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Conférences et enseignements

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Malformations congÉnitales des membres infÉrieurs

   Cahier d'enseignement de la SOFCOT

Embryologie normale et pathologique des membres inférieurs. Essai de classification des malformations

Auteurs : J.M. CLAVERT

Résumé : L'embryologie des membres a beaucoup progressé ces dernières années grâce à la biologie moléculaire et à la génétique. Les mécanismes d'induction sont mieux compris et les agents inducteurs sont pour un bon nombre individualisés. Une classification des anomalies du membre inférieur s'avère cependant encore difficile car les malformations bien connues par l'orthopédiste sont encore mal élucidées. Il restera une place certaine pour la tératologie dans l'interprétation pathogénique des malformations. Les notions de base de l'embryologie sont rappelées dans ce chapitre avec une tentative d'explication des principaux mécanismes responsables de malformations des membres inférieurs.
Malformation des membres - Agénésies - Duplication - Hypertrophie - Maladie amniotique
Pages : 3 à 15

Dépistage anténatal des malformations des membres inférieurs

Auteurs : P. BACH-SÉGURA P. DROULLÉ

Résumé : La prévalence des anomalies fœtales des membres inférieurs est globalement faible et varie selon le type de dysmorphie. La sensibilité du diagnostic anténatal des anomalies squelettiques est médiocre : moins d'une anomalie sur quatre est actuellement repérée quel que soit le niveau de dépistage. On peut l'expliquer en partie par la rareté de ces anomalies et par la difficulté de visualiser des anomalies réductionnelles ou positionnelles très localisées. En pratique courante, les anomalies squelettiques des membres inférieurs bien dépistées par l'échographie sont les pieds bots et les amputations partielles ou complètes des membres. Soulignons enfin la difficulté pour l'examinateur d'affirmer qu'il se trouve bien face à une anomalie squelettique isolée et non devant le signe d'appel d'un syndrome complexe, d'une chondrodysplasie ou d'une anomalie chromosomique. Ainsi un examen de contrôle en centre spécialisé s'impose lors de la suspicion ou du dépistage d'une anomalie des membres inférieurs.
Fœtus - Squelette
Pages : 16 à 22

Amputations congénitales. Les grandes agénésies. Description clinique

Auteurs : C. MORIN

Résumé : Les amputations congénitales sont des malformations transversales des membres relevant soit d'une agression précoce durant la formation des bourgeons des membres, soit entrant dans le cadre de la maladie amniotique. Les phocomélies représentent la forme la plus sévère de malformations longitudinales. De l'amélie ou de la phocomélie à l'aphalangie, tout peut se rencontrer. Les atteintes bilatérales sont possibles, de même que celles concomitantes des membres inférieurs et supérieurs ou que l'appartenance à des syndromes complexes, génétiques ou non. La nocivité de la thalidomide est encore dans tous les esprits. Il est de la responsabilité du monde médical de tout faire pour éviter que ne se réédite une telle tragédie. Si le rôle de la chirurgie est limité dans le cadre de ces malformations congénitales des membres, il est du devoir de tout chirurgien orthopédiste de permettre à la famille d'obtenir les meilleures informations concernant l'étiologie et le devenir de ces douloureux problèmes.
Amputations congénitales - Phocomélie - Maladie amniotique
Pages : 25 à 31

