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Conférences et enseignements

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ConfÉrences d'enseignement 1998

Hernies discales cervicales

Auteurs : P. Kehr

Résumé : Le concept de hernie discale cervicale peut être pris aussi bien dans le sens de la "hernie discale molle" ou de la "hernie dure" en comprenant les états intermédiaires. La hernie discale qu'elle soit "molle" ou "dure" peut entraîner un tableau clinique, soit de radiculalgie, soit de médullopathie, par compression directe de la racine ou de la dure-mère et de la moelle, soit plus souvent par compression vasculaire intermittente. 1. La hernie discale molle est une protrusion discale postéro-latérale. La symptomatologie a un caractère aigu post-traumatique. Le traitement sera d'abord médical et orthopédique. Le traitement chirurgical ne sera indiqué qu'en cas de résistance thérapeutique ou d'aggravation. 2. La hernie discale dure postérieure : l'uncarthrose peut se développer vers l'arrière, envahir le trou de conjugaison et comprimer soit la racine, soit la vascularisation radiculaire ou même radiculo-médullaire. Cette hernie cervicale dure, peut exister de façon isolée ou bien associée, soit à une uncarthrose latérale, soit à une ostéophytose postérieure médiane. Le traitement conservateur, médical et orthopédique est primordial. On n'opérera pas une uncarthrose postérieure mais une radiculalgie uncarthrosique ou une ischémie-lésion médullaire uncarthrosique rebelles au traitement médical et orthopédique. 3. La hernie discale dure latérale est le développement latéral de l'uncarthrose qui empiète sur le "carrefour unco-artério-radiculaire" existant à chaque métamère entre C6 et C2. L'artère concernée est l'artère vertébrale. Un syndrome d'insuffisance vertébro-basilaire peut en être la conséquence. Avant tout, il faut insister sur l'importance du traitement médical. Si l'uncarthrose entraîne un rétrécissement localisé d'une artère vertébrale, c'est l'uncusectomie du niveau concerné qui est, pour nous, l'opération de choix. 4. Le traitement moderne chirurgical des hernies discales cervicales molles et dures est réalisé par les abords antérieurs du rachis cervical qui se subdivisent : en abords antéro-médians, destinés au disque intervertébral, au corps vertébral et au canal cervical ; en abords antéro-latéraux, destinés au carrefour unco-artério-radiculaire ; en abords combinés ou antéro-médio-latéraux destinés simultanément au disque, au canal cervical et au carrefour unco-artério-radiculaire.
Hernie discale cervicale - Uncarthrose - Ostéophytectomie - Arthrodèse cervicale
Pages : 1 à 16

Prothèses de genou à surface d'appui mobile

Auteurs : R. Lemaire

Résumé : Les prothèses de genou à surface d'appui mobile apportent une solution originale à un dilemme auquel sont confrontés les concepteurs. Elles autorisent une congruence fémoro-tibiale élevée qui réduit les contraintes sur le polyéthylène (PE), sans solliciter exagérément les interfaces et sans interférer avec la cinématique du genou. C'est un concept porteur, comme en témoigne le nombre de ces prothèses introduites depuis peu sur le marché. Elles se distinguent les unes des autres par leur degré de congruence, par le type et le degré de mobilité laissé à la surface d'appui, par le traitement qu'elles réservent au ligament croisé postérieur (conservation ou substitution), par leur géométrie fémoro-patellaire. Elles pourraient en principe permettre une cinématique plus proche de la normale, mais le fait est loin d'être démontré, tout comme l'hypothétique amélioration des résultats cliniques qui en résulterait. Certaines d'entre elles ont fait la preuve d'une excellente longévité, mais la plupart n'ont encore qu'un recul faible ou nul. La réduction des sollicitations aux interfaces et la réduction des contraintes de surface et des contraintes de von Mises au niveau du PE pourraient se solder par une réduction des descellements et des problèmes liés à l'usure du PE. L'existence d'une double interface de frottement entre métal et PE ne semble pas augmenter la quantité de débris d'usure. La possibilité d'un réalignement automatique ou rotation doit aussi contribuer à réduire le risque d'usure en fatigue du PE et à réduire l'incidence des problèmes fémoro-patellaires. Les prothèses de genou à surface d'appui mobile exploitent un principe intéressant et prometteur, mais le bénéfice par rapport aux prothèses à plateau fixe reste largement à démontrer.
Prothèse totale de genou - Méniscales - Appui mobile
Pages : 17 à 34

