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Conférences et enseignements

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StÉnoses du canal lombaire

  Coordinateur(s) : Alain Deburge, Pierre Guigui - Collection : Cahiers d'enseignement de la Sofcot - Marque : Elsevier

Sommaire :


Sténoses du canal lombaire

Anatomie du canal lombaire normal, étroit congénital et étroit dégénératif

Pages 1-18

J.M. VITAL, O. GILLE, V. POINTILLART, M. PEDRAM, P. BACON, C. SCHAELDERLE

Il existe au niveau de la colonne vertébrale lombaire trois canaux : le canal central ou foramen vertébral, le récessus latéral (portion latérale du canal central) et le foramen intervertébral. Leur formation et leur développement dépendent surtout de la croissance de l'arc postérieur et du cartilage neurocentral qui arrête son activité précocement, vers 5 ou 6 ans. L'anatomie ostéoarticulaire fait décrire des diamètres notamment au niveau du canal central : les diamètres sagittaux médians, fixe en regard du corps et mobile en regard du disque, et le diamètre interpédiculaire ; au niveau du récessus latéral, il existe un diamètre antéropostérieur de même qu'au niveau du foramen intervertébral où il existe aussi deux portions, fixe en haut et mobile en bas en regard du disque. Tous ces diamètres diminuent en charge et en extension et augmentent en flexion. Les parties molles et notamment les ligaments (ligaments jaunes, capsules, ligament longitudinal dorsal) méritent d'être connues car elles peuvent participer à la compression. La graisse épidurale peut aussi être un élément compressif autant qu'un tissu de remplissage. Parmi les éléments du contenu, outre les racines de la queue de cheval, les plexus veineux épiduraux et la vascularisation artérielle peuvent, par leurs compressions, participer au tableau neurologique. L'anatomie normale doit enfin prendre en compte le positionnement de la colonne lombaire de profil, notamment en utilisant des angles qui apprécient la position du tronc (gîte sagittale en T9), du bassin (version pelvienne) et des genoux (angle de flexion). Sur le plan anatomopathologique, il existe des canaux congénitalement rétrécis dans certaines ethnies. Des activités physiques précoces peuvent entraîner une sténose précocement acquise. L'achondroplasie est un modèle caricatural de ces sténoses constitutionnelles. Les canaux rétrécis arthrosiques sont les plus fréquents : l'hypertrophie articulaire et des ligaments jaunes est prédominante. Des lésions des parties molles (hématomes, dépôts calcaires, vraies calcifications) peuvent aggraver le tableau. Enfin, l'instabilité dans le spondylolisthésis dégénératif, la cyphose arthrogénique et la scoliose dégénérative aggravent les facteurs statiques.

Sténose du canal lombaire, physiopathologie et présentation clinique

Pages 19-27

M. BENOIST, P. CHAZERAIN  

Dans ce travail, les différents signes cliniques d'une sténose lombaire sont passés en revue. Trois signes résument la symptomatologie fonctionnelle de cette affection : la claudication neurogène intermittente sensitivomotrice, le plus caractéristique mais inconstant ; les radiculalgies de repos et d'effort, le plus fréquent ; la lombalgie, le moins spécifique. Les différents mécanismes expliquant la symptomatologie fonctionnelle neurologique sont évoqués : compression mécanique des racines de la queue de cheval et compression des éléments vasculaires responsables d'une ischémie radiculaire. Les auteurs insistent enfin sur la nécessité, pour établir un diagnostic définitif de sténose lombaire, d'une bonne cohérence anatomoclinique et sur l'importance, pour la conduite thérapeutique, d'une appréciation la plus complète possible de la gêne fonctionnelle ressentie et exprimée par le patient.