Malformations du fémur

Auteurs : H. CARLIOZ C. COURT

Résumé : La fréquence réelle des malformations fémorales dans la population vivante est difficile à chiffrer. Avant l'ère des échographies de dépistage, elle était de l'ordre de deux pour 100 000 naissances. Même plus rares, elles restent pour les chirurgiens une inquiétude, pour l'enfant et pour ses parents une rude épreuve ; au terme d'un traitement douloureux, répétitif, le membre malformé, même égalisé, ne deviendra jamais tout à fait normal. Ces malformations ont, dans leurs variétés, des caractères constants : - l'hypoplasie touche tout le fémur mais inégalement. L'extrémité proximale est davantage malformée que l'extrémité distale et c'est d'autant plus évident que la malformation est sévère. Au pire l'articulation coxofémorale manque. Le col fémoral peut être interrompu par une solution de continuité. Le fémur distal est en valgus. Les éléments anatomiques voisins sont habituellement malformés : l'acétabulum est hypoplasique, les ligaments croisés du genou sont hypo- ou aplasiques ; - les malformations fémorales sont fortuites, sans cause connue, toxique ou génétique. Elles sont isolées, ne faisant que très rarement partie de syndromes polymalformatifs, viscéraux ou squelettiques. Cependant, elles s'intègrent comme les hypoplasies fibulaires dans le cadre des malformations longitudinales latérales des membres inférieurs ; - la croissance des fémurs malformés obéit à la même loi que celle de tous les os longs malformés ; elle est régulière. Il manque, par rapport à un fémur normal, au fémur opposé des malformations unilatérales, un pourcentage constant. Cela est important puisqu'il en résulte la possibilité de prévoir très tôt l'évolution spontanée et donc le traitement de ces malformations. Le traitement des malformations fémorales tient compte de plusieurs facteurs : - la différence de longueur des membres inférieurs. Il ne faut tenter de la corriger que si elle ne doit pas excéder spontanément 20 cm. Chaque opération d'allongement est une aventure et rien ne permet de prévoir qu'elle aboutira à un gain de plus de 5 à 6 cm. Lorsqu'il faut renoncer à l'égalisation, la prothèse externe est définitive. Des opérations aideront le membre et l'enfant à s'y adapter ; - l'anatomie de la hanche que l'imagerie par résonance magnétique (IRM) et l'arthrographie doivent parfois préciser. L'idéal est de redonner à ses deux constituants, le fémur proximal et l'acétabulum, une morphologie normale mais ce n'est pas toujours possible ; - l'anatomie interne du genou dont les anomalies expliquent l'instabilité. Celle-ci ne devient une gêne importante que si, au décours d'un allongement fémoral, elle s'aggrave jusqu'à une dislocation. L'examen clinique et une IRM permettent de prévoir et donc de prévenir cette grave complication ; - l'association d'une hypoplasie de la jambe et du pied qui aggrave tout et d'abord l'inégalité ; - l'éventuelle bilatéralité de la malformation du fémur. Si les deux fémurs sont très courts, la petite taille de l'enfant puis de l'adulte doit être compensée par des prothèses de rehaussement. De la naissance à l'âge adulte, ces enfants malformés doivent être aidés par les renseignements, les conseils, l'assistance que leur donne une équipe. Le chirurgien y tient une place essentielle mais il est secondé pour toutes les conséquences fonctionnelles, scolaires, sociales, psychologiques de ces graves atteintes que sont les malformations fémorales.
Malformations - Fémur - Hanche - Genou
Pages : 32 à 48

Hypoplasies du rayon tibial

Auteurs : B. HERBAUX

Résumé : Les aplasies tibiales sont une malformation grave dont le traitement et les indications sont difficiles à porter. Les moyens d'investigation modernes sont très utiles à l'étude des anomalies anatomiques rencontrées dont la présence peut venir entraver les tentatives de reconstruction. Une classification est proposée. Elle permet ainsi de mieux préciser les indications thérapeutiques qui dépendent : de l'existence d'un genou, de la stabilité du genou, du caractère uni- ou bilatéral de la malformation, du contexte socio-culturel, des facteurs psychologiques, des possibilités d'appareillage. Le traitement sera dominé par la désarticulation dans les agénésies de type I unilatérales et par les interventions de reconstruction de type Brown dans les agénésies de type II. On peut néanmoins dire qu'à ce jour aucune solution satisfaisante au traitement des aplasies tibiales ne peut être réellement proposée.
Hémimélie tibiale - Aplasie - Hypoplasie du tibia
Pages : 49 à 60