Arthroscopie de la cheville

Auteurs : H. Coudane et Société Française d'Arthroscopie

Résumé : L'arthroscopie de la cheville est une technique chirurgicale qui doit être précédée d'un bilan clinique et d'un bilan en imagerie. Elle peut être réalisée sous anesthésie générale, loco-régionale ou locale. L'installation en décubitus dorsal, pied libre en dehors de la table permet la réalisation de toutes les voies d'abord. La distraction est très utile pour explorer la partie postérieure de l'articulation mais elle est source de complications neurologiques. Ces complications neurologiques représentent près de la moitié des complications de la technique de l'arthroscopie de la cheville ; par ordre de fréquence peuvent être lésés le nerf musculo-cutané, le nerf saphène externe, le nerf péronier profond. Les voies d'abord antérieures sont les plus utilisées : antéro-médiale et antéro-latérale. L'exploration des compartiments antérieur, antéro-latéral et antéro-médial est en règle facile. L'exploration du compartiment postérieur est plus difficile et nécessite l'utilisation d'une distraction. Les lésions ostéochondrales du talus, les arthrodèses de cheville, les conflits antéro-latéraux, l'ablation des corps étrangers, les synovectomies peuvent être réalisés par cette technique qui offre une morbidité inférieure par rapport aux techniques traditionnelles.
Arthroscopie - Articulation tibio-astragalienne - Arthrodèse - Complications - Ostéochondrite
Pages : 35 à 47

Syndrome du défilé thoraco-brachial

Auteurs : L. Sedel

Résumé : Le syndrome du défilé thoraco-brachial est une entité anatomo-clinique liée à la compression du hile vasculo-nerveux du membre supérieur au passage du défilé des scalènes. La compression peut provenir d'une anomalie anatomique osseuse comme une côte cervicale, une méga-apophyse transverse de C7 ou d'anomalies tendino-musculaires, la plus fréquente étant une bande fibreuse étendue de la pointe de l'apophyse transverse de C7 à la première côte. Le diagnostic repose sur un faisceau d'arguments cliniques où le type de la douleur, son caractère positionnel et sa reproduction par la palpation de la zone comprimée sont les éléments pour nous essentiels. L'EMG ainsi que des radiographies simples sont en général suffisants. Le traitement chirurgical est indiqué uniquement en cas d'échec d'un traitement médical bien conduit et après un délai qui est souvent de plusieurs mois. Il consiste pour nous en une libération du plexus brachial par une voie sus-claviculaire. Nous n'avons à déplorer qu'une complication : un épanchement pleural spontanément résolutif après drainage. Sur plus de 150 syndromes du défilé à forme neurologique opérés, les résultats appréciés par un observateur indépendant sur une série continue de patients opérés de 1979 à 1994 avec un recul moyen de 3 ans, ont montré que 75 % des patients étaient totalement soulagés, 7 % l'étaient partiellement et que 17 % étaient considérés comme des échecs. Aucun patient dans cette série ne s'est trouvé aggravé des suites de l'intervention. Certains, après une phase de soulagement de plusieurs années, ont vu réapparaître les symptômes. En étudiant les éléments qui permettent d'expliquer les échecs, il est apparu que les meilleurs résultats étaient notés lorsqu'une anomalie anatomique est présente et que les mauvais résultats sont plutôt le fait de patients psychologiquement fragiles.
Défilé thoraco-brachial - Côte cervicale - Paralysie - Membre supérieur - Chirurgie
Pages : 49 à 60