Histoire naturelle de la sténose lombaire dégénérative

Pages 28-35

M. BENOIST

L'étude de l'évolution à long terme des résultats obtenus après traitement chirurgical d'une sténose lombaire dégénérative indique la possibilité de détérioration progressive du résultat obtenu initialement. Il paraît donc important, dans le but de justifier ce traitement, de comparer l'évolution après traitement chirurgical et l'évolution naturelle de cette affection. Dans cet article, l'auteur s'attache à faire le point sur la littérature traitant de l'évolution naturelle ou après traitement médical des sténoses lombaires dégénératives. Si globalement il apparaît que le traitement chirurgical donne de meilleurs résultats que le traitement médical, il semble bien que l'évolution naturelle ou sous traitement médical de certains patients puisse être favorable, et ce même à long terme. L'identification des facteurs caractérisant ce groupe de patients reste difficile, justifiant ainsi la réalisation première d'un traitement médical devant la plupart des patients souffrant de sténose lombaire dégénérative.

>Électrophysiologie du canal lombaire étroit

Pages 36-42

L.-A. HÉRAUT

Dans cet article, l'auteur résume l'utilité des différentes techniques électrophysiologiques (électromyogramme, étude des potentiels évoqués somesthésiques et moteurs, étude des vitesses de conduction motrice, etc.) dans le diagnostic positif et différentiel d'une sténose lombaire, dans son suivi, dans son pronostic et dans l'interprétation de douleurs résiduelles après traitement chirurgical.

Imagerie de la sténose lombaire

Pages 43-61

G. MORVAN

Dans cet article, l'auteur résume l'utilité et la part relative des différentes techniques d'imagerie dans le diagnostic positif, étiologique et topographique d'une sténose lombaire. L'éventuelle composante dynamique dans cette affection est tout particulièrement décrite.

La décompression

Pages 62-68

A. DEBURGE

La primauté de la décompression est rappelée. La position de l'opéré sur la table est discutée. Les différentes modalités de la technique de la décompression de la dure-mère et des racines sont décrites. Dans la décompression centrale, la technique, les avantages et les inconvénients respectifs de la laminectomie totale et de la laminectomie partielle sont décrits. Dans la décompression radiculaire, l'accent est mis sur la compression par le bord interne de l'articulaire supérieure et sur le risque de décompression insuffisante. On décrit également les modalités de la décompression lorsqu'une stabilisation par arthrodèse s'ajoute à la décompression. Enfin, le problème mal résolu de l'étendue de la décompression, en hauteur et latéralement, est discuté.

Les sténoses latérales

Pages 69-73

E. BARRE, A. DEBURGE  

Le concept de sténose latérale, pourtant ancien, a été longtemps masqué par la hernie discale et le conflit discoradiculaire, qui occupaient le devant de la scène. La douleur est le symptôme essentiel et les signes d'examen sont discrets. Les problèmes diagnostiques sont fréquents, surtout dans les sténoses foraminales. L'évolution spontanée est souvent traînante et seules les douleurs invalidantes doivent faire l'objet d'un traitement chirurgical. Les résultats sont satisfaisants dans 75 à 85 % des cas.

Les instabilités : indications et techniques de stabilisation

Pages 74-89

L. RILLARDON, P. GUIGUI,

Dans les sténoses du canal lombaire, la notion d'une instabilité intervertébrale peut justifier la réalisation d'un geste chirurgical de stabilisation par l'intermédiaire soit d'une arthrodèse, soit d'une ligamentoplastie, en complément d'une décompression neurologique. Le bilan radiologique préopératoire, et plus particulièrement les radio-graphies dynamiques du rachis lombaire, évaluent la mobilité intervertébrale préopératoire et renseigne sur les risques d'apparition ou d'aggravation d'une instabilité en fonction de la résection osseuse nécessaire à la libération neurologique. L'existence d'un trouble de la statique rachidienne dans le plan sagittal doit également être prise en compte dans le programme chirurgical qui sera réalisé. L'association sténose et instabilité pose plusieurs questions dans la conduite du traitement chirurgical : faut-il réaliser une décompression de l'axe neurologique ? faut-il réaliser une stabilisation ? quelle technique de stabilisation choisir ? L'arthrodèse postérolatérale est la technique de choix dans ce type d'indication ; si celle-ci est réalisée, il faudra préciser l'utilité d'y associer une instrumentation, son étendue, sa position et l'intérêt d'y adjoindre une arthrodèse intersomatique complémentaire. Restituer un équilibre antéropostérieur satisfaisant et économique est un des éléments permettant de préserver à moyen et long terme la qualité du résultat fonctionnel postopératoire obtenu.