Aplasies et hypoplasies du péroné. Hémimélie fibulaire

Auteurs : H. CARLIOZ P. MARY

Résumé : Les malformations péronières ne sont qu'un élément d'une anomalie plus étendue qui touche le fémur, le genou, le tibia, le pied. Son atteinte revêt tous les degrés d'hypoplasie jusqu'à l'aplasie, mais jamais le tibia ne manque totalement ; il n'est qu'hypoplasique même s'il peut l'être gravement. Tous les éléments des parties molles peuvent aussi être englobés dans cette hypoplasie régionale. Tout cela, qui contribue à la brièveté du membre et à sa déformation, doit être pris en compte lorsque le traitement est envisagé avec les parents. Pour chaque enfant malformé, l'avenir spontané prévisible et donc aussi le projet de traitement sont originaux ; il ne faut pas essayer de trouver dans les classifications admises des recettes thérapeutiques schématiques. Lorsque l'inégalité de longueur est très importante et que la malformation du pied est sévère, une amputation distale doit être faite très tôt ; la première prothèse permettra l'acquisition de la marche à un âge presque normal et, plus tard, une vie normale. Lorsque l'inégalité est modérée et que le pied peut être plantigrade, la reconstruction de la jambe par allongement et la correction chirurgicale des déformations du membre inférieur sont la solution idéale. C'est entre ces deux situations extrêmes que le choix du bon traitement est difficile.
Malformation du péroné - Malformation de la jambe - Malformation du pied - Inégalité de longueur des membres inférieurs
Pages : 61 à 70

Synostoses congénitales des os du tarse

Auteurs : N. KHOURI

Résumé : Les synostoses ou coalitions tarsiennes résultent d'un défaut dans la segmentation mésenchymateuse des os du tarse. Elles sont le plus souvent des malformations isolées à transmission autosomique dominante. Les deux localisations calcanéonaviculaire et talocalcanéenne se partagent la majorité des cas. L'âge de révélation correspond à l'ossification de la coalition chez un enfant de huit à seize ans. La présentation habituelle est celle d'un pied plat valgus raide et douloureux. Alors que le diagnostic d'une coalition calcanéonaviculaire est fait simplement sur l'incidence oblique interne, la tomodensitométrie est indispensable pour identifier une coalition talocalcanéenne. Le traitement initial de toute coalition symptomatique est conservateur : limitation des activités physiques, orthèses, immobilisation plâtrée. Le traitement chirurgical est indiqué en cas d'échec du traitement conservateur. Deux options sont à discuter : la résection de la coalition et l'arthrodèse. Le traitement de choix d'une coalition calcanéonaviculaire est la résection avec interposition du muscle extensor digitorum brevis. Les résultats sont, régulièrement, bons s'il n'y a pas d'arthrose associée. Les indications et les résultats des résections des coalitions talocalcanéennes sont encore controversés : influence de l'étendue de la coalition, des troubles statiques du pied et de l'état du cartilage articulaire sous-talien.
Adolescent - Coalition tarsienne - Pied plat - Résection - Synostose du tarse
Pages : 71 à 78

Hypertrophies des membres inférieurs

Auteurs : J.L. CLÉMENT

Résumé : L'auteur décrit les différents aspects des hypertrophies congénitales des membres. Elles sont soit localisées, soit étendues à un hémicorps réalisant une hémi-hypertrophie. Les hypertrophies d'origine vasculaire peuvent être systématisées aux membres inférieurs. Elles sont dues à des malformations capillaires, veineuses, artérioveineuses, lymphatiques ou mixtes. L'hypertrophie d'origine capillaire est modérée. L'hypertrophie liée à des shunts artérioveineux donne une inégalité souvent importante. Dans les lymphœdèmes congénitaux, l'hypertrophie est liée à un œdème lymphatique sans inégalité de longueur. Les syndromes de Klippel-Trenaunay et de Parkes-Weber constituent les hypertrophies d'origine veineuse ou mixte. Ces syndromes associent un nævus flammeus, des dilatations veineuses et une hypertrophie du membre. Peuvent s'y ajouter des fistules artérioveineuses et des anomalies lymphatiques. L'hypertrophie est souvent volumineuse avec impotence fonctionnelle. La neurofibromatose de Recklinghausen provoque des hypertrophies liées aux tumeurs nerveuses et à l'excès de croissance du membre. Le syndrome de Protée, très polymorphe, explique probablement un bon nombre d'hypertrophies, non encore étiquetées. L'hémi-hypertrophie s'associe, de façons diverses, à une macrodactylie, à des signes cutanés, à des tumeurs sous-cutanées de différentes natures, à des anomalies crâniennes, à des déformations rachidiennes, à des exostoses épiphysaires, à des déformations des membres... En dehors de ces trois causes, il reste les hémi-hypertrophies dites essentielles et les hypertrophies localisées aux extrémités que sont les macrodactylies et gigantismes localisés du pied.
Hypertrophie des membres - Hémi-hypertrophie - Syndrome de Klippel-Trenaunay - Syndrome de Parkes-Weber - Neurofibromatose de Recklinghausen - Syndrome de Protée - Macrodactylie - Lymphœdème congénital
Pages : 79 à 89