Prothèses de hanche infectées

Auteurs : A. Lortat-Jacob

Résumé : L'infection d'une prothèse de hanche est une des situations les plus difficiles de la chirurgie orthopédique. La difficulté commence avec le diagnostic qui impose de penser à l'infection et de trouver le germe par la ponction le plus souvent. Le traitement ne saurait être que médical et chirurgical. Le traitement médical impose une antibiothérapie lourde, adaptée à des germes souvent multi-résistants (un mois de bithérapie parentérale, puis un mois de bithérapie orale, puis monothérapie orale jusqu'au 90e jour). La technique chirurgicale repose sur l'ablation de la prothèse, le nettoyage de l'interface avec l'os et la repose de prothèse. À l'heure actuelle, notre tendance va plutôt vers une chirurgie en deux temps rapprochés (un mois environ). Lors du premier temps de nettoyage, nous nous orientons de plus en plus vers une fémorotomie permettant d'assurer l'ablation de la prothèse et de tous les corps étrangers endo-médullaires (ciment) et de faire un grattage satisfaisant de l'os : l'usage du ciment aux antibiotiques n'est pas pour nous une condition indispensable à la guérison de l'infection mais, lorsque le germe est sensible à la gentamicine, nous l'utilisons. En fait, le plus souvent lors du deuxième temps, nous nous servons de prothèses verrouillées en distal, pontant largement la fémorotomie. Les procédés thérapeutiques proposés amènent dans toutes les séries de la littérature environ 80 % de résultats favorables. Quoi qu'il en soit, la lourdeur du traitement et les 20 % d'échecs doivent inciter les chirurgiens orthopédistes à tout faire dans la voie de la prévention.
Infection postopératoire - Prothèse de hanche infectée - Fémorotomie - Ciment + antibiotiques
Pages : 61 à 81

Les raideurs post-traumatiques du coude de l'adulte

Auteurs : Y. Allieu

Résumé : On entend par raideur une limitation ("raideur partielle") ou une perte ("raideur totale") de la mobilité de l'arti-culation du coude. L'enraidissement est la complication la plus fréquente après traumatologie du coude de l'adulte ; c'est dire l'importance de sa prophylaxie par la mobilisation précoce et l'ostéosynthèse stable. On distingue les raideurs post-traumatiques du coude (RPTC) sans atteintes ostéo-articulaires secondaires aux rétractions périarticulaires des parties molles (RPA) et les RPTC avec atteinte ostéo-cartilagineuse (ROC). Le bilan clinique doit évaluer l'importance angulaire de la raideur mais aussi son secteur et surtout son retentissement fonctionnel variable selon les cas. Le scanner et l'athroscanner sont les examens radiologiques les plus performants pour -différencier les RPA et les ROC. Le traitement non chirurgical avec orthèses correctives progressives peut être suffisant dans les RPA peu évoluées. En cas d'échec, on aura recours à l'arthrolyse. La rééducation postopératoire est particulièrement importante et conditionne le résultat. Elle est facilitée par la mobilisation passive continue instrumentale et l'anesthésie locale prolongée pour cathéter. L'arthrolyse sous arthroscopie, au prix d'exigences techniques semble être une voie d'avenir dans le traitement des raideurs modérées. Les ROC nécessitent, en cas de reconstruction ostéo-articulaire impossible et/ou de lésions cartilagineuses, une arthroplastie. Chez le sujet jeune, l'arthroplastie par résection-interposition garde une place dans le traitement des RPTC. Cette intervention aux suites opératoires longues, dont les résultats incertains dépendent d'un compromis entre stabilité et mobilité, bénéficie des progrès des fixateurs-distracteurs articulaires. Chez le sujet âgé, les PTC dont le recul est cependant encore incertain, solutionnent au prix d'une intervention nécessitant une bonne connaissance de la chirurgie du coude le traitement des RPTC.
Coude - Arthrolyse - Arthroplasties - Raideurs
Pages : 83 à 97