Le vissage translaminofacettaire

Pages 90-98

M. ONIMUS, H. CHATAIGNER, J.M. LAURAIN,  

Le vissage translaminofacettaire est une technique de fixation intervertébrale que l'on peut réaliser après décompression des sténoses lombaires par recalibrage. La technique en est simple, peu agressive et rapide. La stabilité immédiate est cependant moins bonne que celle obtenue par vissage pédiculaire ; il s'agit d'une méthode de simple stabilisation, à déconseiller si l'on recherche la correction d'un glissement vertébral ou d'une déformation en scoliose, ou s'il existe des facteurs de risque tels qu'un patient obèse ou une très bonne hauteur discale, qui semble également une contre-indication car elle suggère une bonne mobilité intervertébrale. Lorsqu'il est utilisé isolément, la meilleure indication du vissage translaminofacettaire paraît être la stabilisation complémentaire du traitement d'une sténose lombaire chez le sujet âgé, chez lequel on recherche une stabilité minimale au prix d'un geste opératoire court. Chez un patient jeune, le vissage translaminofacettaire peut être combiné à une arthrodèse antérieure intersomatique, et il apparaît alors comme un très bon moyen de stabilisation complémentaire de l'étage intervertébral.

L'arthrodèse antérieure isolée : résultats, indications

Pages 99-104

J. ALLAIN, S. VAN DRIESSCHE, D. GOUTALLIER ,

Parallèlement aux techniques de décompression, les arthrodèses lombaires en place, par voie d'abord postérieure ou antérieure, sans geste de décompression canalaire, ont été proposées en cas de rétrécissement du canal lombaire secondaire à un spondylolisthésis arthrosique. Cette attitude thérapeutique repose sur la conception dynamique de l'origine des radiculalgies invalidantes, essentiellement attribuées à l'instabilité de l'étage olisthésique. Matériel et méthode : nous avons étudié rétrospectivement 78 patients opérés d'un spondylolisthésis dégénératif lombaire par arthrodèse intersomatique en place par voie d'abord antérieure. 40 avaient été opérés par méthode conventionnelle (groupe 1) avec une greffe corticospongieuse tricorticale associée à une plaque de soutien vissée dans les corps vertébraux et 38 par méthode mini-invasive (groupe 2), 23 par cage intersomatique isolée et 15 par plaque vissée avec une greffe corticospongieuse tricorticale. L'âge moyen des opérés était de 62 ans (37 à 89). Résultats : le recul moyen était de 7 ans dans le groupe 1 et de 4 ans dans le groupe 2. L'intensité de la claudication neurologique a toujours diminué après l'intervention. Les radiculalgies avaient disparu dans 74 % des cas des patients des deux séries. Au total, le score de Beaujon post-opératoire était de 17 dans le groupe 1 et de 16,5 dans le groupe 2 (respectivement de 8 et 8,5 en préopératoire). 76 des 78 arthrodèses ont fusionné (les deux pseudarthroses correspondent à deux arthrodèses par cages isolées). Conclusions-indications : en cas de canal lombaire rétréci lié à un spondylolisthésis arthrosique, la stabilisation en place du seul étage olisthésique, sans libération intracanalaire, permet de faire disparaître la grande majorité des radiculalgies invalidantes. L'instabilité de l'étage olisthésique apparaît donc comme responsable de la majorité des symptômes, particulièrement des radiculalgies. En présence d'un spondylolisthésis arthrosique, responsable d'une symptomatologie fonctionnelle de type canalaire étroite résistant au traitement médical, l'indication des arthrodèses lombaires intersomatiques en place par voie d'abord antérieure est logique chaque fois que les clichés dynamiques mettent en évidence une mobilité de l'antélistésis.