Malformations rares, inclassables et mineures

Auteurs : L. WATTINCOURT R. SERINGE

Résumé : Les malformations du membre inférieur sont variées. Elles peuvent intéresser tous les segments de membre ; leur diversité a favorisé l'apparition de nombreuses classifications dans un but pronostique et thérapeutique. Certaines sont toutefois inclassables, car rares, atypiques ou parfois mineures. Elles associent des malformations osseuses mais aussi musculotendineuses et vasculaires. Certaines de ces malformations atypiques sont décrites en insistant sur la sémiologie et l'aspect radiologique à l'aide d'observations cliniques. Nous nous sommes plus spécialement intéressés aux formes particulières des hypoplasies tibiales : bifurcation fémorale, dimélie fibulaire, diastasis tibiofibulaire distal. Nous avons également analysé une association particulière "courbure congénitale, duplication du tibia et duplication du gros orteil", ainsi que les luxations congénitales de la patella et les pieds en fourche atypiques.
Bifurcation fémorale - Duplication fibulaire - Diastasis tibiofibulaire - Luxation congénitale de la patella - Courbure congénitale à convexité antérieure du tibia
Pages : 90 à 101

Retentissement psychologique, familial et social

Auteurs : J.M. CLAVERT

Résumé : Une malformation de membre inférieur comporte trois maladies évoluant simultanément : une "maladie fonctionnelle" entravant la marche, une "maladie psychologique" pour les parents et l'enfant, surtout à la puberté, et une "maladie sociologique" liée à la forme du corps. La maladie fonctionnelle trouve sa solution dans un programme chirurgical ou un appareillage. La maladie narcissique des parents est violente en période néo-natale, mais finit par guérir comme un deuil. La puberté comporte toujours une crise grave pour l'enfant. La "maladie sociale", liée à la signification sociale du corps, ne guérit jamais et pose toujours un problème sérieux de relations sociales et interhumaines aux enfants présentant une malformation du corps.
Psychologie - Sociologie - Parents - Famille - Enfant - Adolescent
Pages : 102 à 107

Prise en charge anténatale des malformations des membres inférieurs

Auteurs : D. PILLIARD

Résumé : L'échographie, même si elle ne fait pas le diagnostic de malformation dans tous les cas, suscite de nouvelles interrogations. Le choc de l'annonce d'une malformation, les possibilités de prise en charge de cette malformation expliquent l'importance des consultations anténatales. Les consultations réalisées à la demande des obstétriciens, des échographistes ou des experts, quand une interruption médicale de grossesse est envisagée, ont essentiellement un rôle d'information. Elles permettent à la famille d'avoir des renseignements sur la malformation, les causes possibles, les projets thérapeutiques et les implications sur la vie de l'enfant à naître et de sa famille. Ces consultations réalisées à plusieurs (médecin, psychologue, kinésithérapeute) comportent une charge affective importante. L'essentiel est d'aider le couple en lui donnant le temps de la réflexion avec plusieurs interlocuteurs sans prendre la décision immédiate d'une interruption de grossesse que l'on pourrait regretter par la suite. Il faut aider le couple, sous le coup d'une annonce dramatique, à avancer dans un cheminement difficile alors que la réaction initiale est habituellement un refus de l'enfant à naître. L'orthopédiste pédiatre a un rôle essentiel dans ces consultations anténatales.
Échographie - Interruption de grossesse - Délai de réflexion - Consultation pluridisciplinaire
Pages : 109 à 112

Appareillage et chirurgie autour de l'appareillage des malformations des membres inférieurs