Entorses et instabilités traumatiques du rachis cervical

Auteurs : J. Fenollosa

Résumé : Le rachis cervical doit permettre à la fois une grande mobilité pour pouvoir placer la tête dans toutes les positions pour la vision binoculaire, et en même temps garder une résistance élevée pour conserver la moelle épinière à l'abri de toutes les agressions. Ces besoins contradictoires peuvent s'allier grâce à sa structure segmentaire unie par des ligaments. Tous les ligaments cervicaux ont des caractéristiques mécaniques similaires, très résistants à la traction mais avec un comportement viscoélastique, s'allongeant avant rupture et ne revenant pas à leur longueur originale après déformation. L'appareil discal du rachis cervical inférieur ne présente pas de caractéristiques différentes du reste du rachis. À l'étage supérieur, il n'y a pas de disque et prime la possibilité de la rotation, le disque étant remplacé par un complexe ligamentaire et articulaire ordonné autour de l'apophyse odontoïde de l'axis. Les lésions ligamentaires cervicales peuvent être de deux types : les entorses où initialement il n'y a pas de déplacement articulaire, et les luxations où le déplacement articulaire prime sur la lésion ligamentaire, rupture ou même simple allongement. Dès que le déplacement est important le disque est atteint sans possibilité de réparation, avec apparition tardive d'instabilités et de dégénérescences discales. Les moyens d'exploration ont fait un bond en avant dès l'apparition du scanner et de la résonance magnétique, qui ont permis d'explorer de façon non agressive aussi bien les structures de soutien, que le tissu neural ou le système vasculaire. Dans les luxations des lésions neurologiques graves d'emblée sont possibles de même que dans les entorses des lésions neurologiques tardives par instabilité vertébrale. Le traitement des lésions doit être précoce : réduction des luxations et immobilisation de luxations et entorses pour permettre la cicatrisation ligamentaire et la récupération des lésions neurales, tardivement, la possibilité de dégénérescence discale peut conduire à réaliser des arthrodèses inter-corporéales limitées. À l'étage supérieur, occipital axis, les arthrodèses sont presque toujours l'unique traitement et réalisées par voie postérieure ; à l'étage inférieur C2 T1, les avis sont partagés, mais la voie antérieure est de plus en plus employée avec l'apparition d'ostéosynthèses plus perfectionnées.
Entorses - Instabilité traumatique - Rachis cervical
Pages : 99 à 122

Traitement des pertes de substance cutanée de la main

Auteurs : D. Le Nen

Résumé : Le traitement des pertes de substance cutanée, avec ou sans lésions associées, fait appel à un nombre impressionnant de techniques visant à restituer autant que possible la spécificité de la peau dorsale ou palmaire de la main et celle des commissures interdigitales. Lorsque cicatrisation dirigée et greffe cutanée ne peuvent être employées, la couverture des pertes de substance cutanée de la main fait appel aux lambeaux dont deux types, habituellement pédiculés, assurent la couverture de la très grande majorité des défects cutanés : les lambeaux péninsulaires, qui comportent une charnière en général cutanée ou fascio-cutanée, plus ou moins large, surtout utilisés aux dépens de la face dorsale de la main ou des doigts. Ils ne peuvent couvrir que des petits défects cutanés ; les lambeaux en îlot, avec un pédicule vasculaire plus ou moins bien individualisable. L'existence de systèmes anastomotiques situés au niveau des commissures digitales mais surtout du poignet permet de lever ces lambeaux à flux rétrograde, dessinés aux dépens de la face dorsale ou antérieure de l'avant-bras. Leur grand avantage est d'avoir un arc de rotation plus important. De plus, leur cartographie vasculaire autorise le dessin de lambeaux de grande taille. La place des lambeaux à distance et des lambeaux libres est donc restreinte et ne vit que des contre--indications ou de l'impossilité de proposer les précédents.
Doigt - Main - Avant-bras - Lambeau - Lambeau en îlot
Pages : 123 à 135

Lésions de surmenage de l'appareil locomoteur chez les sportifs adultes

Auteurs : G. Saillant

Résumé : Les lésions de surmenage de l'appareil locomoteur chez l'adulte sportif sont la conséquence de l'interaction de facteurs d'hyperutilisation liés à la pratique du sport et de facteurs dégénératifs liés à l'âge du sujet. Ces lésions microtraumatiques peuvent être localisées sur les différentes structures de l'appareil locomoteur qu'ils s'agissent des os (fracture de fatigue, périostite), des articulations (arthropathies, ostéochondromatose), des tendons (tendinite, aponévrosite, rupture partielle), des muscles (syndrome de loge), des nerfs et des vaisseaux (pathologie des défilés). Le diagnostic est le plus souvent clinique (contexte de surmenage, localisation des douleurs, lésions préférentielles en fonction du type de l'activité sportive) et il est confirmé par les examens complémentaires dont la hiérarchie des prescriptions dépend de la gêne fonctionnelle et de la pathologie recherchée. Le traitement de ces lésions est avant tout médical avec repos relatif respectant la règle de la "non-douleur", traitement symptomatique de la douleur et traitement préventif de la récidive. Le traitement chirurgical est exceptionnel et ne doit être envisagé qu'après échec d'un traitement médical bien conduit et vérification de la certitude du diagnostic chez un sujet motivé pour la poursuite des activités sportives.
Microtraumatologie - Traumatologie - Sports
Pages : 137 à 151