Élargissement vidéo-assisté du canal rachidien : indications et principes de la technique

Pages 105-109

J. DESTANDAU

L'utilisation de l'endoscopie dans la chirurgie du canal lombaire étroit permet, par un abord unilatéral, de bien visualiser le canal rachidien et de décomprimer les structures nerveuses des deux côtés. Les suites opératoires, en général très simples, et les bons résultats obtenus ne doivent pas faire oublier que la chirurgie du canal lombaire étroit  reste une chirurgie difficile et sujette à complications.

Scolioses et sténoses dégénératives

Pages 110-121

D. CHOPIN

Les scolioses dégénératives ont la particularité de pouvoir être responsables de sténoses canalaires de différents types, à différents niveaux. Le diagnostic de localisation n'est pas toujours aisé et la radiculographie, avec ses possibilités d'étude dynamique, conserve tout son intérêt. La prise en charge chirurgicale, outre le rétrécissement canalaire, doit prendre en compte la déformation, son potentiel d'instabilité et l'importance des déséquilibres frontaux et sagittaux. Leur correction peut amener à des programmes chirurgicaux lourds. L'évaluation complète du patient est donc essentielle. La décision est modulée en fonction de ses résultats par une équipe médicochirurgicale entraînée à ce type de problème.

Évaluation du résultat des traitements chirurgicaux à court et à long termes

Pages 122-132

P. GUIGUI

Dans cet article, nous résumons les résultats constatés dans la littérature après traitement chirurgical d'une sténose lombaire. L'analyse de ces résultats est complexe. Cette complexité tient au caractère fonctionnel de cette affection, à la diversité des symptômes dont elle peut être responsable et à l'influence de paramètres difficilement quantifiables. L'utilisation d'outils d'évaluation de plus en plus adaptés à ce type de pathologie tend cependant à montrer que le traitement chirurgical, que ce soit à court ou à long terme, permet d'obtenir un bon résultat ou du moins un résultat jugé satisfaisant par les patients dans une proportion importante de cas (70 %). Compte tenu des données relatives à l'histoire naturelle de cette affection, et au résultat des traitements médicaux, il semble que les résultats obtenus après un traitement chirurgical soient supérieurs à ceux obtenus après un traitement conservateur. Ces mêmes outils ont permis de mieux analyser les résultats du traitement chirurgical sur chacun des symptômes secondaires à cette pathologie. Ces données devraient permettre de mieux informer les patients sur les résultats escomptés à court et à long terme, et par là même probablement d'améliorer la satisfaction du patient vis-à-vis de son intervention.

Les réinterventions : indications, techniques et résultats

Pages 133-148

P. GUIGUI, L. SCHMIDER  

Dans cet article, les différentes causes de douleurs résiduelles après traitement chirurgical d'une sténose lombaire sont exposées. Les plus fréquentes sont : les libérations nerveuses insuffisantes, les remaniements de l'arc postérieur restant (phénomène de repousse osseuse), les déstabilisations postopératoires et les fractures d'isthme restant. Les deux prérequis indispensables à une réintervention chirurgicale face à ce type de situation sont : l'identification claire d'une ou plusieurs causes de douleurs résiduelles, la bonne concordance entre celles-ci et les données du bilan clinique. Même dans cette situation qui reste la plus favorable, le résultat clinique escompté sera moins bon que le résultat fonctionnel obtenu de première intention. Il faut souligner l'importance d'une bonne connaissance des causes potentielles d'échec et de leur prévention.

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