Auteurs : D. PILLIARD

Résumé : Appareillage et chirurgie sont très complémentaires dans la prise en charge des malformations des membres inférieurs, l'objectif commun étant de permettre ou de faciliter la marche. Les prévisions d'inégalité de longueur, les déformations axiales ou articulaires, l'état des différentes articulations : hanche, genou, cheville et leur stabilité, la position du pied, le type de malformation, son caractère uni- ou bilatéral, sont autant de facteurs qui vont décider du type de traitement à proposer : appareillage seul ou chirurgie pour permettre, simplifier, voire supprimer l'appareillage. Ces programmes sont contraignants car ils nécessitent de multiples renouvellements, adaptations, apprentissages au cours de la croissance. La collaboration entre chirurgiens orthopédistes, pédiatres et appareilleurs est indispensable pour répondre au mieux aux problèmes posés par ces malformations. Les comportements thérapeutiques ne doivent pas être stéréotypés en fonction de la malformation, mais adaptés à chaque enfant, et le retentissement psychologique de la malformation et de sa prise en charge ne doit pas être inconnu de l'orthopédiste.
Orthoprothèse - Amputation - Prothèse - Allongement - Malformations - Membres inférieurs
Pages : 113 à 120

Programmes d'égalisation

Auteurs : C. KARGER

Résumé : L'option d'entreprendre un programme d'égalisation pour une hypoplasie congénitale de membre repose sur l'estimation de l'inégalité finale à maturité osseuse et sur la prise en compte des malformations associées, en particulier articulaires. Le membre court a la propriété de conserver une croissance de type linéaire, à vitesse constante, diminuée par rapport à celle du côté long. Le rapport entre ces deux vitesses permet de définir l'inhibition de croissance du côté hypoplasique, sur laquelle repose l'estimation de l'inégalité finale. Les méthodes de détermination de l'inégalité en fin de croissance, qu'elles soient arithmétiques, graphiques ou informatiques, utilisent les paramètres de croissance des membres établies par Green et Anderson, permettant de connaître la longueur d'un membre ou d'un segment de membre normal selon l'âge osseux de l'enfant. La précision de la détermination est tributaire de la durée d'évolution pendant laquelle des mensurations cliniques et radiographiques ont pu être saisies et des aléas de détermination de l'âge osseux, et reste le point faible de toutes ces méthodes. Parmi les facteurs qui vont influencer le choix du programme thérapeutique, la valeur de l'inégalité finale occupe une place déterminante. En matière d'hypoplasies congénitales, il est classiquement estimé que si l'inégalité prévisionnelle excède 20 cm, il n'est pas raisonnable de s'engager dans un programme d'égalisation, compte tenu de la fréquence inacceptable des complications potentielles. Pour des inégalités moyennes, entre 25 et 40 mm, l'épiphysiodèse du côté long est le plus souvent retenue, ou encore l'allongement fémoral extemporané du côté court lorsque l'âge de l'épiphysiodèse est dépassé. Pour les grandes inégalités, il est habituel d'exploiter toutes les possibilités thérapeutiques en combinant épiphysiodèse du côté long et allongement progressif du côté court. Cette combinaison permet de gagner 6 à 8 cm sur chaque segment allongé, auxquels s'ajoutera l'effet de l'épiphysiodèse. Lorsqu'un seul segment est fortement hypoplasique, un allongement itératif est préférable, pour éviter les complications liées à l'allongement majeur unique.
Inégalité de longueur des membres inférieurs - Hypoplasie congénitale - Épiphysiodèse - Allongement de membre - Prévision de croissance
Pages : 121 à 137

