échecs s'expliquent par un terrain à risque infectieux élevé, des difficultés d'isolement du germe dues à des antibiothérapies aveugles et des imperfections thérapeutiques. Des améliorations de la méthode et les indications des réimplantations en un et deux temps sont discutées.

Traitement arthroscopique des arthrites septiques hématogènes sur prothèse totale de genou

Pages 225-228

A. VIDIL, P. BEAUFILS  

L'arthrite septique hématogène sur prothèse totale de genou est une urgence thérapeutique. Elle se caractérise par la survenue brutale d'un syndrome infectieux dans les suites lointaines d'une arthroplastie totale de genou qui n'était pas suspecte d'infection primitive. Le diagnostic repose sur un faisceau d'arguments : début brutal, survenue sur un genou asymptomatique, découverte d'une porte d'entrée, mise en évidence du même germe dans les hémocultures, le liquide articulaire et éventuellement la porte d'entrée. Le traitement associe une antibiothérapie et un traitement local qui peut être une arthroscopie de lavage et de débridement des exsudats synoviaux. Néanmoins, le pronostic est défavorable puisque, à la lumière de notre expérience et de la littérature, cette complication aboutit à un changement des pièces dans trois quarts des cas. Le traitement local par arthroscopie n'est efficace que s'il est entrepris très précocement (24 à 48 h). Passé ce délai, il peut tout au plus favoriser le refroidissement du genou et donc faciliter la reprise ultérieure.

Diagnostic bactériologique et antibiothérapie des infections sur prothèse totale du genou

Pages 229-236

N. DESPLACES

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