Polytraumatisme de l'enfant

Auteurs : B. de Billy

Résumé : Le polytraumatisme est une entité bien définie qui associe plusieurs lésions dont une au moins engage le pronostic vital. Si le nombre de polytraumatisés a tendance à diminuer grâce aux efforts de prévention, l'exigence sociale de résultats ne cesse d'augmenter. Les traumatismes de l'enfant restent la première cause de décès au-delà de l'âge de 1 an. La prise en charge de l'enfant polytraumatisé a été bouleversée par la révolution de l'imagerie. La rapidité d'acquisition ainsi que la qualité de l'image permettent une meilleure visualisation des lésions. Cette compréhension anatomique a permis de lever l'hypothèse représentée par la chirurgie exploratrice autrefois de mise. Le problème actuel n'est plus du domaine de la technique mais du domaine de la stratégie d'exploration, de sa vitesse d'exécution. La séquence des examens obéit à la règle de la gravité décroissante. L'exploration des lésions vitales repose sur l'examen tomodensitométrique corps entier explorant l'extrémité céphalique, le thorax et l'abdomen. Le bilan des lésions périphériques vient dans un 2e temps. Les indications thérapeutiques sont posées en temps réel par les différents spécialistes. Les priorités sont fixées par un coordonnateur. Les lésions cérébrales sont présentes dans 80 % des cas, elles fixent le pronostic neurologique final et sont dominées par les contusions cérébrales. Le geste chirurgical initial est exceptionnel en dehors de la pose de cathéters de mesure de pression intracrânienne. La sédation de protection cérébrale a des indications larges chez l'enfant. Les lésions thoraciques sont exceptionnellement chirurgicales et sont en général traitées initialement par drainage. L'évolution moderne du traitement des lésions abdominales est la surveillance et le traitement conservateur. La ponction-lavage du péritoine a disparu, la laparotomie en urgence est rare. Elles sont actuellement remplacées par la surveillance clinique, échographique et biologique. Le chirurgien-orthopédiste est le seul à augmenter son activité chirurgicale. Son rôle est de solidariser le squelette grâce à l'ostéosynthèse interne et externe pour faciliter la mobilisation et l'accès à tous les moyens d'imagerie et de réanimation. Les indications sont larges, la technique de choix est l'embrochage centro-médullaire élastique stable. L'optimisme des années 80 concernant les séquelles est temporisé par le bilan médiocre de l'évaluation neuropsychique et neurocomportementale. La limite neurologique n'est pas encore résolue. L'amélioration de la prise en charge repose sur le développement des moyens de réanimation et de transports pédiatriques, sur le développement de services d'accueil spécialisés respectant les principes d'unité de lieu de disponibilité et de compétence, sur la poursuite et le développement des moyens de prévention ainsi que sur l'amélioration de la rééducation et de la réhabilitation en particulier neurologique et neuropsychologique.
Polytraumatisme - Enfant - Ostéosynthèse - Fractures - Membres - Rachis
Pages : 153 à 174

Le traitement des sarcomes des tissus mous

Auteurs : R. Capanna

Résumé : Les sarcomes des parties molles sont des tumeurs rares d'une extrême hétérogénéité. Le degré de malignité, les dimensions, la nécrose spontanée et l'invasion vasculaire constituent des facteurs pronostiques importants. La chirurgie, conservatrice dans plus de 90 % des cas, est la principale arme thérapeutique. L'obtention de marges chirurgicales adéquates (larges ou radicales) est essentielle. Une importante agressivité chirurgicale nécessite de plus en plus des reconstructions complexes (lambeaux libres, transplantation d'unités motrices, greffes de nerfs et de tendons, etc.). Que les marges de la résection soient adéquates ou non, l'association à la radiothérapie permet d'améliorer le contrôle local. Il n'y a pas de différence significative entre la radiothérapie pré- et postopératoire. La première, néanmoins, expose plus fréquemment à des complications locales. La curiethérapie interstitielle et la radiothérapie intraopératoire ont des avantages particuliers. Actuellement, avec la chirurgie combinée à la radiothérapie, le risque de récidives locales est inférieur à 10 %. Les traitements locorégionaux (perfusion en hyperthermie avec TNF, chimiothérapie néoadjuvante, etc.) sont réservés aux patients non opérables et assurent une réduction de la masse néoplasique qui permet une intervention conservatrice dans 85 % des cas. Les métastases compliquent 30 à 50 % des cas et sont fréquemment pulmonaires. Leur exérèse chirurgicale est recommandée chaque fois qu'elle est possible. Elle procure une survie prolongée à 25 % des patients. Les facteurs pronostiques sont les dimensions et le nombre des métastases et la durée de l'intervalle libre. Il n'est pas certain que la chimiothérapie adjuvante permette de prévenir ou de retarder l'installation de métastases. Néanmoins, des résultats significatifs ont été obtenus récemment en employant la doxorubicine et l'ifosfamide à fortes doses.
Tumeur de l'appareil locomoteur - Sarcome des tissus mous - Reconstruction - Radiothérapie
Pages : 175 à 189