Techniques d'égalisation

Auteurs : J.P. DAMSIN

Résumé : Les inégalités de longueur malformatives des membres inférieurs peuvent être corrigées par allongement du côté malformé et/ou par raccourcissement du côté sain. L'épiphysiodèse percutanée proposée par Bowen, technique fiable et laissant une cicatrice discrète, adoptée par la plupart des auteurs, a remplacé la méthode de Phemister. Les raccourcissements extemporanés peuvent être obtenus soit par une résection fémorale métaphysaire supérieure fixée par un clou ou une lame-plaque, soit par une résection diaphysaire avec un enclouage centromédullaire verrouillé. Les allongements, extemporanés ou progressifs, doivent être réalisés sur des membres axés, sans attitudes vicieuses et avec des articulations sus- et sous-jacentes à la zone d'allongement stables. Les anomalies curables sont corrigées avant ou au cours de l'allongement. Les articulations qui ne peuvent être stabilisées sont protégées au cours de l'allongement par une orthèse couplée au fixateur ou par un fixateur externe pontant l'articulation. Les progrès de la fixation externe, l'abord limité de la zone d'allongement et le respect des structures nécessaires à la régénération osseuse ont permis d'améliorer les résultats de ces traitements. Deux techniques sont principalement utilisées : la technique du callotasis avec une fixation monolatérale décrite par De Bastiani et Aldegheri et la technique de la corticotomie avec une fixation circulaire développée par Ilizarov. Cette dernière a pour avantage sa grande maniabilité permettant de s'adapter à toutes les situations anatomiques. La mise en place du fixateur est néanmoins délicate, requiert une parfaite maîtrise du matériel et une technique rigoureuse. Moins bien accepté que les fixateurs monotransversaux, il faut le réserver aux allongements difficiles ou nécessitant le traitement simultané d'autres troubles orthopédiques. L'allongement progressif sur clou centromédullaire, verrouillé à ses deux extrémités, a été mis au point plus récemment. Un système de vis sans fin permet l'écartement de la zone d'allongement par un mouvement de rotation selon l'axe anatomique de la cuisse. Le choix de ces différentes thérapeutiques d'égalisation dépend de l'importance du raccourcissement et doit se décider en accord avec le patient et sa famille.
Inégalité de longueur - Malformations - Allongement - Épiphysiodèse
Pages : 138 à 153

Utilisation du matériel d'Ilizarov dans le traitement des malformations congénitales

Auteurs : J.P. DAMSIN

Résumé : Les malformations des membres inférieurs posent des problèmes thérapeutiques multiples et difficiles à résoudre. L'inégalité de longueur des membres inférieurs n'est qu'une des conséquences de ces malformations. Elle serait facile à traiter si elle ne s'accompagnait pas d'une déviation squelettique, d'une instabilité articulaire voire d'une discontinuité osseuse. La méthode d'Ilizarov a une place importante dans le traitement de ces malformations, son utilisation dépassant le cadre du simple allongement squelettique. Nous retiendrons cinq domaines de la pathologie malformative des membres inférieurs dans lesquels la technique d'Ilizarov a des applications spécifiques : les allongements squelettiques, la correction des déviations axiales, osseuses ou articulaires, le traitement et la prévention des dislocations articulaires, la reposition du pied et la reconstruction de la jambe par tibialisation de la fibula. 1) Les allongements sur malformations sont réputés difficiles. Le taux des complications est de plus de 100 %. La méthode d'Ilizarov n'échappe pas à ces complications. Néanmoins la fixation circulaire améliore la stabilité et facilite le contrôle des axes pendant l'allongement. 2) Les membres malformés sont souvent désaxés. Les courbures tibiales sont fréquentes au cours des ectromélies externes. La correction de ces déformations est un préalable à l'allongement. La maniabilité du fixateur circulaire permet une correction progressive quelle que soit l'importance de la déformation. 3) Les instabilités articulaires, en particulier au niveau du genou, se décompensent souvent à l'occasion des allongements. Aucune plastie ligamentaire n'est efficace pour pallier l'agénésie des ligaments croisés. Il faut prévenir l'installation de la subluxation. Le pontage de l'articulation évite cette complication. Pour les luxations et subluxations avérées, le fixateur d'Ilizarov permet une réduction progressive. 4) Les malpositions du pied sont en varus pour les aplasies et agénésies tibiales et en valgus pour les agénésies péronières. Les problèmes se posent surtout pour les pieds en varus équin, plus rarement pour les pieds valgus. La libération extensive des parties molles ne permet pas toujours la reposition du pied sous la jambe. Le pédicule vasculonerveux tibial postérieur est souvent tendu et la réduction du pied entraîne une ischémie aiguë. L'abaissement progressif par fixateur évite cet écueil. 5) La reconstruction de l'axe jambier par tibialisation de la fibula par la technique de Brown dans les agénésies totales ou par fixation tibiopéronière dans les formes partielles est facilitée par un abaissement progressif de la fibula. Le montage en distraction, fixant la diaphyse fémorale d'une part et la fibula d'autre part, permet une reconstruction sans perte de longueur, ce qui est appréciable chez un sujet dont le pronostic d'inégalité est tel que plusieurs allongements seront nécessaires. Plus rarement enfin, la fibula trop grêle après tibialisation peut être "épaissie" par une technique d'élargissement transversal.
Malformation - Allongement - Déformation osseuse - Raideur articulaire
Pages : 154 à 164