Sport et pathologie apophysaire de l'enfant et de l'adolescent

Auteurs : G. Lefort

Résumé : Ostéochondroses et arrachements apophysaires sont une des localisations de lésions spécifiques du sport en période de croissance. Elles sont l'expression d'une fragilité de l'ossification enchondrale des apophyses par rapport aux contraintes biomécaniques exercées par des muscles puissants. Les données physiopathologiques cliniques et thérapeutiques sont exposées. Les apophysoses sont fréquentes. Elles font suite aux microtraumatismes répétés sur le cartilage interposé entre tendon et ossification apophysaire. Leur diagnostic est facile et leur traitement simple. La chirurgie n'a d'indication que pour quelques rares cas d'ossification ectopique intratendineuse. Les arrachements apophysaires, essentiellement du bassin, sont finalement rares. Ils se produisent au niveau de la plaque cartilagineuse disquaire de l'apophyse. Leur mécanisme initiateur est lié à la brutalité de la contraction musculaire. Il peut aussi être progressif, insidieux. Ces dernières formes ont un aspect radiographique parfois inquiétant. La grande majorité de ces lésions guérit par un simple traitement orthopédique. La chirurgie discutée dans les grands déplacements n'assure pas forcément une récupération totale et plus rapide des capacités sportives. La prévention de cette pathologie apophysaire réside dans le travail préparatoire à l'effort d'assouplissement et d'élongation musculaire. Il réside aussi dans la capacité de l'entourage à contrôler le risque de surcharge physique chez des enfants ou adolescents en pleine maturation squelettique.
Apophysose - Avulsion apophysaire - Sport - Adolescent
Pages : 191 à 203

Lambeaux de réparation des parties molles chez l'enfant

Auteurs : M.C. Romaña

Résumé : La réparation des grandes pertes de substance des parties molles chez l'enfant a suivi l'évolution propre à l'adulte au cours de la décennie 70-80. L'apport de la microchirurgie vasculaire et des études anatomiques systématiques ont permis des avancées décisives dans la mise au point des transferts tissulaires vascularisés. Il est rapidement apparu que la petitesse des structures anatomiques chez l'enfant ne constituait pas un obstacle à la dissection et aux anastomoses microvasculaires. Tous les domaines de la pathologie de l'appareil locomoteur chez l'enfant, tumoral, infectieux, congénital, traumatique... ont largement bénéficié des techniques de lambeaux. Les indications sont devenues de plus en plus sélectives grâce, en particulier, au développement des lambeaux pédiculés décrits récemment.
Microchirurgie - Lambeaux - Enfants
Pages : 205 à 216

Les scolioses neurologiques avec bassin oblique

Auteurs : R.D. Zeller

Résumé : La prise en charge thérapeutique des scolioses neurologiques nécessite non seulement une appréciation précise des aspects biomécaniques des déformations scoliotiques mais aussi une bonne connaissance des aspects médicaux de l'affection neuromusculaire concernée. Le progrès des connaissances dans ce domaine a apporté un grand nombre d'informations permettant une prise en charge plus spécifique. Cette approche est au mieux réalisée dans une équipe multidisciplinaire réunissant toutes les compétences nécessaires. La prise en charge de la déformation rachidienne est étroitement associée à la prise en charge respiratoire. Éviter les effets néfastes de l'effondrement rachidien paralytique sur la croissance pulmonaire doit être le premier souci du chirurgien orthopédiste. Une conduite attentive du traitement orthopédique permettra de dépister les déformations rachidiennes progressant rapidement malgré un traitement conservateur bien conduit. L'utilisation d'une instrumentation rachidienne sans fusion osseuse permettra d'assurer la stabilité du tronc pendant la fin de croissance en attendant l'arthrodèse rachidienne définitive. Afin de traiter plus efficacement l'obliquité pelvienne, il faut analyser les forces déformantes en présence. On distinguera les bassins obliques générés par la torsion scoliotique (suprapelvienne), par les rétractions des membres inférieurs (infrapelvienne) ou naissant de l'association des deux (mixte). La progression de ce bassin oblique menace la position assise. Le traitement chirurgical de ces déformations complexes a été largement facilité par l'avènement des instrumentations rachidiennes modernes. L'intervention chirurgicale doit être entourée de toutes les précautions nécessaires afin de réduire les risques et complications de cette chirurgie. La stratégie chirurgicale visant la correction des déformations spinopelviennes sera basée sur l'analyse tridimensionnelle de celles-ci. L'utilisation d'une fixation pelvienne solide permettra une correction efficace et garantira un gain fonctionnel plus rapide par l'absence de contention postopératoire. Rétablir l'équilibre de la position assise passe par la reconstruction d'une colonne vertébrale bien équilibrée à la verticale d'une assise pelvienne horizontale. Une fusion solide garantira un résultat durable. Reconnaître les besoins spécifiques du patient atteint d'une affection neuromusculaire est fondamental dans la décision thérapeutique. Rétablir l'équilibre clinique par la correction d'une scoliose neurologique rendra ainsi plus de service au patient que la recherche effrénée de la correction de paramètres radiologiques théoriques.
Scoliose neurologique - Bassin oblique
Pages : 217 à 233

Antibiothérapie curative chez l'adulte en chirurgie orthopédique et traumatologique

Auteurs : N. Desplaces

Résumé : Les infections ostéo-articulaires sont un défi thérapeutique, surtout en présence de matériel étranger. Les antibiotiques actifs sur les bactéries isolées de prélèvements profonds doivent conserver leur activité au niveau du site infecté. L'antibiothérapie bactéricide doit être adaptée au patient pour être la plus efficace et la moins toxique ; sa durée optimale n'est pas connue. Dans les infections aiguës, l'antibiothérapie est administrée sans délai, pour éviter la survenue de la nécrose irréversible de l'os ou du cartilage. Traitement antibiotique et excision chirurgicale doivent être discutés pour toute infection ostéo-articulaire, car l'antibiothérapie ne remplace en aucun cas, l'excision chirurgicale des tissus infectés et nécrosés. Dans les infections chroniques, l'os dévascularisé contient des bactéries en phase de dormance métabolique séquestrées dans le biofilm, inaccessibles à l'activité bactéricide des antibiotiques. L'excision chirurgicale minutieuse élimine les tissus nécrosés et la totalité du matériel infecté. Les antibiotiques sont utilisés pour traiter l'os vivant infecté et protéger la revascularisation qui va conduire à la formation d'un tissu conjonctif de bonne qualité 4 à 6 semaines plus tard. La durée standard de l'antibiothérapie à fortes doses est de 4 à 6 semaines ; elle peut être prolongée par un relais oral de durée variable dans certains cas. La stratégie thérapeutique est la même pour tous les types d'infections ostéo-articulaires qu'elles soient hématogènes ou consécutives à un traumatisme ou à la pose d'un matériel orthopédique. Le ciment aux antibiotiques est fréquemment recommandé par de nombreux chirurgiens en association avec l'antibiothérapie générale. Son efficacité n'a pas été validée par des études prospectives.
Antibiothérapie - Infections osseuses - Infections sur prothèses
Pages : 235 à 247

Comment rédiger un article scientifique médical ?

Auteurs : J.M. Thomine

Résumé : Ce texte vise à rappeler très brièvement les fondements, l'utilité, et la nature des règles internationales qui s'appliquent à la rédaction des articles scientifiques médicaux. Il a donc trait à la forme et non au fond mais il cherche à montrer à quel point l'une et l'autre sont liés pour promouvoir une information accessible et de qualité.
Rédaction médicale
Pages : 249 à 256

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