Complications de la chirurgie de l'égalisation

Auteurs : Ch. GLORION

Résumé : La chirurgie d'égalisation des membres inférieurs, dans les anomalies d'origine congénitale, fait appel aux techniques d'allongement progressif le plus souvent, d'allongement extemporané beaucoup plus rarement, et aux raccourcissements par épiphysiodèses ou raccourcissements osseux en un temps. La technique d'allongement progressif a un important taux de complications ; si la consolidation a été bien améliorée par l'utilisation mieux comprise de l'ostéogenèse en distraction, les complications de la période d'élongation restent importantes car l'allongement des parties molles est toujours difficile et le retentissement sur les articulations important. Ce travail expose toutes ces complications de façon chronologique et en fonction des techniques et essaye d'apporter des explications et des solutions à chacune d'entre elles.
Inégalité de longueur congénitale - Grande aplasie des membres - Allongement fémoral - Allongement tibial
Pages : 165 à 182

Résultats à long terme de la chirurgie d'égalisation

Auteurs : J. LANGLAIS

Résumé : Nous avons pu revoir 18 adultes qui avaient subi un ou plusieurs allongements des membres inférieurs pendant leur enfance pour une anomalie congénitale. Il y avait dix garçons et huit filles. La différence de longueur des deux membres inférieurs était en moyenne de 89 mm. De 1972 à 1991, ces 18 patients ont subi 30 allongements (21 de tibia et 9 de fémur). Quatre-vingt-neuf pour cent de patients, soit 16, ont eu au moins une complication. Le recul de nos observations est de 12 ans et demi en moyenne, allant de 5 à 22 ans. L'âge moyen de ces patients est de 24 ans et demi (de 21 à 35 ans). L'inégalité de longueur finale est en moyenne de 17 mm. Le but de ce travail a été d'essayer de savoir comment ces patients s'intègrent dans la société d'aujourd'hui, sans prendre en considération la technique chirurgicale. L'insertion dans le monde professionnel a été satisfaisante. Compte tenu de la lourdeur du handicap initial, elle témoigne d'une bonne insertion sociale, probablement favorisée par le bénéfice fonctionnel apporté par l'allongement. La durée d'hospitalisation a été longue, en moyenne six mois (de 15 jours à 27 mois) mais n'a pas semblé avoir modifié l'orientation professionnelle de nos patients. Les sujets reconnaissent tous que l'allongement est difficile et pénible mais 78 % le referaient pour eux-mêmes et 89 % pour leurs enfants. Treize patients étaient des sportifs occasionnels ou de loisirs. Douze patients (66 %) se plaignaient de l'aspect inesthétique de leur membre opéré. La marche était douloureuse chez 55 % des patients. Les mobilités des articulations sus- et sous-jacentes à un allongement ont été très peu enraidies par celui-ci. Les désaxations des membres sont très rares. La détérioration radiologique se voit, par ordre de fréquence croissante, à la hanche (15 %), puis au genou (45 %) et enfin à la cheville et au pied (80 %). Les séquelles nerveuses sont très rares. Vingt-huit pour cent des patients ont des phénomènes d'intolérance relative à l'effort associés à des troubles cutanés laissant suspecter une insuffisance vasculaire inquiétante pour l'avenir. L'allongement est une technique chirurgicale difficile, grevée de nombreuses complications qu'il ne faut pas méconnaître, mais dont le bénéfice fonctionnel est apprécié par la majorité des patients. Mais n'oublions pas que le préjudice esthétique est parfois très important et que les problèmes de pieds restent encore non résolus. Nous avons l'impression que l'évaluation des résultats à long terme est aussi difficile que de poser l'indication et de réaliser un allongement.
Malformation congénitale des membres inférieurs - Allongement - Évaluation à long terme
Pages : 183 à 191

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